{La séance de sport}

Pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté, je me suis mise au sport. Moi je suis celles qui suivent le vent. Il m’a dit « Chérie, on va se mettre au sport ». Je l’ai regardé droit dans les yeux. Bien sûr, j’imaginais qu’il avait surpris mes muscles qui pendouillaient et ma peau qui gondolait, mais il a dit « Ce n’est pas toi qui en as besoin, c’est moi ».

Je n’ai pas rétorqué, nous sortions d’une semaine compliquée. Surtout lui en fait. Il m’a dit « viens, on va là ». A 2 kilomètres de la maison. On passe devant tous les jours, plusieurs fois par jour sans s’être jamais arrêtés. Il faut croire qu’il nous avait fallu tout ce temps (et un coup de pouce de GrandeChérie).

Donc :  je me suis mise au sport. Inutile de m’applaudir, attendez un petit peu. L’important n’est pas que je me sois mise au sport, l’important est que je continue d’en faire.  L’année dernière à peu près à la même époque je vous ai pondu un article similaire. Je crois que je suis une maniaque du sport au printemps. Oui, je sais, l’année dernière  je n’ai tenu qu’un mois et demi. Mais (parce qu’il y a toujours un mais), je sens que cette année ça va être différent. Non, pas de soucis, allez-y je vous en prie. C’est bon, je peux continuer ? Vous avez terminé de rire ?

Je reprends donc.

Je vous disais que cette année ça allait être différent. Dans la vie il faut de l’espoir et comme vous le voyez, j’en ai en magasin. Alors, c’est parti pour les différences de l’année 2017:

  1. La salle. J’avais dit tout un tas de choses sur les salles : tous ces gens qui font la course au plus beau legging, plus belle brassière c’est pathétique, ça pue (non, pas du tout) y’a trop de bruit (tout à fait, mais c’est sans doute du à ma surdité) . Tant qu’à faire autant faire du sport à l’extérieur (c’est pas tout à fait faux). Je disais « Moi vivante j’irais jamais ». Ne jamais dire jamais!
  2. Le coach. D’à peu près mon âge (en vrai, plus jeune, mais c’est le plus âgé des coachs).
  3. Le corps du coach en question. Quand j’aurais envie de m’arrêter, je penserai à son corps et là, je vous le dis tout de suite : je vais continuer! Ah oui, vous imaginiez que e coach c’était un mec. Non, c’est une fille.
  4. La force de l’habitude (oui, j’ai décidé que j’aimais bien cette expression). Hier, j’ai travaillé mes abdos. Objectivement, je croyais que je n’en n’avais plus, qu’ils avaient disparu quelque part, dissous dans le jambon de Bayonne, la sangria ou les padrones . J’ai pensé que j’allais à nouveau souffrir, en redécouvrir des que j’avais oublié, mais rien de tout ça.
  5. Les courbatures : Quelqu’un de très gentil m’a soufflé le nom d’un truc homéopathique à prendre, sensé faire disparaitre les courbatures, truc que j’ai acheté illico. Ça marche du tonnerre ! Même, pas ouvert et rangé sur l’étagère, ça fonctionne. Les courbatures se sont arrêtées au bout de deux séances. Steph, ma coach, dit que ça n’a rien à voir avec le truc homéopathique que je ne prends pas mais que c’est parce que je fais très bien les mouvements (la force de l’habitude) et que je travaillais mes muscles avant (oui, mais quand? Je vous le demande) J’ai quelques doutes. Peut-être que mes muscles n’existent plus du tout en fait.
  6. Comptage, rapidité et intention Il y a encore quelques trucs qui perdurent. par exemple, Steph elle me dit quels mouvements enchainer.  » Et surtout, compte-les » qu’elle dit. Les sportifs, me suis-je dit, ils aiment compter parce que déjà l’année dernière il y avait une grosse importance dans le comptage des mouvements. « ça aide à tenir » a t-elle rajouté. Je suis une bonne élève, alors j’ai compté. Il fallait le faire jusqu’à dix, et tenir jusqu’à dix, c’était pas la mort non plus, mais à un moment, j’ai perdu le fil. J’en étais à 5 mais mon cerveau a compté neuf. je ne peux pas vraiment l’expliquer. Sans doute la zone de mon cerveau qui était censée compter mes mouvements était-elle la même que celle du mouvement en question.  Mon souffle s’est emballé, mes joues sont devenues rouges, j’étais à deux doigts de défaillir. C’est là qu’elle m’a dit « on s’en fout de la rapidité, ce qui compte c’est l’intention que tu mets dans le mouvement. Ralentis le rythme. » Bon sang mais c’était bien sûr. Ça changeait tout.
  7. Donner des petits noms aux exercices : Elle m’a parlé de squat, de crunch, de twist, de trx et de rpm. Mon cerveau s’est fait des noeuds (en fait je crois que c’est lui qui devrait faire du sport) et n’a  retenu que « crunch ». Il a imaginé le crunch craquer sous mes dents. Vous sentez l’effet que ça m’a fait ? Mais quezako que tout le reste. J’ai dû rouler mes yeux dans leurs orbites. « Ah oui, tu es vraiment novice m’a t-elle dit ». Je n’ai rien dit et surtout pas que j’étais sans doute en dessous du grade de novice. Genre, demeurée du sport.
  8. Le mental. Stéph, elle dit  que tout est une question de mental. « 10 crunch c’est possible ». Je n’ai pas voulu la démentir et me suis promis de croquer 10 carrés d’un coup, mais après les 10 trucs qu’elle me demandait de faire. A 6 j’ai cru défaillir. Mon sang a décidé, unilatéralement avec lui même de venir se loger dans mon cerveau.Est-ce normal d’avoir la tête qui tourne? « Nathalie L  avait décidé de faire du sport (enfin, son mari surtout). Pendant l’entrainement, au milieu d’une salle  et entourée de tout un tas de gens aux muscles saillants, la presque quinquagénaire (elle tient à préciser le « presque ») s’est effondrée sur son tapis de mousse au bout de sept crunch. La direction décline toute responsabilité dans la survenue de l’accident.  » Et pourquoi mon mental écrit-il des quatrièmes de couverture?
  9. Périnée, gaz et pipi: Diantre (ce n’est pas parce que je n’ai pas de muscle et que je ne sais pas compter que je n’ai pas de vocabulaire), elle m’a dit qu’il fallait que je me concentre, que je serre mon périnée que je retienne mes urines et mes gaz, mais j’avais pas envie de faire pipi quant à mes gaz,pas envie non plus (je n’ai jamais de gaz, je suis une princesse) c’est pour ça que je n’y arrivais pas ! (A t-on déjà vu une princesse faire du sport?)

Un problème majeur demeure : la salle. Parce que tout se passe à l’étage. Je n’ai pas de courbatures mais à chaque fin de session, je me demande si je vais encore savoir descendre les escaliers tellement mes jambes flageolent. Vais-je savoir passer l’embrayage. Garer ma voiture devant la maison. Remonter jusqu’au premier. Et prendre une douche. Ah oui, j’aime pas prendre les douches là-bas. Et puis aussi j’ai repris le yoga. Là bas. Et ça c’est chouette!

La salle c’est Océania, au forum à Bayonne. Merci à Steph pour sa patience (et mes fous rires) et Brigitte pour ses encouragements (et ses fous rires).

En passant je ne remercie pas ChériChéri qui n’est pas venu depuis une semaine.

Pic Bruno Nascimento

{La fille qui voulait vivre sa vie}

En Adoptie, j’ai parfois connu des histoires gaies. J’en ai parfois connu des tristes.

Un jour, j’ai rencontré une fille. Elle était belle comme le jour et portait un sourire sur ses lèvres comme d’autres portent un collier à leur cou. Avec elle j’ai partagé une date d’anniversaire, un gros chat en peluche appelé Oscar, une tasse de thé dans un endroit charmant, des coïncidences folles et quelques larmes aussi. Et puis, entre nous, le silence, celui  qui guérit tout et permet de se reconstruire, s’est immiscé.

Un long silence entrecoupé de quelques mots. « Tout va bien, ne t’inquiète pas ».

Elle disait « C’est mon rêve à moi, si je veux y arriver, je le ferai seule. C’est mon choix et je veux le vivre. »

Elle disait « j’ai la force qu’il faut pour le faire » alors elle essuyait ses genoux écorchés et continuait sa route.

Parfois son nom s’invitait dans nos conversations: « tu as des nouvelles ? »

Je secouais la tête de droite à gauche. Non, je n’en avais pas. Je n’osais demander si de son côté elle en avait. Je préférais ne pas savoir, pour ne pas être celle qui ne savait pas.

La fille qui voulait vivre sa vie avançait, plus forte encore qu’hier. Comme en cavale. Le coeur au bord des lèvres, les bras ballants et le souffle coupé parfois, mais plus forte chaque matin qui se levait à sa fenêtre. Elle cheminait vers eux, ses tout petit, les yeux remplis d’étoiles. Elle les avait cueillies une à une dans le ciel d’été et connaissait la valeur de chacune d’elles. Elle leur avait donné des petits noms aux accents chantant et les invitait tour à tour à la rejoindre quand son souffle s’altérait.

La fille qui voulait vivre sa vie a connu la profondeur des trous sur le chemin. L’âpreté des larmes qui refusaient de couler.

J’ai eu de ses nouvelles. La fille qui voulait vivre sa vie est allée au bout de ses rêves et en a appris la valeur. Elle n’y est pas allée seule, elle n’était pas faite pour la solitude. Le soleil est-il fait pour la solitude ?

Elle vit sa vie et aujourd’hui, elle sait qu’il n’en n’existe pas de trop belle pour elle.

Et puis, vous savez quoi? Sa vie a maintenant le son de rires d’enfants comme bande sonore.

{La correction •épisode 26}

1) Quand vous étiez petite, quel métier rêviez-vous de faire ? Je changeais souvent mais celui qui me reste en tête c’est Metteur en scène. De théâtre il convient de le préciser. Je lisais Molière et Feydeau, Tenessee Williams et Bertold Brecht quand d’autres lisaient Patrick Cauvin. (Pour être honnête je le lisais aussi, et d’ailleurs je suis en train de relire « e=Mc2 mon amour ») et je suis contente parce que, souvent dans ma vie pro, je me suis sentie Metteur en scène.

2) Qu’auriez-vous aimé avoir dit cette semaine ? « Viens, je t’emmène… » (ne me remerciez pas pour l’air qui va vampiriser votre cervelle toute la journée)

3) A quelle époque auriez-vous aimé naitre ? Le problème c’est que je lis trop. Donc ça varie avec les livres et les endroits que je lis. J’aurais adoré être Ayla, qui découvre le feu (Les enfants de la terre. J AUEL), mais aussi vivre pendant « Pleure, Ô pays bien aimé » ou « les jardins de Kandahar », vivre pendant « la bicyclette bleue » et tout un tas d’autres époques. En ce moment je suis très contemporaine dans mes choix de livres alors, je me sens bien là où je suis.

4) Quelle phrase vous répétait-on en boucle quand vous étiez enfant ? Il y en a beaucoup, les adultes de ma famille adoraient répéter des phrases en boucle. A moins que ce ne soit moi qui n’écoutait rien. Il y a celle de mon père « elles sont où tes mains », celle de ma mère « un pipi et au lit », celle de ma Maminette « la beauté ça ne se mange pas en salade », celle de mon grand-père « te frappe donc pas », celle de mon autre grand-mère « les enfants des filles on est sûr que ce sont nos petits enfants » (ce qui sous-entendait que moi qui était la fille de son fils ce n’était pas sûr. Si elle savait à quel point je lui ressemble aujourd’hui…), celle de ma soeur « quand j’avais cinq ou six ans » (ma soeur commençait toutes ses phrases par ça), celle d’un de mes frères « ça va sécher », et celle de l’autre « arrête de me regarder ». Mais celle qui me saoulait vraiment c’était  » t’as pas autre chose de plus intéressant à faire que lire? ». Bé, non. Voilà vous savez tout!

5) Quel est le plus vieux vêtement que vous possédez ? Avec le déménagement j’avoue que je me suis délestée de plusieurs vêtements que je gardais comme s’il s’agissait de reliques. Exit les tee-shirt déguenillés, les joggings pourris. Le plus vieux que je garde c’est un tee-shirt, vieux d’il y a cinq ans et demi que je portais pour rencontrer la photo de Mister T. Là, dans un bureau, juste à côté de Saint Sulpice. J’essaie de le mettre au moins une fois par an pour ne pas avoir à m’en débarrasser.

Je garde de Ma Bretagne et moi le sweat, de Karine les métiers qu’elle a voulu faire parce que à bien y réfléchir j’étais un peu pareil (il y avait aussi Metteur en scène à cause de Fame), le plus vieux vêtement de Claude, le métier de Jodie, la suite dans les idées de So, ce que Corinne aurait voulu dire, le vieux vêtement de Marieal, bon anniversaire à Camille et je garde de Christelle02 le Canada, de Christelle A (on a la même phrase) je garde son joli métier, et celui de Nana, la phrase de Françoise, le pull taille 6 mois d’Ariane, l’époque de Tine, la réponse 5 de Kiki, la réponse 2 de Peeka (qu’elle ne nous a finalement pas dit), la 3 d’Anne-Laure, la phrase qu’on répétait à Klodin, les millions de métier du Gars en Or.

Merci à tous d’avoir perdu quelques minutes à faire les devoirs. J’aime beaucoup, beaucoup vous lire. Vous m’inspirez.

Belle semaine

{Les devoirs du week-end•épisode 26}

Ça y est, c’est le week-end! Et qui dit week-end, dit devoirs qui vont avec :

1) Quand vous étiez petite, quel métier rêviez-vous de faire?

2) Qu’auriez-vous aimé avoir dit cette semaine ?

3) A quelle époque auriez-vous aimé naitre ?

4) Quelle phrase vous répétait-on en boucle quand vous étiez enfant ?

5) Quel est le plus vieux vêtement que vous possédez ?

 

 

{Liste de riens # 4}

  1. Prendre la route qui nous mène de Bayonne à Toulouse / Voir le jour se lever alors qu’elle dort encore à mes côtés / Passer sous le viaduc / Dieu que cette portion est belle.
  2. Chercher une place sur le parking / Tourner/ Virer/ Jurer / Se garer/ Enfin
  3. Retenir nos cheveux dans le vent d’autan / Relever la capuche pour nous abriter de la pluie / Et courir un peu.
  4. Lui prendre la main / Qu’elle aura froide / Suivre pour l’avant dernière fois les chats de couleur dans les couloirs pour arriver jusqu’au rouge / Oncologie
  5. Sourire quand on lui dira qu’elle a grandi / Sourire quand il ne sera question que de quelques millimètres / Sourire quand l’animatrice viendra la chercher pour colorier/ Dessiner/ Jouer et qu’elle n’osera pas décliner l’invitation
  6. Se dire que la prochaine fois ce sera la dernière / Espérer qu’on nous trouvera quelqu’un de bien pour prendre la suite / Parce qu’après/ Elle sera majeure.
  7. Manger un sandwich en carton / Boire un coca chaud / Regarder les autres et se dire/ Qu’on a eu de la chance / Admirer ses cheveux bouclés / Acheter des chewing-gum au goût d’enfance.
  8. Lire pendant qu’elle dormira dans l’IRM / Attendre les explications du médecin / sentir à nouveaux la terre s’ouvrir sous nos pieds / La regarder / Ne pas la lâcher des yeux / Et puis attendre que ce soit au tour du ciel de s’effondrer.
  9. Attendre encore / Se rendre compte qu’il ne s’est pas effondré / Que le sourire est resté solidement en place / La force de l’habitude ? / Conjurer le sort : ce n’est pas la même chose.
  10. Faire un sms / Recevoir la réponse / Fermer les yeux / Se dire qu’il ne faut jamais jurer de rien / Il y aura deux prochaines fois / Finalement
  11. Reprendre la voiture/ Voir le jour se coucher alors que le silence enveloppe l’habitacle de la voiture.
  12. Passer sous le viaduc insignifiant / Admirer sur notre passage les façades qui bordent la Nive / Et les lumières qui dansent dans l’eau.
  13. Se dire que ce n’était rien / Et attendre le jour d’après / Quand tout se sera estompé dans le jour qui se lève / A nouveau.

Ce post s’auto-détruira d’ici quelques heures. La force de l’habitude.

{Ma très chère insomnie}

Il y avait longtemps qu’on ne s’était vues toutes les deux. Tu m’avais laissé un peu de répit et préféré rester à Ibiza à regarder le jour se découper sur la mer. Tu me l’avais annoncé les yeux mouillés et la lèvre pendante, dans le petit matin violet qui caractérise l’ile. De mon côté, j’avais applaudi des deux mains et m’étais effacée sans bruit après avoir posé deux bises sonores sur tes joues et avoir tapoté l’oreiller sur lequel nous nous étions vues pour la dernière fois, pour que tu t’y sentes à l’aise.

Trois mois que je dormais plutôt bien. Les jours de moins bien, je les comptais sur deux ou trois doigts. Je soufflais. J’ai oublié avec bonheur le marron dont tu me maquillais.Trois mois ça peut paraitre long quand on y pense, mais quand on réfléchit bien, au petit matin, on s’aperçoit que c’est passé comme ça. Un claquement de doigt.

Parce que tout s’est peu à peu déglingué. Jusqu’à cette nuit là. Je dois te faire un compliment : tu n’as pas pris une ride. Moi en revanche, j’ai pris quinze kilos de valises sous chaque œil.

Tu t’es assise sur le lit. Tu as soufflé ton haleine fétide dans mon cou et griffé mes joues de tes ongles longs. Je me suis retournée vers l’homme à mes côtés, dont le souffle régulier bien qu’un peu fort, aurait dû m’apaiser. Sans doute ne l’entendais-tu pas de cette oreille. Tu as voleté jusqu’à son épaule et tu as commencé à rouméguer. Tu ne connais pas ce mot ? Je te l’explique. Je te dois bien ça. Tu ronchonnais. Tu maugréais. Tu ressassais tout un tas de choses sans queue ni tête. Ce que je n’avais pas aussi bien fait que tu l’aurais voulu. Ce que j’aurais dû répondre. Ce qui avait pris du retard parce que je procrastinais encore. Ce que l’on m’avait dit et qui était resté comme une arête de poisson fichée dans ma gorge. Ce qui me terrifiait aussi.

Je connais toutes tes simagrées et tous tes stratagèmes. Les muscles que tu coinces pour me faire bouger, le rictus que tu dessines sur mes lèvres, la gorge subitement sèche et les yeux qui se mettent à papillonner, le moustique hypothétique que tu m’envoies même en plein hiver, la couette qui pèse une tonne, la jambe que je sors à l’air, puis que je remets à l’abri parce que j’en ai assez que tu me lèches le mollet, les cheveux que je tire en me tournant et me retournant, les oiseaux qui se croient en plein jour, la transpiration qui suit ma colonne vertébrale.

Cette nuit là, j’ai essayé de t’écouter. Tu étais revenue, peut-être si je prenais un peu de temps avec toi t’évanouirais-tu ? J’ai entendu les phrases sublimes que tu me soufflais dans le creux de l’oreille et que j’aurais oublié dans les ombres du petit matin, les mots qui faisaient le début ou la fin du projet qui me tient tant à cœur, les vérités que je garderais pour moi à cause du courage qui me manquerait dans la lumière du jour.

Je sais que tu viens pour me rappeler à l’ordre, pour que mes nuits rattrapent mes jours que je gaspille parfois. Tu as laissé tes empreintes tatouées sur les murs pour ne pas que j’oublie les résolutions que tu m’as fait signer en double exemplaire sur les paumes de mes mains. Je sais, j’ai promis et juré, avant de me rendormir.

Parce que j’ai fini par me rendormir, alors que l’aube frémissait déjà à ma fenêtre.

{Les six comptes instagram Basques à suivre}

Il existe de nombreux comptes Instagram au Pays Basque qui se font chantre de la Basque Attitude.

Je privilégie ceux qui racontent une histoire (ne dit-on pas que faire de la photographie, c’est raconter une  histoire avec la lumière ? ) parce que je ne sais pas le faire et que je rajoute des tas de mots sous mes photos. Je privilégie les comptes qui se nourrissent de tradition et  ceux dont les photos ne sont pas exagérément retouchées.

  1. Christophe Molinari (@ckristophe) pour des photos qui montrent toute la tradition du pays basque, qui manquait certainement dans le reportage de France 5 dimanche soir sur la Basque Attitude. Dommage que ces reportages nous montrent, les uns après les autres, les mêmes choses, alors que le Pays Basque est tellement riche qu’on pourrait faire des dizaines d’émissions différentes.
  2. Stéphane Salerno (@salernophoto) pour l’océan et les nuages. Des photos cartes postales qui montrent le paysage dans toute sa majesté.
  3. Seb Labruc (@seb_labruc) l’eau, les vagues, le ciel, la montagne.
  4. Jon Sanchez (@Platoux ) pour des photos qui sont presque des courts métrages à elles toutes seules et donnent l’impression qu’on est ailleurs.
  5. Ariane L (@arianelongevial) pour de nombreuses raisons, son envie, sa fraîcheur, son oeil, mais peut-être ne suis-je pas très objective ? (Photo de couverture de l’article)
  6. Little cartel Biarritz (@thelittlecartelbiarritz) pour ses photos uniquement en noir et blanc, qui donnent une lumière dramatique aux paysages.