Les t’as pas peur #1

Quand j’explique que nous quittons notre ville pour aller sur la côte basque, mes interlocuteurs me regardent interloqués, puis ils ont plusieurs questions.

La première qui nait sur les lèvres c’est « Et t’as pas peur ? »

Au début, je réfléchissais en passant en revue les animaux insolites qui, ici, on croisé ma route. Il y a eu les serpents sur le muret de pierres ou sous les lavandes du potager, les souris dans le cellier (et ailleurs), la vache du voisin un pied sur la première marche de la piscine, la chouette hulotte et sa famille, les rats des champs, les gendarmes par milliers qui squattent la baie vitrée de la chambre, les cloportes qui, une année, avaient envahi la maison, les chauves-souris qui ont tournoyé tout l’été dernier dans le salon nous faisant frissonner, les chevreuils qui bouffaient nos arbres, les sangliers qui se baladaient dans le champ et le cerf que certains pensent que j’ai rêvé.

Avec tout le bestiaire déjà croisé, je cherchais de quoi je pourrais bien avoir peur une fois là bas. Y aurait-il des requins, des baleines, des cachalots? Y aurait-il des animaux dont je ne connaissais pas le nom ?

Et t’as pas peur ? Me demandait-on.

Que la mer monte ? Que le bateau coule ?

Bien sûr, j’avais bien une petite peur. Celle de tout recommencer à zéro, tisser à nouveau des liens, se faire des amis et rencontrer des gens. Oui, ça, je dois bien avouer que ça me faisait peur. Je crois que je n’ai jamais été quelqu’un de super sociable.

Perdue dans mes pensées, mes interlocuteurs enchainaient : « Et t’as pas peur de la pluie ? Bé oui, parce que si c’est vert le pays basque ce n’est pas sans raison. »

Une jeune femme, originaire du Lot et Garonne elle aussi, à qui je demandais si elle s’était habituée à la pluie, me fit un jour une réponse géniale : « Dans la malle de la voiture il faudra toujours avoir des bottes, des chaussures fermées (elle regarda mes pieds et acquiesça à la vue de mes New Balance), des chaussures ouvertes et des tongs. On peut avoir les quatre saisons dans la même journée. Au Pays Basque, il n’est pas rare de commencer le matin avec des bottes de pluie et le soir d’aller sur la plage en tongs. »

J’ai adoré cette réponse, que je rétorque régulièrement à qui me pose la question « Et t’as pas peur de toute cette pluie? »

pic by mendibourefrançoise

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