Une certaine idée de l’été

Il y a cette idée de l’été qui m’a effleurée hier soir en la raccompagnant à la gare. Du soleil, de la chaleur, de l’eau. L’odeur de la ville et sa trépidation.

Je me suis efforcée de voir au delà, parce que l’idée de l’été va au delà. Il y a du temps aussi. Celui que nous réapprendrons à laisser passer sans avoir peur de le perdre. Des paroles plus douces, des peaux dorées, des souffles dans mon cou pour me tirer de ma sieste. Il y aura cette maison, que nous aurons d’abord faite maison de vacances avant de qu’elle ne devienne maison tout court.

Il y a cette idée d’un apprentissage. Découvrir les routes nous menant d’un endroit à l’autre, apprendre à éviter les voitures agglutinées les unes aux autres, apprivoiser les routes sinueuses ou les toutes droites, celles où il fait bon flâner et dont nous ne savons encore rien, celles que nous connaissons déjà et que nous honnirons.

Il y aura cette nécessité d’apprendre la maison. Les bruits nocturnes que nous guetterons, le bruit du gravier sous ses pas à la nuit tombée, ou le bruit du parquet qui grince quand il faudrait dormir. Il y aura son odeur que nous apprivoiserons, et celles familières, dont nous l’envelopperons. Il y aura la révision des concepts basiques comme « vivre loin de/d’eux », « trouver sa place dans la douceur du soir » ou bien »est-ce qu’ils nous aiment encore quand on ne se voit plus. »

Il y aura des balades, des baignades, des cheveux plein de sel et du sable entre nos orteils,il y aura quelques soupirs et nos fou-rires, il y aura deux ou trois larmes et leur vacarme. Il y aura quelques inquiétudes « il va falloir parler tout doucement, et la musique? On va pouvoir l’écouter? » Il y aura des certitudes comme « ça va aller ».

Cette année, lorsque viendra la fin des vacances, nous n’aurons pas besoin de parcourir la maison pour ne rien oublier. Nul besoin de dénicher les souvenirs qui se seraient faits la malle sous le lit, pas la peine de fermer les volets, ni de débrancher le frigo.

A la fin de l’été, il y aura tous ces instants pendant lesquels chacun aura grandi. De la plus belle des façons. La sienne.

Grandir, pour continuer là où l’on s’était arrêté.

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