Entrainement mental

J’aime bien me comparer à un sportif de haut niveau. Tout du moins je mets en place la préparation mentale du sportif de haut niveau. J’ai l’impression que vous souriez. Maman, je te vois. C’est bon, là, je peux continuer ? Je disais donc que j’avais lu quelque part que les sportifs de haut niveau, avant une grande compétition, ils mentalisent la course parfaite. Ils font et refont la trajectoire. Vous les avez déjà vu sur le bord de la piste, les yeux fermés, faire le parcours ? Ouais et bien moi c’est pareil.

Le soir quand je ferme les yeux et que je pose ma tête sur l’oreiller, c’est pareil. Je m’entraine.

Je faisais déjà ça les premiers temps de mon boulot de DRH quand le lendemain j’avais un rendez-vous important. J’imaginais ce que la partie d’en face pourrait me répondre et ce que je répliquerai également, j’imaginais comment faire pour ne pas que mes mains tremblent et je répétais mentalement suffisamment longtemps pour ne pas que ma voix s’y mette également. A bien y réfléchir c’est peut-être bien cet entrainement qui causa la plupart de mes insomnies. Je faisais déjà cet entrainement quand nous attendions Number Four. J’imaginais la voix qui m’annoncerait la nouvelle et la façon avec laquelle je pourrais réagir, comment je l’apprendrais à mon tour aux enfants ou à ChériChéri. Tout y passait : l’endroit où je serai, la lumière qu’il y aurait, les vêtements que je porterai, la personne de l’autre côté du téléphone, mes sensations. Tout. Je faisais encore ça quand j’animais une formation, cherchant par avance le trait d’humour qui lancerait la partie. Je faisais ça aussi quand je cherchais des titres de posts, de jolies images, de belles phrases.

Et bien aujourd’hui c’est pareil. Vous n’avez pas saisi de quel entrainement il s’agit ?

J’imagine ce que sera demain. Je marche sur le trottoir pour aller à l’école ou aller à la pharmacie (très important dans le choix d’une maison ou d’un appartement pour moi, mes enfants peuvent le dire, il faut qu’il y ait une pharmacie pas trop loin. J’ai pourtant habité pendant quinze ans à dix kilomètres de la première pharmacie, mais dans leurs recherches de l’appartement je m’assure toujours qu’il y a une pharmacie dans le coin). J’ouvre les volets et dis bonjour à la voisine d’en face qui prépare son café, je m’habille en survêt pour aller acheter du pain (oui, et bien on peut rêver non?), je monte à l’étage pour regarder la cathédrale (oui, parfois il ne faut pas chercher bien loin non plus), et je vais au bout de la rue. Arrivée, je m’installe et demande un thé. Mais ça dépend des jours. Je peux aussi avoir envie d’un chocolat, d’un noisette ou d’un coca. Et je regarde par la vitrine.

Au bout de ma rue il y aura un café. Je ne suis jamais allée dans un café, un jour normal (pas un mercredi avec les enfants, pas un jour de vacances, pas dans une ville étrangère, ni quand il pleut pour m’abriter enfin vous voyez le truc?), seule. Alors là, depuis que je sais qu’il y en a un tout près, je fantasme. Ok, je fantasme sur des trucs chelous, mais le fantasme c’est comme le reste c’est une question d’entrainement.

La première fois que j’y suis allée, il était 11 heures. Je n’étais pas seule, il y avait ChériChéri et Mr V notre ami architecte. De petites tables étaient occupées par des jolies mamies qui papotaient tout en bijou et addidas stylées. C’était en septembre dernier et depuis je m’imagine parcourir les 250 mètres qui séparent ma maison du café, ou m’y arrêter après avoir déposé JoliPetitCoeur à l’école, ou en revenant d’un footing (Maman, je te vois je te rappelle) avec des addidas stylées (note à moi même : penser à en acheter). Je pourrais lire une bon livre et regarder les gens déambuler. Et puis voilà quoi.

Le seul hic, c’est que dans mes entrainements il fait beau. Toujours. Alors que statistiquement, il pleut 180 jours par an au Pays Basque (contre 211 à Brest et 155 à Agen) ce qui est somme toute assez énorme et que je me vois mal arriver le cheveu dégoulinant et demander un thé. Parce que c’est sûr, j’aurais oublié mon parapluie avant de partir, je ne m’entraine pas assez pour y penser.

pic by U-run Asics

 

3 réflexions au sujet de « Entrainement mental »

  1. je fais aussi ces entraînements intensifs, souvent nocturnes, … ca ne se passe jamais comme ce que j’avais prévu, mais tant pis, je continue, … celui / ceux du moment : un livre publié, un changement de boulot (virage à 180° !), … ALors, … wait & see

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  2. Je viens de découvrir et lire tous tes textes, même si j’en ai vécu certains en live !
    Bravo, merci pour ce beau partage.
    En attendant d’aller dans ton nouveau café, tu peux descendre à pied au marché du Pin du dimanche matin. 😉C’est moins glamour, je te l’accorde.
    😘

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