La montagne

Je crois que la première image qui me vient à l’esprit quand je pense au Pays Basque, c’est la vue sur les Pyrénées depuis l’autoroute qui plonge. Voilà c’est cet instant là. Il ne dure que quelques secondes. A tout casser d’ailleurs, pas plus de deux ou trois. Collée à l’Espagne, c’est la montagne qui m’indique qu’on y est presque. A l’océan.

Je retiens mon souffle. Je ne sais pas faire autrement. Comme si pour profiter pleinement du spectacle il fallait que je bloque le flot incessant de l’air qui entre et qui sort.

-Regarde, petit cœur, c’est la montagne, on arrive à l’océan!

– Où maman?

– Là pile poil devant.

Les yeux de JoliPetitCoeur n’ont pas vu la montagne qui se dresse fièrement devant nous. Je crois bien qu’il pense que je raconte des histoires, qu’on n’a jamais vu la mer et la montagne côte à côte, que je fabule. D’ailleurs dans les livres que nous lisons le soir, il est impossible d’aller skier le matin et de se balader sur la plage l’après-midi. Il pense que j’invente des histoires. Encore. Comme quand je raconte à ses copains que s’il a un œil bleu c’est parce qu’il a piqué celui d’un dragon.

-Mais non, maman je suis né comme ça, tu te rappelles pas ? Et puis les dragons ça n’existe pas.

-Ah, oui, je me souviens, que je suis bête.

Clin d’œil appuyé pour m’assurer qu’il a compris. Que je rigolais.

J’ai une tendresse toute particulière pour les 3 couronnes ou Aiako Harria et ses trois sommets: Irumugarrieta (806 m), Txurrumurru (827 m) et Erroilbide (837 m), qu’on appelle aussi « les Batailles » ou encore « le profil de Napoléon »  (que l’on peut imaginer depuis Biarritz). (Inutile de vous dire que mon correcteur d’orthographe souligne à qui mieux mieux tous  ces noms basques) (non, je n’ai jamais demandé à JolipetitCoeur de regarder le nez de Napoléon sur la montagne)

Pourquoi une tendresse particulière ? Sans doute parce que la chaine des Trois couronnes est particulièrement reconnaissable. Et pour moi qui n’y connait pas grand chose en sommets, c’est fort appréciable, je peux épater la galerie. Et aussi parce qu’elle est recouverte de forêts de chênes et de hêtres et donne l’impression étrange qu’elle va se déplier et s’ériger sur ses deux pieds. Parfois, je m’attends presque à voir surgir un immense dragon. Peut-être celui à qui il manque un œil.

Je me souviens avoir visité une maison. Depuis la terrasse, on voyait  la Rhune et les 3 couronnes. On la contournait  et là, presque inattendus, on découvrait l’océan argenté et la baie de Saint Jean de Luz. De l’autre côté, par le chemin qui nous amenait là, il y avait tout le reste : les fermes, les moutons sur la route qui serpentait en haut  des crêtes, les calvaires, les collines rondes et douces, une rivière tout en bas. Un bonheur.

pic by elah40.

étoile

 

2 réflexions au sujet de « La montagne »

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