Et alors ?

Il y a des moments dans la vie au cours desquels on a l’impression de changer. Ça n’a rien à voir avec une couleur de cheveux, ou une nouvelle garde robe, ça n’a même rien à voir non plus avec un job abandonné ou un nouveau hobby. C’est plus profond. Un truc qui se passe là, là et là aussi.

Je crois bien que je suis en train de vivre un de ces moments parenthèses. Peut-être même est-ce une Minute.

Finalement j’ai été plus absente que je ne l’avais imaginé, lors de notre périple mexicain et je me suis recentrée. J’ai oublié quelques jours les réseaux sociaux, et dis tant pis pour les statistiques. Les seules qui m’importaient étaient celles des battements de nos coeurs qui pour la première fois de notre vie se trouvaient sur trois continents séparés et étaient éloignés de plusieurs fuseaux horaires.

J’ai pris le temps et ne me suis pas agacée pour des choses futiles comme un cahier oublié à l’école, un verre de jus de fruit renversé ou des lunettes égarées sur la plage. Je me suis regardée de l’extérieur et je me suis trouvée plutôt chouette. J’ai à nouveau regardé mon namoureux avec des yeux de namoureuse, oublié les travaux qui tardent à se terminer et qui tendent nos discussions et accepter la main qu’il me tendait pour aller marcher le long de la plage. J’ai gobé le ciel et ses nuages mauves, j’ai laissé l’eau de la mer me lécher les orteils et les coquillages briller sous mes doigts, j’ai laissé glisser le temps à ne rien faire, juste à ressentir, s’émouvoir et engranger les images qui s’offraient à moi pour en faire de jolis souvenirs.

Je suis rentrée mercredi vers deux heures du matin après un retour épique et je n’écris que maintenant. Jusque là je n’avais pas allumer l’ordinateur. Il me regardait sans bien comprendre ce qu’il se passait. Il ne voulait pas y croire. Je n’ai pas encore ouvert mes onglets favoris ni parcouru ma liste de blogs chouchous. Je n’ai pas écouté les infos et n’ai pas allumé la musique dans la voiture, j’ai mis une photo ou deux ici et là, pour l’hygiène. J’ai profité d’un voyage en voiture ce matin (la faute du décalage horaire qui nous a fait manquer le bus de PetiteChérie) pour regarder les champs qui s’offraient à moi, glisser sur la route et l’écouter. Je me contente d’apprécier le silence qui m’a si bien remplie, de marcher au ralenti pour ne rien manquer, d’écouter leurs voix à quelques kilomètres ou à l’autre bout du monde.

Je voudrais encore quelque jours continuer à me satisfaire de ce rien là et du temps retrouvé.

ecc81toile

 

 

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