Tu vas t’y mettre?

Je crois que ceux qui me posent cette question ne me connaissent pas du tout. Mais alors, vraiment pas du tout. Je pense qu’on peut tout à fait habiter au pays basque et ne pas s’y mettre. Laisser la place aux autres. A ma fille notamment et accessoirement à JoliPetitCoeur quand il aura terminé de dire « Ah non, ça je peux pas en faire, c’est dangereux », je table pour dans dix ou quinze ans.

Louise, ma prof de yoga a été une des premières femmes à en faire sur la plage de Seignosse, c’était il y a très longtemps. Louise a de longs cheveux blancs qu’elle sépare en deux et place sur chacune de ses épaules et une peau sur laquelle on peut lire toute son histoire. Elle avait ramené d’Inde un américain fou de surf qui avait trouvé l’endroit génial pour s’adonner à son sport favori. Elle aussi m’a demandé si j’allais me mettre au surf.

Non, moi ce que je préfère dans le surf, c’est l’after, vous savez, quand les surfeurs ont terminé et qu’ils se préparent à rentrer chez eux. J’aime bien ceux de Capbreton d’ailleurs, mais chut, je jurerai que vous avez tout inventé si un jour vous m’en parlez.

La dernière fois que nous sommes allés voir l’océan, nous nous sommes garés sur le parking d’une plage sur laquelle je n’étais jamais allée. A nos côtés il y avait un van bourré à craquer. A l’intérieur il était facile d’imaginer les couchages vite installés, la promiscuité les jours de pluie, la poisseur qui s’insinuait et s’installait sur les objets, le sable qui craquait sous les pieds et les dents. Devant la porte latérale,  une terrasse avait été installée sur les marquages des places. Un vieux kilim, six chaises pliantes, une caisse en guise de table basse. Des verres de vin, une canette de soda des petits bols dans lesquels étaient empilées des graines multicolores. Une femme préparait une salade, une autre des brochettes. Je n’ai pas regardé trop longtemps, il me semblait regarder chez eux par la fenêtre du salon, pourtant je me souviens parfaitement de la sensation ressentie en les voyant. Il y avait un sentiment de liberté  mêlé à quelque fragments de lassitude. Les morceaux ont roulé  jusqu’à à moi quand je suis sortie de la voiture. Je les ai laissés là, le soleil nous attendait pour tirer sa révérence.

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