Mai a fait ce qu’il a voulu

Je crois bien que c’est Mai qui a fait ce qu’il a voulu de moi et non l’inverse. Il a effacé le soleil d’Akumal à coup de nuages gris au dessus de nos têtes, il a rangé mes tenues légères pour que j’enfile à nouveau ma couverture et mes pulls informes d’avoir déjà été trop portés. Mai m’a fait regarder la vie au travers de gouttelettes fracassées sur la terrasse.

Mai nous a embarqué avec lui quand il accélérait la course nous faisant enchainer rendez-vous très importants sur rendez-vous très importants. Que de nouveautés pour ce mois de mai : un voyage au loin, des sorciers mayas, des avions en tous genres et des horaires si peu respectés, une école visitée, une cuisine posée, des moments partagés, une ou deux contrariétés, et toujours à ma fenêtre des gouttes de pluie.

Ce mois-ci les cinq articles que vous avez préférés sont :

  1. Attraper les calamars
  2. Les 20 trucs rigolos à faire en amoureux
  3. Horchata de arroz
  4. Moi, j’aime bien la pluie
  5. Et alors?

Voilà donc pour les cinq moments de la vie virtuelle et pour ceux de la vraie vie il y a

  1. Ce moment, au petit matin, où j’ai posé mes fesses derrière le volant, que j’ai descendu la fenêtre pour l’embrasser. Ce moment où j’ai passé la marche arrière, que je lui ai fait un signe de la main et qu’il a suivi la voiture des yeux.
  2. Le moment où on a enfin pu s’enregistrer à Cancun après une petite peur. Lire dans les yeux de mon JoliPetitCoeur un soulagement : on va pouvoir rentrer à la maison.
  3. La visite de la nouvelle école et son soulagement encore, le voir courir seul dans la cour en suivant les tracés des terrains de basket.
  4. Des choses bassement terre à terre comme lire les notes de mes trois derniers enfants, voir des avancées dans les carrières des pièces rapportées si chères à mon coeur, l’écouter me raconter son stage, la regarder prendre des photos d’éclairs toutes plus belles les unes que les autres, regarder une pub, marcher en lui donnant la main, sourire quand il me demande si j’aurais cru que trente ans après nous le ferions encore.
  5. L’espoir pour ses yeux.Et même, se dire que ce n’est pas grave, l’important est qu’il soit là, tel qu’il est.

Juin quand à lui commence au ralenti. Par la force des choses. Il commence sous le ciel gris de Toulouse d’où je regarde l’immeuble posé en face de ma fenêtre. Juin commence sous la pluie et dans le silence endormi de l’anesthésie générale. Je m’amuse à regarder les gens se mettre à courir de façon inattendue, je vois les parapluies qui se retournent dans le vent et les petits pieds qui trainent pour pouvoir mieux sauter de flaque en flaque.Je guette un mot de sa part. `

Juin est long.

Espérons qu’il nous donne l’occasion de danser sur la plage.

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