Il y a le ciel, le soleil et la mer

Samedi matin, nous y sommes partis avec au cœur ce doux sentiment qui pique un peu, d’urgence et de bonheur. La musique résonnait dans l’habitacle au gré des envies des enfants. Nous recherchions le titre des films ou des dessins animés dont la musique était extraite. C’est un de nos jeux favoris pendant les longs trajets, qui m’évite les « c’est quand qu’on arrive mam ? » A d’autres moments, nous abaissions le son pour continuer à chanter à tue tête, à tour de rôle, c’était drôle, c’était gai. Les pins sur le bord de la route nous regardaient filer et les fougères s’inclinaient sur notre passage. Je vous assure, je les ai vues. Et puis nous sommes arrivés.

J’aurais aimé prendre une vidéo de JoliPetitCoeur quand il a compris que nous n’habiterions pas dans une maison sans mur et que ceux-ci n’auraient pas de trou non plus. J’aurais dû enregistrer la vitesse avec laquelle il passait de porte en porte, rassuré de voir que tout était rentré dans l’ordre ou était en passe de l’être. Enregistrer aussi les « ho c’est joli » qu’il poussait en  entrant dans la cuisine, le salon, les chambres. Il n’a pas attendu que son père remonte de la cave où il était affairé. Sa soeur et moi l’avons suivi un instant, sourire aux lèvres, rassurées aussi.

Nous avons fait le tour de quelques plages, des plus proches aux plus éloignées de la maison en les choisissant pour leurs noms. Nous avons installé nos fesses sur du sable plus ou moins gros, plus ou moins sec, sur des rochers plus ou moins plats. Le ciel était parfait. De ce gris que j’aime tant et qui donne au sable un doré à nul autre pareil. J’ai enfoncé mes orteils dans les grains de silice, j’ai resserré les pans de ma veste et ajusté les lunettes de soleil  sur le nez de JoliPetitCoeur et j’ai regardé sa sœur se mettre face à l’air du large et laisser flotter ses cheveux.

J’ai attendu patiemment que le déclic se fasse. Que ma respirations s’apaise. Que mes yeux arrêtent de scruter plus loin qu’ils ne portent. Que mon impatience patiente. Mais sans succès. Pas une fois encore je n’ai trouvé ce sentiment qui m’étreint quand je m’approche de ma plage fétiche des Landes. Celle des Estagnots. C’est ballot, mais s’il le faut je ferai illico les 20 minutes qui m’en séparent. Ariane m’a regardé droit dans les yeux « comme tu veux » m’a t-elle dit. Nous avons repris la route.

Là bas, il suffit que je me faufile entre les voitures. Que je me gare sur le parking. Et le miracle se produit. Mon souffle se calme instantanément. Il n’y a pas de prix à ce sentiment de paix, de gratitude qui m’étreint quand je pose mes fesses sur le deck. Aucun souvenir d’enfance ne m’y attend pourtant, aucun non plus de celle de mes enfants. Juste le sentiment d’être l’espace d’un instant dans une bulle dorée. A contre temps. Celui qui me va bien.

Il y a le ciel, le soleil et la mer.

Crédit photo @riane.

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