17

Pour beaucoup hier était un jour ordinaire. Pas pour toi. Pas pour nous.

Les années ont passé tellement vite, qu’hier, vois-tu j’ai eu le tournis. J’ai revu tous les anniversaires que nous t’avons souhaités jusqu’à celui-là. Les ballons accrochés sous les arbres, les éclairs au chocolat, les journées plus ou moins réussies, la pluie ou le soleil, les parties de piscine les cousins et les amis réunis pour fabriquer une famille et les noël en juillet. Alors j’ai préféré profiter encore quelques instants de toi.

Il y a 17 ans, quand j’ai regardé la couleur de tes yeux  (les mères font toujours ça, espérant secrètement qu’ils seront bleus, ce qui dans ton cas n’était pas) j’y ai découvert une petite flamme intrépide qui brûle encore aujourd’hui. Je suis ravie que les années ne l’aient pas effacée. Bien sûr il faut être honnête, l’étincelle a parfois terni, parfois vacillé, la vie apporte son lot d’épreuves dont tu n’as pas été épargnée, mais aujourd’hui elle est toujours en place. Je la vois quand tu fais la course avec Igor dans les escaliers ou quand tu chahutes sur mon lit avec ton frère.

Il y a 17 ans je jouais avec tes doigts et tes orteils. Je les comptais, les admirais et m’extasiais sur leur petite taille (les mères font toujours ça aussi, compter les doigts et les orteils). Je n’aurais pas dû faire tant de voeux  pour qu’ils restent petits me dis-je, quand je te vois pester de ne trouver aucune chaussure à ta taille.

Il y a 17 ans je traçais des cartes au trésor sur tes joues en reliant une à une tes tâches de rousseur et je jouais à fabriquer des abricots avec tes pommettes (je ne sais pas si les mères font toujours ça, peut-être y en a t-il qui font autre chose, parce que vois-tu, les mères s’extasient toutes).

Il y a 17 ans, j’entourais les mèches de tes cheveux autour de mon index et m’amusais à les voir tirebouchonner (toutes les mères ne peuvent pas faire ça, parfois elles s’extasient devant un crâne chauve. Je le sais, je l’ai fait aussi). Je sais PetiteChérie, tu penses que j’aurais mieux fait de m’abstenir, moi j’estime que tes cheveux sont juste magiques, surtout quand je passe mes doigts dedans, ce que tu ne me laisses pas faire souvent.

Te voilà une jeune fille, même si les ouvreuses du cinéma te font payer le prix enfant, et que nous les laissons faire puisqu’elles ne demandent pas ton âge. Il est bien entendu que si elles demandaient, nous ne mentirions pas.Te voilà donc une jeune fille, et quelle jeune fille!

Entre mon admiration et ton émotion, j’ai compris que tu prends doucement ton envol. Avec toutes les qualités que tu cultives simplement dans ton potager depuis tout ce temps. Celles qui étaient déjà là et toutes les autres que tu appris à capturer dans ton filet à papillons.

Il y aura des jours avec, et des jours sans. Il y en a toujours. Il y aura des hauts et des bas, des marées hautes et des marées basses. Il y aura toujours mes bras pour que tu viennes te reposer, mon coeur pour que tu viennes t’épancher et le monde entier, ton terrain d’aventures, pour que tu testes tout ce qui manque encore sur ta « to do list ». Parce que ma chérie, il ne faut pas être trop sérieux quand on a 17 ans.

Love

Pic by Annie Taylor

 

 

 

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