{En mode basque : Les espadrilles}

Je les ai croisées, le premier dimanche, dans ma rue en allant au marché. Une fois rentrée, j’ai retrouvé les miennes, planquées dans un carton, fatiguées et usées jusqu’à la corde. Achetées à la hâte elles ont tout à envier à celles que j’ai croisées ce dimanche matin là. Je les ai pourtant chaussées avec délice et mes pieds ont instinctivement repris leurs petites habitudes liées aux espadrilles. Et à l’été.

Quand il pointe son nez et que les vacances aussi, j’ai toujours envie d’espadrilles. Elles riment parfaitement avec terrasse, sable chaud et goudron mou, tour en ville ou petits pas de danse. Elles flirtent avec la légèreté et le mouvement. Elles s’accordent avec les pieds nus et les grains de sable entre les orteils.

Oui. Je sais. Elles ont longtemps été décriées, raillées, moquées. Vous allez me dire qu’elles étaient portées par  Gaston Lagaffe ou Gérard Jugnot dans « Le Père noël est une ordure », et c’est pour cette raison que vous avez renoncé à les porter. Et moi je dis : Dommage ! On ne remercie pas Les Nuls non plus et je suis certaine qu’ils en portent, eux, parce qu’elles étaient aussi portées par Salvador Dali et Pablo Picasso. Vous me direz aussi que dès que l’heure de la rentrée avait sonné, les espadrilles passaient à la trappe ou devenaient vos chaussons les soirs d’hiver. Je sais. J’ai fait pareil.

Mais ça, c’était avant! Avant que je ne les croise chaussées par des élégantes nonchalantes, et que je ne  découvre tant de différentes sortes, assorties à tous les looks et chaque jour réinventées.

Les espadrilles c’est d’abord la chaussure du berger,  parfois basque, parfois catalan et d’une fabrication simple :  une semelle en corde de chanvre, une couche de caoutchouc sous les semelles pour éviter leur usure , de la toile de jute sur le dessus, des coutures en gros fil qui, si elles sont esthétiques sont aussi parfaitement utiles et c’est tout. Elles existent depuis si longtemps que je m’abstiendrais de vous faire un cours d’histoire mais pour faire court (^-^), on a des références écrites de leur existence depuis 1322.

Même si elles présentent bon nombre de petits défauts que je ne passerais pas sous silence (je me dois d’être le plus honnête possible) tels que l’irritation causée par la corde sur nos  plantes de pieds si l’on tente de faire un marathon avec (aucun risque en ce qui me concerne), l’absence de bouts durs ou de contreforts en cuir pour protéger et maintenir solidement nos petits pieds et l’impossibilité morale d’y associer des chaussettes, les espadrilles restent des outils pratiques, peu chers et chics quand elles sont correctement portées. Elles permettent aussi d’éviter les chaussures en cuir tout en étant fermées (il y en a que ça arrange).

Petit guide de l’espadrille :

  • si vous les payez 5 euros au supermarché il s’agira dans 90% des cas d’une fabrication chinoise de bien piètre qualité et qui ne durera guère plus que l’été. Vous râlerez après moi en disant « mais, qu’est ce qu’elle raconte, c’est nul les espadrilles! » Alors autant mettre un petit peu plus d’argent dans cet achat et ainsi profiter d’une semelle un peu plus épaisse, mieux finie, de toile plus solide et de coloris sympas et souvent plus variés en achetant de la production française, pyrénéenne même (le régionalisme est à la mode). On les achète chez Pare Gabia, Art of Soule  , Arsène,
  • Portez-les à la ville avec la nonchalance d’une vacancière, lacées ou compensées, avec ou sans imprimé, strassée, lamée, calligraphiée, fluorescentes ou basqiues, il en existe pour tous les goûts.
  • On me souffle dans l’oreillette « mais, avec quoi ils la portent tes élégants nonchalants ? » Avec tout! Pantalon chino, boyfriend, slim ou cigarette (je me fais l’effet d’une blogueuse mode ), jupe longue, chemise extra large, tunique, petite robe ou maillot de bains. Avec tout je vous dis.

Allez, trottez bien en espadrilles!

 

 

 

Publicités