{La question des nuages}

Au petit matin, quand je me lève et que je prends mon premier café, je m’installe sur la  terrasse, sur le fauteuil en rotin de Maminette. A l’est. De là, je vois le soleil se lever entre les palmes du palmier du voisin. L’espace d’un instant je pourrais croire que je suis ailleurs, là bas, à la maison jaune. Le soleil me fait cligner des yeux et joue sur le rebord de ma tasse dorée. Et puis, je regarde à l’ouest, par la fenêtre du salon. C’est là que se produit l’effet paradoxal. « C’est de là que vient le temps qu’il fait »m’a t-on dit.  C’est un concept encore un peu compliqué pour moi ce truc de marées qui amènent le beau et le mauvais temps et je ne comprends pas pourquoi les nuages s’obstinent à s’amonceller de ce côté de la maison amenant avec eux le temps qu’il fera, mauvais surtout.

Pas mauvais, mauvais, mais pas très chaud tout de même. Pour moi 24° c’est un temps de printemps et pas du tout un temps de vacances.

A la pharmacie on me dit « Ah! vous avez de la chance on respire mieux qu’au début du mois vous ne trouvez pas ? »Je souris car je sens bien que je ne peux pas répondre que non. Au marché on me dit « ouf je crois qu’on en a terminé avec la canicule! » Je souris parce qu’ils n’y connaissent pas grand-chose en canicule je crois bien. A la boulangerie on me dit « ah, c’est mieux comme ça! »Et moi, je tords le nez.

Parce que voyez-vous, moi j’aime la chaleur et sans elle, je ne me sens pas en vacances. Pour moi chaleur rime avec 35°, puisque jusqu’ici c’est ce à quoi j’étais habituée. 35° c’est un temps de canicule mais peut-on prétendre que 30° en pic de 14 heures à 14h 07 le lundi et le mardi en soit un? Je m’interroge.

J’aime la chaleur pour tout ce qui va avec elle : la torpeur, la lenteur, la moiteur, le ralenti, les gestes mesurés, les boissons faites maison et les verres abandonnés, les plouf, les maillots qui sèchent sur la rambarde, les magazines cornés et remplis de sable, les doigts qui collent de glace fondue, les dos échauffés, les apéros qui trainent en longueur, les repas bricolés et le nez dans les étoiles filantes .

Vous comprenez maintenant qu’avec 24°, tout ça, et bien je ne l’ai pas. Par contre la petite laine qui me fait croire que j’ai pris 20 ans en un mois, je l’ai, les pantalons plutôt que les shorts, je les ai aussi, la couette la nuit, aussi et la chair de poule, les mains froides (et le cœur chaud) itou.

Bref. J’y suis, dans un monde parallèle où les gens pensent qu’il fait chaud alors que moi, pas du tout, ma phrase préférée avant de partir en balade étant « Attends chéri, je vais chercher ma veste! »

 

 

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