{Amie}

C’est ainsi que je me suis retrouvée à Hendaye-Plage.  Une plage immense, blonde, large, ponctuée de tentes colorées et de transats roses fushias, de touristes rares et d’enfants dont je me demandais ce qu’ils faisaient encore là. La marée était basse et les oiseaux volaient hauts.

Il n’y avait pas mieux pour ce premier jour. Je voulais oublier qu’elle était loin et qu’il ne connaissait personne, alors l’océan, c’était la meilleure idée. Nous nous sommes installées face à la mer pour déjeuner en espérant que l’air qui soulevait les nappes ne nous fasse pas regretter nos épaules nues. Nous avons choisi le même menu. Comme souvent. Elle a bu le café qui allait avec mon gourmand.

Nous avons arpenté la promenade, croisé des engins roulants bizarres, levé le nez pour renifler l’odeur de la mer et débusquer le balcon ou la terrasse sur lesquels elle pourrait jeter son dévolu. On a rigolé. Souvent avec pudeur. J’ai tenté de sonder son regard quand il se voilait, j’ai voulu lui dire que ça va aller, promis, ça va aller mais elle effaçait mes tentatives à coup de sourire. Elle m’a rassuré, je l’ai écoutée. Elle m’a montré des plans, je lui ai dit que j’allais me mettre au basque quand elle m’a dit vouloir apprendre l’espagnol. Nos épaules se sont touchées quand on regardait de vieilles dames se promener.

Elle a regardé l’heure pour moi et donné le top départ quand il a fallu que je rebrousse chemin. J’ai fait le chemin en sens inverse, éteint le GPS et suivi l’océan, encore et toujours et fenêtre largement ouverte, je suis rentrée en philosophant. Je crois que les amies c’est simplement ça, être là, se dire que ça va aller, et qu’on s’aime, même si on ne se le dit pas avec des mots.

 

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