{Le cours de cuisine}

Je me suis faite rappeler à l’ordre au réveil « mais enfin, tu n’as pas raconté ton cours de cuisine! » Alors voilà, sitôt mon café avalé, la tasse fumant encore à mes côtés, je m’y mets.

C’était donc un dimanche. Les mauvais langues diront que j’avais fait exprès de choisir ce jour là. Je tenterais vainement de rappeler que j’y ai été invitée, que je n’ai donc choisi ni le jour ni l’heure et sitôt avais-je accepté l’invitation, qu’une information de la plus haute importance remontait jusqu’aux strates (et pas states, oui, je sais que c’est ce que vous avez lu) supérieures de ma mémoire : c’était aussi le dimanche que mon beau-père avait choisi pour venir nous voir. Quand ChériChéri est rentré je n’en menais pas large assise sur mon canapé (sûre et certaine qu’il allait se dire la même chose que tout le monde) et bien non.

Le dimanche matin arriva donc et ma petite auto aussi dans une rue pavillonnaire de Biarritz où elle se gara sans encombre. Ok j’avais un quart d’heure d’avance. A l’heure de la convocation, quand les autres invités arrivèrent à leur tour, j’appris ainsi que plusieurs participants avaient développé des tactiques de loup pour réussir à se garer.

L’invitation émanait de Béatrice Pène, la créatrice de Assiettes et compagnie. Au cours de mes balades dans les rues de Bayonne ou Biarritz j’avais déjà croisé les collections de Béatrice dans les vitrines de certains magasins et m’étais promis d’y succomber. Alliant humour, originalité et créativité elle nous présente plusieurs collections : « Carnets de voyage » grâce à laquelle elle nous embarque dans les grandes villes du monde, mais aussi « Pays Basque », « La plage » et « Family surf »qui ont mes préférences. Plus fun, je trouve que ces collections racontent bien le mode de vie ici : surf et plage bien sûr, van ou skate, parasol, tongs ou maillots de bains et les paysages basques les plus emblématiques et reconnaissables .

Mais revenons à nos moutons (d’océan).

J’arrive donc dans l’atelier de Béatrice et je furète avant le début du cours. Je remplis ma petite besace de trucs et machins à offrir à noël et je salue les arrivants au fur et à mesure de leur entrée. Bien sûr, je ne connais personne alors qu’ils s’apostrophent gaiement, demandent des nouvelles des enfants, des affaires, de la vie tout court. IL y a même une coiffeuse, je baisse le nez. Je suis à deux doigts de rebrousser chemin, de dire que je me suis trompée d’endroit, que j’ai oublié quelque chose sur le feu mais n’écoutant que mon courage (légendaire), je tiens bon. Et je souris. Un magnifique spécimen de sourire 22 carats. J’enrage aussi intérieurement : à la fin du cours, je vais avoir tellement mal aux mâchoires que je serai incapable de sourire à mon beau-père. En même temps il est habitué! On ne change pas une équipe qui gagne.

Nous nous installons autour de l’immense ilot de la cuisine (tout aussi immense) de Béa. Je pense à ce moment là que j’aurais peut-être dû prendre un carnet pour griffonner la recette mais un regard à droite et à gauche me rassure : personne ne l’a fait. En même temps, ce n’est pas comme si je vous avais promis de vous raconter…

Devant nous, Nisrine officie. Cheffe (je ne sais pas si, quand il s’agit d’une femme chef, ça s’écrit comme ça, mais vous avez compris l’idée) du Tournesol à Biarritz elle propose une cuisine franco marocaine à laquelle nous allons nous essayer. Brick poulet sucré salé (champignons remplacés par des raisins secs et des abricots secs émincés) et brick au bœuf (recette sans la pomme de terre) certains roulés (facile) et d’autres pliés en triangle (et là, j’ai compris que mes doigts et ma tête n’étaient pas en accord). L’ambiance est plutôt sympathique, un stagiaire demande où se trouve Bayonne, je baisse à nouveau les yeux (pour ceux qui ne savent pas Bayonne et Biarritz se vouent une guerre sans merci depuis des décennies à travers le rugby et sans doute le mode de vie jugé surfait par les uns et paysan par les autres. Par contre nombre de Biarrots font les fêtes de Bayonne, comme quoi…), je l’ignore superbement et reste concentrée sur les doigts de Nisrine. J’adore regarder les mains des gens dans leur univers (mais, c’est une autre histoire).  Nous nous régalons par les narines et les couleurs, nous plions, déchirons et dégustons les briouates déposés dans des « assiettes et compagnie ».

 

  1. C’était très bon (Merci Nisrine), la preuve en photo.
  2. C’était très chouette (Merci Béatrice)
  3. J’ai préféré vous mettre des liens vers des recettes, mais si vous préférez lire la recette de Sophie prise en photo, libre à vous.
  4. J’ai refait les recettes à la maison accompagnées d’une salade verte / feuilles de menthe fraiche et noix de cajou concassées, c’était divin.
  5. Mes photos sont moches? Ah bon, vous trouvez?
  6. Photo de couverture Grégoire Sitter (n’a rien à voir avec le cours 😉

 

 

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