{Le film du 31 décembre}

Il y a quelques années, nous avons inauguré le concept d’aller voir un film pour terminer l’année en beauté. Certains dansent, d’autres font la fête, certains vont au lit, le tout étant de faire ce qu’on a envie de faire et pas de se forcer à vivre quelque chose qui n’est pas nous, donc moi je ne me force plus et j’embarque ceux qui veulent au cinéma (le soir du 24 je les ai aussi embarqué à la messe de minuit, ça vaut un post et sur la grande roue, ça vaut un post aussi). Bref, je trouve que c’est agréable de finir l’année avec des images , voire un message et de passer le cap du bout de l’an en ayant des répliques qui résonnent à nos oreilles, des bons sentiments et de pouvoir les partager et échanger dessus tous ensemble. Tout est dans le choix du film, vous en conviendrez, mais jusqu’ici nous ne nous sommes pas trompés. Le film choisi a toujours été à la hauteur de nos espérances. Chose qui s’avère néanmoins de plus en plus difficile puisqu’il s’agit de trouver un film que personne n’a vu avant et chacun vivant sa vie de façon autonome, c’est assez compliqué.

Cette année j’avais choisi « Les animaux fantastiques », mais quatre d’entre eux l’avaient déjà vu, ils ont donc changé mon fusil d’épaule et nous sommes allés voir « Demain tout commence » de Hugo Gélin.

Il avait déjà tout bon, ce film, avant même qu’il ne débute : le titre (je voue un amour inconditionnel pour les titres de films), le casting avec Omar Sy et la superbe Gloria Colston (la petite fille), le pitch et l’idée d’un changement de vie et d’un dépassement de soi. Je savais dès le départ que j’allais pleurer, mais allez comprendre pourquoi, j’avais oublié les kleenex sur l’ilot de la cuisine. L’absence des précieux morceaux de papier  s’avéra compliqué à gérer  quand Mister T s’est mis lui aussi à pleurer. Que moi je pleure, j’avoue que dans la famille c’est assez convenu. Je suis capable de pleurer devant une pub ou d’avoir les larmes aux yeux pour le départ à la retraite d’une présentatrice de la météo que je ne regardais jamais. Que les filles pleurent ça peut arriver. Que leur père s’y mette, là en revanche c’est plutôt rare et que Mister T pleure à chaudes larmes, ça n’arrive qu’une fois par an, il est plus généreux avec ses éclats de rire. Comme nous n’avions pas de mouchoirs, il a saisi ma main et a essuyé ses larmes avec, puis jugeant que celle-ci devait être mouillée, il a empoigné celle de sa soeur pour répéter l’opération.

Diverses choses que je n’avais pas prévu au sujet de ce film :

  • que je devrais faire la traduction simultanée des parties en langue anglaise. Oui, bien entendu la traduction est écrite, mais avec un enfant déficient visuel ce n’est pas des plus simple.
  • que l’histoire de Mister T se faufilerait au beau milieu de ses questions et qu’il faudrait que j’explique (au cinéma, hein, pas après la séance) ce que c’est « un père biologique » et l’histoire de la petite graine.
  • qu’il répondrait « ah, c’est ça, mais en fait, on s’en fout » oui mon coeur on s’en fout
  • qu’il voudrait une mini porte pour rentrer à la maison, et un toboggan et une piscine à balle et un gyrophare annonçant les mails, un canapé gros ours, et qu’il voudrait habiter dans cette ville (Londres)
  • que nous en parlerions encore le lendemain lors du déjeuner à Saint Jean de Luz face à la mer et encore hier soir au moment de le couche: « En fait ce qui compte c’est qu’on se rencontre pas qu’on est obligé de s’aimer ». Vous ai-je déjà dit que ce gosse est un philosophe en puissance ?

 

 

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