{Un arc en ciel permanent}

Du coup, après la correction des devoirs hier,  j’ai cherché l’article dans lequel je vous racontais que je voyais les trucs en couleur. Vous ne pouvez pas être au courant parce qu’il a été écrit ailleurs. Je suis une blogueuse nomade. J’ai bien aimé le relire. Il m’a fait sourire et puis  maintenant que l’eau a coulé sous les ponts et que la vie a repris ses droits, que la vie est dorée et mon horizon tout bleu, j’ai eu envie de le poser ici. A la lumière. C’était une autre vie. C’était bien aussi. Surtout avec le recul.

Je me souviens, c’était il y a six ou sept ans.

J’étais en Évaluation Annuelle d’une collaboratrice.  Les évaluations annuelles, c’était un truc assez sympa (pas trop pour elles je crois) où on disait ce qu’on avait bien aimé et ce qui n’avait pas été (surtout moi, parce que j’avais beau leur dire qu’elles pouvaient me dire ce que je n’avais pas fait pour elles, elles ne le disaient jamais. Sans doute parce que j’étais formidable. Ou parce qu’elles étaient 130 et que parfois, parfois seulement, je me mettais en apnée). Ensuite arrivait le moment où elles énonçaient les projets qu’elles avaient pour l’année à venir (au boulot d’abord et dans la vie aussi, si elles voulaient en parler) et ce qu’on allait faire pour qu’elles y arrivent.( Au boulot surtout, le reste je n’y pouvais pas grand-chose.)

C’est toujours moi (encore, je frise l’égo surdimensionné) qui m’y collais parce que ChériChéri. Comment vous dire ? ChériChéri. S’énervait beaucoup. C’était follement amusant (il me rappelait Louis de Funès), (mais pas trop pour elles, je crois) alors, on avait pris la décision qu’il ne les ferait pas. Jamais (sauf en 2017…)

Donc ce jour là, je reçois une jeune femme. C’est Machine. On s’installe. Les préliminaires passés, je lui pose une première question  « Voilà, on dirait que tu es au cinéma et que tu regardes un film. Devant toi c’est la vie de (elle en fait) pendant l’année. Dis moi ce que  tu coupes au montage et ce que tu regardes en boucle tellement ça t’a plu ». J’avoue les premiers temps, elles m’ont toutes trouvée un peu bizarre, mais ce genre de questions ne peut pas faire de mal, n’est ce pas? Alors, elles en ont pris l’habitude. Elles répondaient facilement et s’ensuivaient  toute une série de questions plus « rigolotes les unes que les autres ».

A ce moment là, j’avais déjà commencé à ranger les gens par couleur. Là, je vous vois vous inquiéter. Si, si, si, ne niez pas. Je vous rassure, ce n’est pas très grave. Je vais bien. Oui je sais bien que ce n’est pas parce que je range les gens par couleur que vous vous inquiétez, mais plutôt de savoir de quelles couleurs il s’agit.

Alors voilà, je range les gens par couleur. Et les journées aussi. Et les choses. Et… tout en fait. Ma vie est un arc-en-ciel permanent. Bidule était blanche, Truc plutôt jaune, Chose carrément rouge. Mais les gens pouvaient migrer de couleur. Truc rentrait dans mon bureau, et je la voyais bleu. Aïe, la journée allait être longue, elle avait l’esprit ailleurs. Certains tentaient de brouiller les pistes en installant un rideau opaque devant eux. Ceux-là, je ne les aimais pas trop. D’autres passaient parfois du côté obscur. Je ne les aimais pas non plus, mais mon côté violet se mettait en marche. Ah! Oui parce que toute la subtilité est là, je peux aussi changer de couleur.

Je dois vous avouer que je pensais sincèrement que tout le monde voyait les gens et les choses en couleur. J’expliquais donc à Machine (qui était une de mes proches collaboratrices) comment je voyais les choses.

Et là. J’ai. Clairement. Vu. Son. Inquiétude.

Pouvait-elle fuir subrepticement de mon bureau sans que je ne la voie ? (Non).

Avait-elle la possibilité d’invoquer une envie pressante ? (Elle ne l’a pas fait.)

M’apercevant de son inquiétude grandissante, je lui dis « toi, non ? Tu ne vois pas les gens ni les choses en couleur ? » Son hochement de tête fut clair et les yeux qu’elle roulait vers la porte pour qu’elle s’ouvre en grand aussi. J’ai changé de sujet.Un peu plus tard elle a laissé trainer sur son bureau un magazine. Ouvert. Sur un article de Daniel Tammet.

Je le parcourus (qui n’aurait pas lu le journal laissé ouvert sur un bureau à côté du sien ? Hein ? Qui  ?) Je m’assis lourdement sur un fauteuil qui grinça bizarrement, la lumière du jour venait de se modifier par je ne sais quel miracle pour laisser la place à la couleur bleue.

Je venais de découvrir qu’une autre personne  voyait les gens et la vie et les moments en couleur. Daniel Tammet. Il était autiste Asperger. Dommage que mon truc à moi ce n’est pas été les maths ou les langues…

Et qu’est ce que t’aurais fait de plus si t’avais été bonne en maths ou en langue ? Je sais pas…

Pic Sergei Akulisch

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4 réflexions au sujet de « {Un arc en ciel permanent} »

      1. ça me va: c’est la couleur que j’imagine à chaque fois que je fais du yoga et que je visualise l’énergie qui circule de la racine des cheveux jusqu’au bout de mes pieds alors c’est possible que ça diffuse 😉

        Aimé par 1 personne

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