{Du gris}

C’était en Janvier 2016 que j’ai décrété que « non, je ne ferais plus de couleur ». Un an donc que ça m’a repris. Je suis une récidiviste, j’avais déjà tenté l’expérience il y a quinze ans. Et une rebelle. Ou alors surtout une rebelle.

Il y a des actes qui comptent dans la vie d’une femme. Plus encore peut-être quand son mari évolue dans la mode. Dans le milieu de la coiffure. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce c’est un « acte fondateur » blablabla, mais quand même. Au fond, peut-être.

Il y a un an, j’ai donc décidé de ne plus faire de couleur.

Avant, j’étais blonde. Mes racines apparaissaient au bout de dix jours et ces quelques centimètres dans mon miroir m’agaçaient prodigieusement.   Vous allez me dire que j’exagère, que s’il y en avait une qui pouvait faire sa couleur quand bon lui chantait, c’était bien moi. Et bien non. Je ne l’entendais pas comme ça. Pendant douze longs mois j’ai assumé mes racines grandissantes et mes longueurs et pointes blondes. Régulièrement, il y avait quelqu’un pour me dire que ce serait mieux si je les coupais courts, si je faisais ceci ou cela. Mais je ne les ai pas coupés. Je les voulais gris et longs. J’avais un peu de mal à assumer le combo gris/courts, alors que tout le monde ne jurait que par lui. C’est encore là qu’intervient mon côté rebelle. On a les rébellions qu’on peut.

Je ne suis passée par aucun intermédiaire, ni mèches ni couleur platine. C’est vous dire. Je vous laisse imaginer le regard que me lançaient mes collaboratrices quand je rentrais dans un salon. J’ai patienté et parfois failli renoncer. Mais tout ça c’est terminé parce qu’au bout d’une loooongue année, mes cheveux sont gris. Pas blancs, juste gris, d’un savant mélange qui n’appartient qu’à moi. Et pas  trop courts, un carré un peu long et massif dans lequel je me sens bien.

Reste le problème de la moderie que j’ai encore du mal à adapter à ma nouvelle vieillerie. Pour l’instant je ne m’habille qu’en noir ou en blanc. Exit le gris, exit le doré, exit toutes les couleurs, je regarde même le rose dont j’ai enveloppé mon hiver en tordant le nez. Exit toutes celles dont j’aurais aimé m’enticher mais qui ne collent plus du tout. Ou pas encore. Je ne sais pas trop.

Parce que j’ai toujours un méchant doute quand je m’habille « est ce que je fais vieille, là, ou pas ? »

Bien sûr on m’a fait des réflexions. Certaines agréables, d’autres moins, mais aucune qui ne s’efface pas devant mon sourire coloré (oui, parce que maintenant je mets du rouge à lèvres (pas rouge) un homme ayant les cheveux gris m’a dit « mais qu’est ce que t’as fait à tes cheveux » j’ai répondu « La même chose que toi. Pourquoi tu me dis ça? Toi tu as le droit de les porter gris et pas moi? »/ « J’adore cette couleur, tu crois qu’on pourrait me faire la même ? »/ « Ça vous va drôlement bien, il faudra que j’en parle à Sylvie » (qui est rousse)/ « moi, je n’oserai jamais » (une femme de 70 ans  ayant les cheveux noirs de jais)/ « Tu veux ressembler à ta mère? »/ « Tu as bien fait de le faire tant que t’étais jeune parce qu’après c’est dur » / »Ouais, tu voulais juste qu’on te remarque! » (sans doute) /

Je me demande jusqu’à quand je vais les garder tel quel avant de repasser à la couleur. Oui, je me demande. Parce que souvent, femme varie.

Ho mais heu, j’ai fait un post sur la mode ou j’me trompe?

pic by Ariane L au Regina Hôtel et spa.

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