Un an, presque

Vous approchez des un an de votre vie en vacances et tu dois bien avouer que beaucoup de choses ont changé.

Mister T d’abord. Il a des copains alors qu’avant il n’avait que des copines. Il joue au foot (gardien de but, si, si, si) et connait les mots « corner », « touche » et leur signification,  il fait du tennis (le papa de son meilleur ami est prof de tennis. C’était le truc improbable selon moi, mais « il n’est pas si nul que tu le penses, loin de là »), il fait aussi du basket, il joue à la pelote à main nue (et toi avec, les bleus dans le creux de ta main en attestent), à la pala (avec petite chérie), il danse le mutxiko (pas toi) , a pris 10 centimètres (!) et autant de kilos (non, tu rigoles). Tu attends avec impatience qu’il se mette à chanter dans un choeur basque, la main sur le coeur justement, qu’il demande à jouer au rugby, ou qu’il rentre en te disant « egun on izan nue, ez duzu? ou un truc dans le genre.

En ce qui te concerne, tu as maintenant diverses options quand t’as pas trop le moral : tu vas voir l’eau salée. Tu fermes les yeux et tu entends l’océan rugir, tel un animal contraint de rester à sa place. Tu goûtes les embruns sur tes lèvres et tu collectionnes les larmes de sirène dans le fond de tes poches. Tu vas regarder le soleil se coucher, et accessoirement boire un demi pêche, tu vas courir sur le sable en pleine tempête. Des fois, tu te crois à noël alors que tu es en mai, c’est bien fait pour toi puisqu’à noël tu portais un tee-shirt. Tu vas marcher, ah oui, tu marches beaucoup, d’ailleurs il parait que ça se voit, mais t’en sais rien parce que t’as pas tes yeux au niveau de tes fesses.

Quand il ne fait pas beau, tu te dis que c’est pas grave parce que tu habites en vacances, qu’il fera beau dans une semaine et que tu seras toujours là et comme tu as tes jolies bottes en plastique tu sautes dans les flaques. C’est un peu pathétique quand même. Surtout pour Mister T.

Il t’arrive de sortir de chez toi en espadrille. Pas les espadrilles à la mode avec talon, jolie bride sur la cheville et tout et tout. Non, les véritables espadrilles plates, que tu roules parfois sur le talon parce qu’on t’a dit que ça faisait swag (pour toi, avant, ça faisait mamie). Tu as vraiment du mal à porter des chaussures à talons, parce qu’ici tout le monde est en baskets. Tu t’en fous un peu, voire ça te plait bien, mais ChériChéri pas du tout.

Il y a beaucoup de gens qui viennent te voir et tu trouves ça super chouette qu’ils se préoccupent autant de ton moral.

Le matin, tu dis Egun on et muxus et ça ne te pose plus du tout de problème.

Tu vas au cinéma toute seule. C’est con, mais t’aimes bien ça. Personne ne te voit chialer, surtout que ton problème d’hyper émotivité s’est encore aggravé, vu que maintenant tu pleures devant « Chasseurs d’appart » ou pendant un docu sur ABBA. Par contre il semblerait que le problème que tu rencontrais avec l’école se soit calmé, vu que ton coeur ne se serre pas quand tu déposes ton fils à la grille et que tu ne pleures plus en réunion parent/prof.

Tu vas à la salle. Et depuis quelques jours tu t’en fous complet de lever ton popotin alors qu’il y a du monde. Le monde, tu le vois plus et il parait que ton popotin va bien (merci).

 

 

 

 

 

 

Publicités