Vendredi confession, c’est reparti!

Cette année, je découvre certains petits bonheurs  liés à mon activité professionnelle. Et ça pique un peu.

  1. Je travaille.
  2. Certains ne comprennent d’ailleurs pas que j’appelle mon activité, un travail. Je cherche à lui trouver un autre nom, mais mes enfants et mon mari m’assurent qu’on s’en fout des autres. J’avoue que j’ai du mal avec ce concept (de s’en foutre des autres). D’ailleurs j’ai du mal avec beaucoup de concepts en ce moment, la cinquantaine, l’amitié, la pluie, l’automne en hiver. Excusez ces digressions.
  3. Donc : je travaille / À la maison.
  4. Certains ne comprennent pas que ces deux petits mots puissent fonctionner ensemble.
  5. Je répète donc : je travaille à la maison.
  6. Si certains ne comprennent pas, mon mari en revanche  a compris ce que ça impliquait :
    • je ne fais pas les courses en dehors des jours que j’accorde à cette activité (le samedi de 11h à 12H), le reste du temps je travaille.
    • je ne repasse pas, si ce n’est au bout de trois semaines quand personne n’a plus rien à se mettre et que je n’ai plus de place pour poser le linge en attente, parce que le reste du temps, je travaille.
    • Quand on veut me joindre, il vaut mieux me laisser un message . Autre solution m’appeler trois fois de suite. Sinon il y a de fortes chances (risques?) que je réponde pas (ou seulement le soir après vingt heures)
    • Mon porte feuille se porte bien, vu que je me tâte pendant trois semaines avant d’aller faire du shopping et que le jour où je suis décidée il pleut/  J’ai pas envie de bouger la voiture/ et puis, j’ai du travail.
    • la salle à manger, le salon et la cuisine sont « mon bureau » et ne peuvent être mis en ordre sans un document signé de ma main en triple exemplaire, parce que toutes ces pages: Ok, vous avez compris : c’est du travail.
    • Quand ChériChéri me demande de faire du public relations (sourire et être une potiche dans un dîner/cocktail/soirée auprès de gens dont les conversations m’ennuient et auxquels je réponds par hochements de tête et des onomatopées), que je fouille dans mon agenda à la recherche d’un autre rendez-vous (mais je n’ai jamais d’autre rendez-vous), bien souvent il renonce à ma présence. Tout seul. Comme un grand. « C’est pas grave dit-il, ce n’est pas important, (je lui avais bien dit!) et puis tu as ton xxx » (remplacez les x par le mot qui convient)
  7. Je refuse d’écouter  toutes les phrases commençant par « est-ce que tu pourrais » non, je ne peux pas plus que toi.
  8. Je n’aime pas trop quand on dit de mon travail que c’est un projet. Non, j’aime pas trop.
  9. Les regards lourds de sous-entendus quand les voisins passent devant la maison et qu’ils me voient sur l’ordinateur. Au choix ils se disent que je suis une geek/ une fainéante/ une mauvaise mère. Peut-être qu’ils ne se disent rien et qu’ils secouent la tête en pensant à Mister T aux prises avec la folle que je suis. Il faut dire que je passe 125 fois ma main dans les cheveux (ne m’appelez-pas MLP), que parfois je ris toute seule. Et même, je pleure. Mais ça, c’est quand je n’arrive à rien ou que Marie (Marie c’est elle) est émue. Du coup je le suis aussi.
  10. Certains me disent « de toute façon, tu ne peux pas travailler 8 heures de rang à cette activité, tu dois avoir plein de temps disponible maintenant » Bien souvent je ne dis rien, mais si tu veux, viens passer une journée avec moi et tu verras si je ne reste pas huit heures (8 heures) assise à ma table. Mes gosses ont testé et finalement ils préfèrent aller à l’école, même quand ils sont malades (mon bureau = le salon = pas de télé)
  11. Du coup quand les gens me voient lire, ils s’écrient « mais là tu ne travailles pas! » Si je travaille, et c’est du temps non encore comptabilisé dans les huit heures, attends, je le rajoute.
  12. J’aime moyen les regards des animateurs qui me voient arriver à l’arrache, les yeux exorbités et les cheveux dressés vers le ciel comme des antennes. La discussion que j’ai eue avec l’une d’elle dans la semaine, au sujet de la cantine (à laquelle Mister T ne veut plus manger) en est un parfait exemple : « de toute façon, si vraiment ça ne s’arrange pas, vous êtes à la maison… » (Tout est dans les points de suspension) Et moi, de me tortiller, de tordre mes doigts (des fois, je me saoule moi -même) « oui, mais enfin, je travaille à la maison » (j’ai bien appuyé sur le mot travaille) et son haussement d’épaules et de sourcils qui s’en sont suivis m’ont  laissé perplexe. Les épaules, j’aurais compris, les sourcils, beaucoup moins.
  13. Et tout ça, Mesdames et Messieurs, pour des clopinettes, parce que ce n’est parce que tu écris, qu’un jour tu seras publiée (mon nouveau mantra) (à se répéter en boucle de six heures à vingt heures)
  14. Ah, oui je vous l’avais dit : ça pique !!

Belle journée en automne!