Dix jours sans écran

J’ai toujours été fascinée par les gens qui n’avaient pas de télévision chez eux. Je les imaginais parler autour de la cheminée (allumée, la cheminée) ou refaire le monde confortablement installés sur des fauteuils (en rotin, les fauteuils) sur la terrasse. Je me suis vite rendue compte que s’ils n’avaient pas la télévision, ils avaient des écrans. Le père du meilleur ami du Gars en Or par exemple, se levait la nuit pour affronter des « amis » sur des jeux en réseau. J’étais estomaquée, jamais je ne m’étais levée pour regarder la télévision.Chaque enfant avait un ordinateur dans sa chambre et il n’y avait en fait aucun moment où ils étaient ensemble (vraiment ensemble). Nous regardions la télévision, soit, mais tous ensemble et j’étais persuadée que c’était moins pire. Et puis les autres écrans sont arrivés.

Aujourd’hui, la présence des écrans est partout : ordinateurs, tablette, smartphone, montre connectée, appareils ménagers et tout est fait pour que les passages sur les écrans et nombreux réseaux sociaux soient une activité addictive/prenante/dévorante. Les concepteurs se foutent totalement de santé publique, ce qui les intéresse ce sont les profits financiers et même s’il est important de vivre avec son temps, la trop grande présence des écrans force à réfléchir. Il est bien difficile de dire où l’écran commence et où il s’arrête.

Je me suis dit : et si on ralentissait ?

Tout de suite, j’ai été confrontée à un problème de taille : comment expliquer à Mister T que, oui, j’étais sur un écran, mais que non ce n’était pas pareil. « Mais, toi aussi, Mam tu es sur l’écran ». Il a raison, mais ce n’est pas pareil (hein? que ce n’est pas pareil). Je me suis imaginée écrire sur du papier avec un stylo (horrible), dicter mon texte sur un enregistreur (j’ai vachement l’accent en fait = horrible), lire des vrais livres avec des pages qui tournent (?!). Ce truc commençait vraiment à me prendre la tête.

Dix jours sans écran, c’est pourtant le challenge que ce sont lancés les élèves d’une école d’Urrugne. Les enseignants se sont intéressés au Projet Défi de la Dizaine initié  par le québecois  Jacques Brodeur qui consiste à remplacer les écrans par des activités de rencontre et de découverte. Les enfants ont donc rencontré des artistes, des associations, se sont essayés à la musique, au sport et à de nouvelles façons de faire pour prendre du recul par rapport aux écrans. Pour avoir discuté avec une maman, ce que les adultes ont compris, c’est que cette prise de recul passait par eux, les parents. Nous râlons souvent sur les enfants, mais nous ne faisons pas mieux qu’eux. Si nous voulions qu’il ralentisse, nous devions ralentir aussi. Le smartphone ne nous servira qu’à téléphoner et envoyer des messages et pas à regarder la temps qu’il va faire dans une heure, ni à trouver un magasin dans une rue, ni à écouter la musique. Il nous servira peut-être à prendre des photos. Peut-être. Terminé la lecture des mails en continu, l’œil sur la vie des autres, il s’agira de nous concentrer sur la nôtre.

Nous allons commencer par des week-end sans écran (sans ordinateur, sans téléphone, sans tablette, heureusement nous n’avons pas d’appareil ménager connecté) mais, comme nous sommes petits joueurs (savez-vous que je déteste les jeux de société?) nous garderons la télévision uniquement allumée après 18h00 (comme quand j’étais petite et que les programmes débutaient à cette heure là. Elle nous servira à regarder des films que nous aurons choisis ensemble. Exit les programmes qui ne nous satisfont jamais tout à fait ou les infos qui nous terrifient. Nous croisons les doigts pour qu’il fasse beau.

voici une pub hilarante de ce que serait un monde en cas de coupure de nos applications sur nos smartphones. Pourvu que mes week-ends ne tournent pas à l’apocalypse!

Et vous, seriez-vous prêts à lâcher vos écrans ?