Et la rentrée

Cet été, on a cherché le cartable idéal entre les gouttes de la pluie estivale. On a sauté dans les petits miroirs qui décoraient nos rues. On s’est abrité pour lécher la glace à la rose et à la violette. On a sciemment perdu notre temps, il nous en restait tellement.

On a trié les crayons et les feutres pour fabriquer des familles recomposées. On a trouvé le tee-shirt sensé le transformer en super-héros de la rentrée, et quand on a eu terminé on est allé regarder  l’océan.

Dans son cartable j’ ai fourré ses rêves, et un peu des miens aussi, il a rangé son classeur et chargé l’ordinateur. J’ai mis un paquet de kleenex et il a souri en secouant la tête. Il m’a fixée de ce regard en biais si caractéristique à l’intérieur duquel je ne sais pas toujours tout lire.

Ce matin, je lui ai mis le sac sur le dos. Il s’est un peu débattu, arguant qu’il allait le faire tout seul. Je me suis dit qu’il avait beaucoup trop grandi. Qu’il n’était plus, mon tout petit. Dans son regard je vois déjà le pré ado qu’il sera. Et l’homme dans ses manières.

On a repris la route en comptant nos pas sur le trottoir. Lui devant et moi derrière. Au bout de quelques pas il a rebroussé chemin pour glisser sa main dans la mienne. « ça va aller maman ».

Après l’avoir déposé, j’ai poursuivi ma route sur le trottoir et me suis immergée dans la ville et son brouhaha, au milieu des gens pressés, des maraichers qui déchargeaient et des livreurs qui maugréaient. J’ai ajusté mes lunettes de soleil sur mon nez et j’ai déambulé. Je me suis achetée des crayons à paillettes dans une jolie trousse en cuir. Et un bouquet de fleurs. Il me fallait bien ça.

J’ai ouvert un nouveau carnet. J’ai mordillé ma lèvre et tapoté la veine qui sépare mon front en deux parties distinctes. Dehors l’oiseau rieur dont je ne connais pas le nom a recommencé à se moquer de moi.

J’ai regardé l’heure.

Plus que cinq.

 

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