Du sable dans mes converses

J’ai marché sur la plage et resserré ma veste rose autour de moi. J’ai râlé quand des grains de sable ont commencé à venir se loger entre mes orteils, mais je n’ai pas eu le coeur à ôter mes baskets. Le sable était mouillé, léché par la marée descendante. Et puis j’avais la flemme. Et il y avait du vent. On n’allait pas rester longtemps. Et puis, ce n’était pas très grave.

Une heure et demi après, j’ai tapé bien fort les semelles avant de remonter dans sa voiture. Il n’aime pas y trouver du sable. Je lui ai souri. Il a dit « t’aurais pu enlever tes chaussures » pendant qu’il frottait consciencieusement ses pieds avec une serviette éponge verte. Je n’ai rien dit quand aux morceaux de coquillage, les larmes de sirène et les petits cailloux qui dormaient dans mes poches. J’ai levé les épaules, j’ai tourné la tête vers l’océan qui disparaissait et fait semblant de m’assoupir. Il a posé sa main sur ma cuisse. Il se peut qu’il ait compris que je transportais avec moi une partie de l’été.

En rentrant à la maison j’ai rangé mes converses tout en haut de l’armoire, déposé les cailloux sur l’étagère et les coquillages et autres verroteries dans le grand vase de l’entrée. Cuvée 2017.

D’ici quelques semaines je vais rattraper mes converses. Je glisserai mes pieds à l’intérieur. Il n’y aura plus de sable sous mes semelles mais toute la journée je sentirai les grains crisser sous la pression de mes plantes de pieds. J’irai peut-être fouiller dans une poche de la veste rose, et en ressortirai quelques grains collés à mes doigts. Il restera le souvenir de ce moment.

 

Pic by Luisa Azevedo from Unsplasch

 

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