Mon instagram

Récemment j’ai lu plusieurs articles sur Instagram. Il y a eu celui sur le feed instagram d’une blogueuse dans lequel elle disait qu’il ne serait jamais cohérent, jamais vraiment beau parce qu’elle n’avait pas de temps à y perdre, parce qu’elle avait sa vie à vivre. Il y a eu tous ceux qui râlaient sur les dérives d’Instagram, et ceux encore qui étaient en colère parce que les algorithmes avaient changé et qu’il était donc très difficile d’avoir une visibilité.

Bon, moi, j’aime Instagram. Je ne suis pas assez calée pour avoir remarqué les changements d’algorithmes (même si je n’ai pas compris pourquoi Insta s’est mis à me proposer  des photos d’appareil dentaire en suggestion)(mes dents sont parfaites), et longtemps j’ai cru que les Instagrameuses  avaient juste de la chance de faire des photos sublimes (je n’ai compris que tard, qu’en fait, elles y passaient un temps fou, voire que c’était leur job).

C’est comme ça, je n’y peux rien, malgré tout, je continue à l’aimer, mais si je l’aime, c’est aussi parce que je n’oublie pas de garder un maximum de recul et de rabâcher autour de moi, qu’il faut être très lucide vis-à-vis de lui, parce que quand même, Instagram c’est une magnifique usine à complexes qui voudrait bien te faire croire que (au choix, rayez la mention inutile):  t’es grosse, t’as de la cellulite et du ventre et des hanches, mais des petits seins / t’es fainéante parce que tu cours pas 35 kilomètres par semaine / t’es une mère indigne qui ne fabrique pas des trucs de dingo de ses dix doigts/ t’es une mère indigne parce que tu mets tes enfants dans ton feed ou parce que tu ne les mets pas /  t’es nulle parce que t’habites pas là où il faut/  parce que tu pars pas en vacances à l’autre bout du monde/ parce que tu manges des plats qui ne sont pas instagramables ( c’est à dire cuits) / parce que tu ne passes pas ton temps à boire des cocktails/ ni à courir les boutiques et à étaler tes achats sur le lit/ parce que t’as pas de cactus dans ton salon, ni de piléa/ et qu’en plus ton chat est noir et pas du tout photogénique (donc tu passes à côté de milliers de j’aime, parce que, comment dire, les cactus et les chats sont très aimés par la communauté IG) / t’es nulle parce que ton instagram il n’est pas beau (il n’y a qu’une phrase là, ou je rêve?)

En plus des précédents complexes, Instagram est heureux de t’offrir un fabuleux sentiment de solitude à regarder tous ces gens s’aimer et faire la fête et avoir des milliers de like. Toi tu sautes de joie quand tu as douze cœurs.

Mais sache qu’on ne te dit pas tout : sur IG, tu ne vois pas le héros se brosser les dents, ni faire caca (ce qu’il fait pourtant au moins une fois par jour) ni s’engueuler avec ses gosses ou son mari voire les deux, avoir un bouton au milieu du front ou du menton, voire les deux!

En même temps, comme je le dis souvent, personne ne t’oblige à regarder la vie des autres. Oui, mais alors, ça sert à quoi Instagram?  Tu peux faire comme moi, t’en servir comme d’un journal-album(imparfait) sur lequel tu aimeras revenir. (Aka la fille complètement folle qui passait plus de temps à regarder ses photos que celles des autres (Master TB en regardage de nombril). Tu peux aussi aimer IG  parce que c’est la possibilité d’échanger avec tes enfants (qui sont loin), tes amies (qui sont loin) et ta famille (vous savez où elle est) des petits instantanés de vie, une sorte de fil d’Ariane pour ne pas se perdre en route.

Jusqu’à il y a quelques semaines mon feed (fil, flux, comme vous voulez) c’était du grand n’importe quoi : pas de filtre, pas de thématique, des photos pas travaillées, une luminosité merdique. Et puis je ne sais pas ce qu’il s’est passé, cela fait quelques semaines qu’il y a une espèce de tonalité qui s’en dégage. Et je ne peux même pas dire que je l’ai fait exprès (enfin au début parce que du coup, maintenant, j’hésite à poster une photo, des fois qu’elle n’irait pas dans mon mood)(la plupart du temps, ça me prend deux heures et je lâche tout).

Alors voilà, je suis passée du côté jaune vieillot de la force et paf, en un rien de temps, je suis tombée dans la troisième dimension de celle qui avait un feed cohérent.

Ah!! sortez-moi de là!

Dès demain, un retour à la normale de mon fil instagram est à prévoir, avec des bêtises, des photos moches, pas cadrées et peut-être même floues, mais de la vie!

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