Le rendez-vous des blogueuses

C’était l’histoire d’une fille (elle, elle dit fille, mais vous allez voir que la suite lui réserve quelques surprises) qui voulait rencontrer des gens

La veille 15h43 : Ce moment où elle décide de sortir de sa tanière (parce qu’elle n’avait plus rien à corriger) (comment se fait-il que ses relecteurs n’aient pas encore terminé le livre?) (si ça se trouve ils détestent, ils l’ont foutu à la poubelle et elle ne les reverra jamais parce qu’ils n’oseront jamais lui dire que son truc, c’était nul). Ce moment où elle se dit qu’elle a besoin de rencontrer du monde, voire de se conforter dans ses choix. Ce moment où elle est pleine d’espoir.

La veille 15h45 : Ce moment où elle a cliqué sur « j’y vais » et que tout un tas de pensées l’assaillent (qu’elle se lève et qu’elle se met à tourner dans son bureau)

La veille 17h 00 : Ce moment où elle ne sait absolument pas où se trouve le lieu indiqué sur l’invitation (de toute façon elle sait très bien qu’elle n’ira jamais toute seule (sauf s’il y a Grégoire) (mais Grégoire n’est pas une blogueuse) (allez voir vendredi confession#3 si vous voulez comprendre mais le lien ne fonctionne pas) (un souci avec WordPress 😉

17h15 : Ce moment où elle se décide à envoyer un sms à une amie : « Dis, tu as vu le before work demain, tu voudrais pas y aller avec moi ? »

17h43 : Et ce moment délicieux où elle lui répond « avec plaisir. »

17h46 : Ok je serai au rv 10 minutes avant, (à 9h20) pour ne pas te faire attendre

17h46 : Je prendrais un café, si tu veux t’as qu’à m’y rejoindre.

18h : Ce moment où elle fait trois pas en arrière : « je verrais, c’est gentil » (mais, tu sais, elle et sa timidité, elles ne sont pas vraiment certaines de trouver le chemin du café)

Le lendemain matin, elle est prête à 8h et elle tourne en rond trois quarts d’heure pour attendre l’heure du départ (il n’y a plus aucune chaussette qui traine, aucun verre usagé ayant échappé à sa vigilance, ni rien en fait).

Elle finit par partir et elle marche, parfois sur le trottoir, parfois sur la voie cycliste, elle a traversé en dehors des passages piétons deux fois et  aidé une mamie à traverser. Elle a inventé des histoires aux avocats qu’elle croisait, courant avec leur robe sur le bras (sa vie est fantastique). Après avoir fait des pas de fourmis, essuyé ses mains à l’intérieur des poches de son imper (ouais, elle a acheté un imper, le premier de sa vie !) (mais elle n’avait pas mis ses bottes de pluie) (il pleuvait pas), et remis douze fois sa barrette en place, elle arrive en vue du café où elle la voit attablée.

C’est bien sa veine ils sont cinq.

Elle ne connais qu’elle. Et si elle allait retirer de l’argent ? (c’est mieux si tu veux prendre un café lui souffle une petite voix) (mais je prends jamais de café qu’elle répond )(et si jamais t’avais envie d’un thé ?) (c’est pas comme si t’avais pas croisé cinq agences bancaires sur ton trajet). L’un d’entre eux la voit passer. Comment  va-t-elle faire pour revenir ? On verra plus tard. Elle prend l’argent.Elle a quand même plus de vingt minutes à attendre et elle ne sait même pas où c’est. Elle retourne au café. C’est tout vu, elle n’a pas envie d’attendre debout à l’angle des halles. « Bonjour » « bonjour ». Bavardage (surtout eux, hein ? Parce que elle, elle a choppé une extinction de voix) Et puis finalement elles se rendent au RV des blogueuses, histoire d’apprendre à prendre en mains WordPress. Elle croit qu’elle est nulle en wordpress (cf plus haut)

9h30 : Bonjour / Bonjour/ présentation de l’animateur mais pas des participants. Ils sont  9. Et devinez quoi ? Elle est la plus vieille. Ok elle aurait pu dire « âgée » mais non, je vous assure, elle est la plus vieille. Tout le monde se tutoie mais on la vouvoie et en plus on l’appelle « Madame ». Finalement, elle pense à cet autre rendez-vous, à l’opposé de la ville. On lui sert un jus pastèque pomme. Trop tard, ses doigts ont saisi le verre et voilà qu’elle goûte. Elle ne peut plus s’enfuir.

9h32 : Elle attrape un truc pour écrire (un carnet moleskine noir. Oui, elle sait, c’est très original), Elle adore les carnets des autres. Il y en a une qui a un bullet journal formidable (tiens, si elle s’en faisait un / non finalement), une autre a un mignon carnet rose (mais si petit qu’un seul de ses mots passerait sur les lignes), il y en a un qui a son ordi. Elle aurait peut-être du venir avec le sien ?

9h35 : Comment faire un site WordPress ? Elle ne s’est jamais posé cette question. Elle a cliqué sur « créer son site », choisi le thème et c’était parti. Elle a placé (judicieusement ou pas) quelques widget/plugin/extension et a commencé à écrire. Elle a même mis un temps certain avant d’illustrer les posts avec des photos dignes de ce nom.

9h40 : Son truc, ça lui paraît vraiment obscur. Elle les voit écrire et écrire. Sa page de carnet reste plutôt blanche. Elle a dû louper un truc.

9h50 : Mon dieu il faut qu’elle arrive à se réveiller. Déjà qu’ils la prennent pour une vieille, imagine si elle se met à bailler « Mamie est fatiguée ? »

10h00 : Elle émet une idée (parce qu’elle en voit certaines assez larguées) « Je ne comprends pas trop pourquoi vous voulez passer directement au .org (lire point org). Vous pouvez toujours commencer par du .com (lire point com) et voir après. » (Ah oui, c’est technique)

10H01 : Parce que c’est mon métier de créer des sites pour les gens.

10h01 : (oui ça se tient !)

10h01 : Et parce que c’est gratuit.

10h02 : « Le wordpress.com peut être gratuit aussi. Et ça vous permet de voir si votre contenu peut intéresser des gens. D’abord vous êtes en wordpress.com et ensuite vous passez en .com (non, mais faites-la taire ! De quoi elle se mêle !)

10h03 : La jolie jeune fille à côté d’elle la fixe de ses grands yeux genre « qu’est-ce qu’elle a la vieille » (j’exagère peut-être un peu) (à peine).

10h25 : (elle ne sait absolument pas où elle est passée pendant tout ce temps.) « L’important avec un site c’est qu’il ne mette pas plus de trois secondes à s’afficher, sinon il est déclassé par Google. Madame (glurps+grand sourire) on peut voir avec votre site (re glurps, où s’est donc enfui son sourire ?) Elle donne le nom du blog (il est nul ce nom, n’importe quoi, mais qu’est-ce qu’il lui a pris de venir ici ?)

10H26 : « Parce que l’important voyez-vous c’est que le nom s’affiche dans les premières suggestions (bon, en fait, son blog s’est affiché dans les suggestions dès qu’il a eu écrit fromb) et il n’a pas mis plus de deux secondes à s’afficher (fierté égo centrée d’elle-même) (+sourire XXL) (si elle n’avait pas eu les cheveux attachés, elle les aurait balancés à droite et à gauche) (heureusement qu’ils étaient attachés) (Regard en biais de l’animateur.)

10h30 : « Après, il y a les statistiques » dit l’animateur (ouais, elle n’a pas cru une seule seconde à leurs têtes étonnées à cette évocation) (les blogueurs savent ce que sont les statistiques) « après, il faut en sortir » rajoute t-il (elle en sait  quelque chose) .

10h31 : Il clique sur les siennes via Google analytics. Un chiffre s’affiche pour la période donnée (depuis plusieurs jours). Il est content. Elle clique sur les siennes (qu’elle peut suivre en effleurant son téléphone) ( quand elle vous dit qu’il faut en sortir) et elle aussi, elle est contente ! (son chiffre correspond aux siennes depuis 8heures du matin).

10h32 : Regard circonspect à son égard genre « qu’est-ce que vous faites là, Madame ? »

10h35 : Bon allez, elle file, bonne journée ! Auto congratulation personnelle à son égard (ouais de temps en temps ça fait du bien)

Pic by bookblock via Unsplasch

 

 

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