Et vous, vous êtes fidèle?

Dans la vie, je suis plutôt quelqu’un de fidèle. Je ne suis pas de celles qui changent facilement, et ça marche pour tout un tas de choses.  Par exemple ça marche avec le parfum. J’aime bien être cette fille dont le sillage pourrait être son essence. Alors avant de changer de parfum je fais trois pas en avant et je recule illico. Parce que changer de parfum, n’est-ce pas aussi se changer. Nous ?

Quand je porte porte un parfum, si je le porte pour les autres, c’est surtout pour moi (d’abord) que je le choisis, pour refléter un moi le plus authentique possible (là, je sens que je vais vous perdre), qu’il m’embarque loin (dans mes souvenirs ou dans une contrée lointaine) ou qu’il me ramène au plus près de moi. Et pas pour ressembler à la fille sublime qui grimpe à une corde avec une robe en lamé doré. Il y a dans le choix d’un parfum l’idée que mon odeur peut refléter celle que je suis. Et je vous assure, je suis bien incapable de grimper sur les toits de Paris et de faire s’allumer la tour Eiffel.

Adolescente j’ai porté Grey Flannel (le parfum de mon père que j’ai refilé à deux de mes amoureux) puis jeune maman ce fut FlowerbyKenzo (celui dont mes deux grands doivent se souvenir). Puis j’ai porté « J’adore » (celui de la fille en robe dorée) assez peu de temps parce que je n’aimais pas le sentir sur quelqu’un d’autre et puis je suis passée à  « Fleur d’oranger » de Fragonard et paf. Je suis tombée en amour de cette odeur des crêpes de mon enfance qui me colle tellement à la peau. Si bien que quand j’annonce que je vais en changer, les gens qui m’aiment roulent les yeux, effarés. Entre lui et moi c’est une histoire d’été. Le jour de notre rencontre,  sur la côte d’Azur, il faisait chaud et beau. Je lui ai peut-être dit qu’il était le parfum de ma vie, que je ne le quitterai jamais (longtemps), qu’il serait toujours dans ma salle de bains et de son côté, il ne m’a jamais fait faux-bond et  je ne compte pas le nombre de fois où on m’a demandé ce que je portais comme parfum.

Mais depuis quelques mois, je sens que j’ai envie de passer à autre chose. Je le regarde le matin, et puis je m’éloigne sans l’avoir vaporisé. Je crois bien qu’il ne me correspond plus autant, parce que j’ai modifié de trop nombreux paramètres à ma vie ?Ou parce que je ne le sens plus quand je le porte ?

Cet été, GrandeChérie m’a fait essayer les parfums Tom Ford, Soleil Blanc et Neroli Portofino. Ces tentatives d’infidélité étaient en vérité destinées à me trouver un autre parfum. Portés en vacances, j’ai bien compris qu’ils ne survivront pas à l’arrivée de  l’automne. C’est le problème des amours de vacances me direz-vous.

Et donc, je suis repartie à la recherche de cette partie de moi qu’est mon parfum.

Ce matin, j’avais quelques minutes à perdre avant un rendez-vous et j’ai franchi la porte d’un parfumeur. Je me suis attardée sur les parfums de « L’artisan Parfumeur ». Premier choix « histoire d’orangers » (oui, je sais j’aurais pu sortir de ma zone de confort, mais qui a dit qu’il fallait le faire?), puis « chasse aux papillons » (Non, ne sautez pas de joie, il y a de la fleur d’oranger dedans). Je me suis parfumée avec le premier (ce qui n’arrive jamais, d’habitude, je me contente d’asperger les petites languettes en papier). J’ai peut-être eu la main un peu lourde parce qu’en arrivant au rendez-vous, la personne m’a dit « qu’est-ce que vous sentez bon. C’est quoi? »

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Ai-je trouvé mon nouveau parfum ?

Et vous, quel est votre parfum fétiche?

Pic by Daria Nepriakhina from unsplasch

Merci pour vos commentaires à l’article d’hier et à vos propositions. Je reviens vers vous très vite. Enfin, très vite… dès que mon correcteur a terminé les quatre chapitres qui lui restent.

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