Comment écrire un livre ?

Je crois que, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai commencé une nouvelle catégorie d’articles sur ce blog : L’écriture, pourquoi, comment ? Vous comprendrez sans doute le moment venu pour quelles raisons je me suis attelée à cela, mais pour l’instant, laissez-vous faire, on fait le chemin ensemble.

Voici donc la première question,  qui m’a été posée dans un précédent commentaire et tout à fait transposable à une autre activité de votre choix : faire la cuisine, jouer du violoncelle, faire du sport ou tout ce que vous voudrez. Tant que tu ne te mêles pas de mode, me direz-vous, tout va bien!

Alors, comment tu as fais pour trouver le temps ?  Parce que moi, j’ai pas le temps!

L’histoire du manque de temps, avec le recul, j’ai plutôt tendance à dire que c’était ma meilleure excuse. Le truc du « j’ai pas le temps, j’ai les enfants/j’ai pas le temps, je bosse/j’ai pas le temps, j’ai poney, » ça allait un moment. Il a bien fallu regarder ce fichu temps dans les yeux et lui faire comprendre qui de nous deux était le boss (moi).

Au début (pendant environ huit ans) j’ai mis le réveil à 6h et j’ai écrit tous les matins jusqu’à 7h30, ensuite je courrais dans la maison pour que tout le monde soit prêt au moment du départ (7h/ 8h/ 8h20) (et ça me permettait sans doute de conserver ma ligne) (je cours beaucoup moins aujourd’hui) (voilà, c’est ça). Puis je courrais toujours  jusqu’à l’école/collège/lycée/ et je me fondais dans ma vraie vie du bureau où je trouvais encore quelques possibilités de courir.

Il y a eu aussi ce moment où j’ai béni mes insomnies car elles m’ont donné la possibilité d’écrire deux ou trois heures supplémentaires. J’ai dans le même temps espéré (en vain) tomber malade.

Il y a peu de temps j’ai rencontré par l’intermédiaire de Delphine une jeune femme qui écrit du théâtre. Elle m’a dit « je ne sais pas comment tu fais, moi aussi je travaille à la maison, mais j’ai toujours autre chose à faire ». J’ai hoché la tête et souri. Ce n’est qu’après, que j’ai réfléchi à ce que j’avais fait pour trouver le temps (de faire du violoncelle, du sport, écrire et tout le reste)

  1. Caser du temps le matin tôt (réveil à 6h, rien que de le dire, c’est fatigant!), mais le matin on est normalement plus frais, ou tard le soir (impossible pour moi qui ne suis qu’une larve passé 21h30). Pour écrire c’est facile, jouer du violoncelle à 6h du matin avec une maison remplie c’est beaucoup plus délicat, mais ça fonctionne avec lire, faire du yoga, du sport, courir, peindre, dessiner, coudre, tricoter. Bref vous avez saisi l’idée de base. Il faut trouver du temps pour soi.
  2. Mettre en place un rituel qui dit à votre corps et à votre esprit : « ça y est, c’est le moment on va y aller ». Même principe que quand on se met en pyjama (normalement c’est avant d’aller au lit) pour conditionner son esprit à ce qui l’attend . Il y en a pour tous les goûts : allumer une bougie, se faire un thé, s’assoir au bureau , enclencher la musique, enfiler une tenue de sport, ouvrir les volets.
  3. Prioriser et rayer des plages horaires consacrées au projet, quand le matin ne suffit plus, plages horaires qui ne prendront pas le pas sur le travail (entre midi et deux pour moi) pour avancer et ne faire que ça. La discipline ne sera pas une réelle difficulté pour vous (normalement, parce que quand on veut, vous connaissez la suite) le problème viendra des autres qui voudront manger avec vous/aller faire une course ou deux/ vous faire relire un courrier ou un mail/ eux qui auront absolument besoin de votre avis, là tout de suite, maintenant.
  4. La suite n’engage que moi et n’est peut-être pas adaptable à d’autres activités que l’écriture: laissez travailler votre esprit tout seul.  Donc quand il a besoin de réfléchir, faire des tris entre plusieurs possibilités de la plus haute importance au sujet de « mon projet », je repasse. Je ne suis pas experte en la matière, mais pendant le passage du fer à repasser sur le tissu, mon esprit se désencombre. (il n’y a pas que moi qui ai l’impression de vivre ça?)(rassurez-moi) ChériChéri dit que c’est dommage que mon esprit ne soit pas plus souvent encombré, ça lui éviterait d’attendre une chemise pendant trois semaines.
  5. Chérissez la routine (si, si, si) qui elle aussi désencombre l’esprit de savoir ce qu’on a à faire, à quelle heure, avec qui, pour quoi. La routine n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense.

 

 

 

Publicités