Une apparition de Sophie Fontanel

Avant même que le livre paraisse, je savais qu’il existait parce que, Sophie et moi, nous avions entamé la même histoire sensiblement au même moment. De temps en temps j’allais jeter un oeil sur son Instagram pour voir où elle en était. Pour moi c’était une rechute, pour elle c’était une nouveauté. Pourtant, je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse écrire sur le sujet. Depuis le jour de sa parution il y a dans ma Kindle « une apparition » de Sophie FONTANEL.

Je n’ai pas de tendresse particulière pour le personnage. Je la trouvais tellement plus fantasque que moi que j’étais persuadée que nos vies étaient diamétralement opposées et que nous ne pouvions pas avoir grand-chose en commun. Ce qui doit être vrai, si ce n’est  maintenant une couleur de cheveu. Elle, elle dit « blande », mois je dis « grise ». Appelons un chat, un chat.

Une apparition, c’est une histoire de couleur, d’amour et de prise de conscience. Mais pas que. C’est aussi une histoire de vieillir, de regard sur soi et les autres.

« Une apparition » n’est pas un roman, c’est plutôt une histoire de vie, un blog dans lequel Sophie Fontanel raconte les différents avis des gens qui l’entourent. Un journal intime dans lequel il y a du beau monde. Il y a ceux qui donnent leur avis, ceux qui accompagnent, ceux qui ne comprennent pas, ceux qui ont des avis sans appel, ceux qui attendent pour voir.

Je me suis amusée parce que je m’y suis retrouvée. Comme moi elle veut les proter blanc ET longs. Comme moi elle a été confrontée aux injonctions et à la pression du milieu dans lequel nous évoluons. Je me souviens avoir rencontré Mr Provost (Francky pour les intimes) alors que j’arborais une couleur de cheveux improbable. Il a regardé « ça » d’un œil circonspect. Je me souviens avoir pensé « ho, mon dieu!… mais pourquoi, pourquoi maintenant? »  et m’être dit presque simultanément « et alors, après tout » et avoir relevé le menton et planté mes yeux dans les siens.

IMG_0282

Comme moi, elle a été confrontée à un homme aux cheveux blancs qui lui demandait ce qu’elle faisait avec ses cheveux, comme si les femmes n’avaient pas le droit, elles aussi, à faire ce qu’elles voulaient de leur tête.  Comme si elles n’avaient pas le droit, elles aussi, de vieillir. J’ai revu sa femme cet été, elle m’a dit avoir commencé à faire comme moi « pour voir » a t-elle rajouté. Il a levé les yeux au ciel.

Alors, je crois bien que tout au bout de cette histoire de couleur de cheveux, il y a ce sentiment qu’on se fiche finalement du regard des autres. Je pense que c’est ce qu’on appelle la liberté. Je ne l’ai pas éprouvée quand j’ai commencé à avoir les cheveux blancs, mais il y a dix ans, quand j’ai porté les cheveux très très courts. Je n’étais plus dans la séduction (avec les hommes mais pas que), ni dans un rapport de force (avec les femmes mais pas que) et j’ai trouvé ça, vraiment reposant. Ma féminité ne regardait que moi.

Oui, bon la photo est floue, mais à ma décharge je ne suis pas très douée pour les selfies. Je porte une jupe plissée Sézane dont le motif a été dessiné par qui vous savez qui va parfaitement bien avec mes cheveux gris. Je trouve en tout cas.

 

 

Publicités