Vis ma vie de Bayonnaise

Oui, je sais, l’année dernière je vous ai fait râler. Je me souviens. Il y avait des ciels bleus des roses et mêmes des violets, il y avait des gambettes sur la plage, un tee-shirt en plein mois de décembre pendant nos cap ou pas cap. Oui, oui, je me souviens très bien. Attendez un instant, j’attrape les mouchoirs.

Cela fait quatre week-end que ChériChéri se lamente sur le temps qu’il fait. Inutile de vous dire que moi aussi, mais ce n’est pas pour la même chose. Lui, parce qu’ il ne va pas pouvoir tondre, moi parce qu’il ne fait pas beau. C’est tout!

Mais devinez quoi ? Dimanche il a fait beau. C’était sans doute grâce à la grève entamée par les bayonnais pour qu’on leur rendre leur été indien . « On ira, où tu voudras quand tu voudras » qu’il disait, mais jusque-là on était plutôt resté à la maison. Je priais en silence pour que toute la vie, ne soit pas pareille à ce matin (pour la rengaine dans la tête c’est cadeau).

Donc dimanche, il a fait super beau. Vraiment. Un ciel tout bleu (que j’avais pratiquement oublié quel effet ça faisait) (un bel effet) et sans nuage, le ciel. Il y avait même des oiseaux qui gazouillaient et un rouge-gorge qui voulait faire connaissance avec nous (surtout avec les boules de graisse qu’on venait de suspendre à l’arbre devant la cuisine). C’était un temps idéal pour manger en bord de mer, marcher sur la plage ou bronzer.

Ouais. Et bien nous on a jardiné. Ramassé des kilos d’herbe bien verte et bien grasse (super lourde et qui tache les semelles des baskets), entassé des feuilles tombées des arbres (des voisins) (sauf qu’il y avait un peu de vent (oui, quelqu’un veut nous mettre à l’épreuve), on a déplanté certains arbustes, parce que. À oui, est-ce que ça vous fait cet effet, quand il y a trop de plantes dans votre jardin? Est-ce que ça vous étouffe? Parce que moi, oui. Alors on a déplanté, transplanté ailleurs tous ceux qui m’empêchaient de respirer (mais je ne sais pas comment je me suis débrouillée, j’ai trouvé le moyen de planter un rosier et un hydrangéa supplémentaire). On a biné, désherbé, enlevé les toiles censées apporter ombre et fraicheur (mais qu’il fallait vider régulièrement pour ne pas qu’elles se déchirent sous le poids de l’eau), décroché les guirlandes et rangé les fauteuils. Écrasé des crottes de chien, coupé en deux un lombric, hurlé quand un truc est tombé sur ma tête (« Chut! Mais ça va pas non, les voisins…. « ah oui, c’est vraiment important de ne pas déranger les voisins, alors que je vais peut-être me faire piquer par une araignée et devenir Super  woman. Tu vas faire quoi quand je courrai le monde pour sauver les gens? Hein?) Ce fut une journée charmante. On s’est peut-être légèrement engueulé à propos de la place de certains trucs (non, là je voudrais une plante qui fleurit bleue, pas rouge!), ou parce que ça ne disait rien aux enfants de ramasser les crottes de chien (et pourquoi c’est pas Diva qui les ramasse ses crottes ? Oui, et pourquoi?)

Et on est allé cinq minutes regarder la lumière sur l’océan, juste avant la nuit. Histoire de se rabibocher en poussant des ho de bonheur. 

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