Dans ma Kindle #6

« Un certain Mr Piekielny » de François-Henry Désérable. Il se dit que c’est sans doute le prochain Goncourt. Lire un Goncourt avant qu’il le soit, c’est très chic, je trouve. Mais le problème c’est que je ne sais pas trop quoi en penser. De ce livre. Pas du Goncourt, sauf qu’en général, j’ai du mal à les lire.

Un-certain-monsieur-Piekielny

De quoi ça parle ? (en vrac et pas dans l’ordre) : De Vilnius (capitale de la Lituanie également connue pour une autre histoire), de littérature (réflexion philosophique entre le réel et l’inventé, l’impact d’un livre sur une vie, l’art de la mémoire), du génocide juif, de résilience, de Romain Gary et de La promesse de l’aube.

Dans ce livre (puis-je dire roman?) il y a des choses que j’ai aimées :

  • le principe de partir d’un personnage de « La promesse de l’aube » de Romain Gary,
  • d’enquêter sur son existence et de tirer des hypothèses à son sujet,
  • de passer de la vérité à l’invention, thème récurrent en littérature,
  • la pseudo bibliographie de Romain Gary mise en parallèle avec celle de l’auteur,
  • les hypothèses farfelues qu’il fait et l’humour qui se dégage de ses selfies.

Le problème, c’est qu’il y a des choses que je n’ai pas aimées :

  • les parenthèses largement ouvertes,
  • les points-virgules (un petit rappel s’impose : un point-virgule sert à séparer des propositions ou expressions indépendantes mais qui ont entre elles une relation faible, généralement une relation logique. La planète se réchauffe ; les glaciers reculent d’année en année) (je parie que vous avez sauté la première parenthèse) (ne vous inquiétez pas, ça me fait ça aussi)
  • les crochets (il y avait longtemps que je n’en avais pas rencontrés)(et ça me fait le même effet que les parenthèses)
  • et les phrases si longues qu’elles prennent parfois 10 lignes.
  • Les digressions sur ses souvenirs personnels, parfois trop longues elles aussi, même si caché derrière la longueur il y a un second degré qui ne demande qu’à faire péter les élastiques du slip.

Je me suis demandé à quel endroit il voulait m’embarquer. Mais là, je n’ai pas de réponse. Je suis restée sur mon canapé alors qu’il voulait m’embarquer à Vilnius ou à Nice. Pourtant, il y a cette construction à l’ingrédient spécial que j’apprécie tant : le temps chaotique qui avance, recule et s’emmêle.

C’est sans doute pour toutes ses raisons, qu’il est sur la liste des Goncourt. Je vous laisse voir, parce qu’il peut vous plaire : il est très bien écrit, même s’il est un peu trop plein. Et je crois que vous n’aurez pas souvent l’occasion de lire une critique aussi peu dithyrambique à son sujet parce que tout de même, il fait consensus, les critiques l’adorent.

Edit : ce ne sera pas le Goncourt, il est sorti de la danse le 30 octobre.

 

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