Assister au conseil de classe

Depuis plusieurs années, je choisis d’être parent délégué en terminale. Enfin, du moins quand un de mes enfants arrive en terminale, et ce pour plusieurs raisons  : parce que certains parents ne s’intéressent que de loin à la scolarité de leurs enfants pour des raisons de temps, de lâcher d’éponge, de difficultés relationnelles alors que la terminale est une classe clé, ou tout simplement, parce que leurs enfants sont majeurs. Cette année, j’ai  participé au conseil de classe semestriel de la classe de PetiteChérie. J’ai pensé qu’il s’agissait là d’un sujet intéressant (même s’il ne vous fait pas franchement rire)

Un conseil de classe c’est quoi au juste ? Depuis sa création en 1890, le conseil de classe s’est très doucement ouvert aux non-enseignants. Après Mai 68, parents et élèves ont été autorisés à y pénétrer, et depuis trente ans, la présence de délégués y est même obligatoire. Ce que l’on sait moins, c’est que tous les élèves, à partir de la classe de 4e, ont le droit de venir écouter ce que les enseignants disent à leur sujet (toutefois rarement mis en application parce que les conseils de classe dureraient des heures et tourneraient peut-être à la foire d’empoigne). C’est au cours du conseil de classe qu’est validé le bulletin de l’enfant.

Qu’est-ce qui s’y dit ? En général, rien que l’élève ne sache déjà depuis le CP: qu’il est bavard, ne travaille passez, ne se concentre pas, choisit ses matières et travaille à « la tête du prof ». À croire qu’il s’agit de la définition propre de l’élève bien que les profs s’en étonnent chaque année. Si on leur interdisait de mentionner ce genre de choses, je pense que la plupart n’aurait pas grand-chose d’autre à dire.  Après un avis général sur la classe, chaque enseignant donne son avis sur l’élève, ceux qui n’ont pas la même opinion que les autres ont des difficultés à faire entendre leur voix, puisqu’il n’y a pas de vote mais que tout se fait autour d’un consensus.

Être parent délégué : C’est représenter les parents des élèves de la classe auprès des professeurs et pendant le conseil, transmettre au responsable de son association les informations sur le fonctionnement de la classe et les remarques des parents ou élèves pour qu’il puisse rendre son action plus efficace ou représenter l’association dont il est le mandataire. En outre, concernant l’orientation d’un élève, lorsqu’il y a divergence entre les décisions du conseil de classe et les souhaits des familles, il a un rôle de conciliation. Il peut être amené à soutenir et accompagner les parents qui désirent s’engager dans une procédure d’appel. Parfois, le parent délégué n’a pas grand-chose à dire parce qu’il n’a rien à ajouter,  les profs sont relativement justes par rapport à ce qu’ils disent. D’autres fois il s’agit de tempérer les ardeurs des profs exaspérés par l’attitude d’un élève et d’apporter un regard extérieur qui permet d’éviter les injustices. Si le parent délégué représente les parents d’élèves, il n’est pas forcément contre les représentants de l’établissement ou les professeurs (l’inverse est également vrai)(dans la plupart des cas). Son rôle est de tenter d’améliorer la vie de l’établissement en relayant l’avis des parents. Il n’est pas là pour créer des polémiques ni pour défendre ses propres intérêts ou celui de son enfant.

Ma petite expérience :  Le parent délégué est responsable de l’intérêt de sa fonction. S’il se contente d’être présent aux conseils de classe sans avoir fait le tour des parents ou des élèves au préalable, il n’en retirera aucun bénéfice. S’il opine de la tête parce qu’il a peur que son enfant en pâtisse, autant qu’il reste à la maison. Au contraire, s’il se montre curieux du fonctionnement de l’établissement (sans être inquisiteur), avide de relations avec le corps enseignant et juste dans sa prise de parole, sa mission deviendra passionnante. Dans certains cas, le parent délégué est intégré et écouté. D’autres fois, il doit « se battre » pour faire entendre ce qu’il a à dire (faire modifier une mention ou en retirer une, valoriser les progrès, donner une chance supplémentaire). J’ai remarqué  une nette tendance du conseil de classe à s’arrêter sur ce qui fâche plutôt que de mettre en avant un progrès (aussi minuscule soit-il). Certains proviseurs sont peu enclins à voir le parent délégué comme une aide potentielle. J’en connais un qui m’a vu arriver  d’un mauvais œil, comme si ma seule présence représentait un danger. Pour terminer, j’essaie toujours de mettre en avant les délégués de classe qui ont, eux aussi, bien du mal à faire entendre leur voix.

Mes remarques : Cette année, avec Parcours Sup, la présence d’un parent médiateur est essentiel pour ne pas que les profs et le proviseur n’interfèrent trop dans les choix des élèves, leur poids semble décuplé (alors qu’il me semblait naïvement que c’était l’inverse qui devait se produire).

pic by Feliphe Schiarolli from unsplasch

 

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