Parce que la vie ne suffit pas

« Parce que la vie ne suffit pas » c’est l’histoire d’une femme qui se voudrait écrivain, mais à cinquante ans, a t-on encore le droit de changer de vie ou bien notre tour est-il passé ? Et puis, écrire est-il suffisant ou y a t-il autre chose d’autre de plus important encore ?

« Parce que la vie ne suffit pas » c’est le roman que je vais défendre en speed-dating samedi au salon du livre Paris, c’est aussi celui qui me cause les ombres brunes qui grignotent mes joues, comme le ferait un bébé qui vient de naître qui ne sait pas encore comment vivre sa vie. C’est celui que j’ai poli pour qu’il scintille, celui que j’ai élagué encore et encore pour ne pas qu’il vous ennuie, celui que j’ai habillé d’une couverture colorée pour qu’il soit beau. C’est aussi celui qui m’a fait sortir de ma zone de confort à plusieurs reprises, qui m’a fait rencontrer des gens formidables, celui qui va me tenir éloigné d’ici quelques jours.

Au milieu de toutes les pages, au détour d’un trait d’humour ou d’un rail de dérision, c’est un livre très personnel, et pas seulement parce que l’héroïne a cinquante ans ou parce qu’elle veut changer de vie. Tout comme l’araignée utilise son fil, j’ai utilisé le mien alors, dans Marie il y a aussi un peu de Nathalie : l’irrépressible envie qui devient un jour un besoin, la jalousie ou l’envie qui coupe le souffle au détour des rayons d’une librairie, les regrets et les remords qui s’entassent sur les cils, les questions existentielles par paquets, son humour à deux balles et ses doutes .

Je suis surprise de voir combien « Parce que la vie ne suffit pas » traite de sujets auxquels on accorde de nombreuses pages de magazines en ce moment, alors même qu’il est terminé depuis octobre : la présence des femmes de cinquante ans ou plutôt leur non-présence, le concept de littérature féminine par exemple ou l’apprentissage de l’écriture. Je ne sais pas si c’est bon signe ou si déjà, je suis en retard sur le timing. C’est un problème récurrent chez moi, je suis toujours en avance pour finir par être en retard.

« Parce que la vie ne suffit pas » reste un roman terminé. Malgré tout. Malgré moi et les bâtons que je disposais consciencieusement entre les rayons de mes roues, malgré ceux qui l’auront mis à la poubelle sans même l’ouvrir. Un roman terminé c’est un rêve qui prend forme.

Je tiens à remercier ceux et celles qui m’ont accompagnée sur le chemin, qui m’ont poussée quand je stagnais, qui ont cru en moi, parfois plus que moi-même, à celles qui ont eu le douloureux privilège de lire et de me dire ce qu’elles en pensaient, celles qui m’encouragent à recommencer ou à continuer, c’est selon, parce qu’un livre terminé en appelle un autre, une histoire dite et c’est une autre qui vous attrape.

« J’écris parce que la vie ne suffit pas » Fernando Pessoa

Croisez les doigts pour moi, samedi matin vers 10h30 et à nouveau vers 14h et d’ici-là, n’oubliez pas d’aller au bout de vos rêves, même si ça pique un peu.

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