Comment réduire la liberté des femmes :

J’ai bien conscience que cet article ne va pas faire l’unanimité, qu’il va susciter des réactions qui seront souvent exacerbées. C’est un article que j’avais à cœur de partager, ne serait-ce que pour que nous puissions en parler. Je l’ai collé dans mon disque dur et l’ai laissé prendre ses aises au milieu de mes brouillons d’articles, parce qu’il est assez difficile d’écrire à contre-courant de ce qui se dit par ailleurs, mais si l’on écrit uniquement  pour dire comme tous les autres, à quoi bon écrire.  Bref, du coup je vous le pose là. Faites-en ce que bon vous semble .

Je vous ai déjà parlé du livre « La perle et la coquille » de Nadia Hashimi dans lequel on suit le parcours d’une femme, de son enfance à l’âge adulte, en Afghanistan et où l’on assiste, en colère, au recul de la condition féminine et de sa liberté fondamentale à disposer de sa vie comme elle l’entend.

Vous allez me dire « oh la la, mais c’est bien loin de nous tout ça! On n’a aucune crainte de voir reculer notre liberté. » et c’est là que je vous dis : « Ts, ts, ts ».

Mardi soir, Isabelle m’en a parlé en deux ou trois mots, à table. Elle a dit « on dirait qu’en ce moment, on tente partout de réduire le confort des femmes » alors que nous dégustions un vin rosé (cuvée Cendrillon, ça ne s’invente pas). Je l’ai regardée et je me suis dit « mais alors, je ne suis pas la seule à penser ça? » Sauf que là où elle parle de confort, je dis Liberté.

Vous croyez que j’exagère ? Ts, ts, ts. En êtes-vous tout à fait certaine Mesdames ?

(en italique il y a ce que j’en pense, celles qui ne sont pas d’accord avec moi ont bien entendu le droit de commenter, si c’est fait avec bienveillance, je donne une simple vision de la liberté des femmes et matière à réfléchir)(et aujourd’hui? je ne sais pas avec cette idée de rester fraîche 12 heures de suite

Comment réduire la liberté des femmes, sous couvert d’idées environnementales, biologiques ou sanitaires:

leçon N°1:

Il vaut mieux utiliser des coupes menstruelles que des serviettes hygiéniques ou des tampons (coupe menstruelle! Quand tu regardes le truc en photos tu prends peur)(le maniement du truc et son confort restent aussi aléatoires)(le choc septique a toujours existé, quand j’étais jeune on expliquait aux jeunes filles qu’il fallait se changer toutes les deux heures et pas garder le dispositif sept heures durant)

Leçon N°2:

La pilule est mauvaise pour ta santé (Peut-être, sans doute. On a arrêté l’essai sur les hommes parce qu’ils grossissaient, perdaient les cheveux, avaient des insomnies et étaient d’humeur chafouine. C’est risible, non? Parce que si ça arrive aux femmes personne ne dit « bon on va essayer de trouver une autre molécule »)

Leçon N°3 :

Tu croyais t’en sortir avec les stérilets, mais non, ils sont tout aussi nocifs pour ta santé (je porte un stérilet depuis vingt ans, pas le même je vous rassure, et entre saigner dix jours par mois et être angoissée que ça déborde (ça m’est déjà arrivé), mon choix est vite fait) (de là à penser que N°2 et 3 servent à entraver la liberté de la femme à disposer de son corps quand elle le veut et comme elle l’entend, il n’y a qu’un pas) (c’est pénible de penser que la contraception n’est en règle générale que le problème des femmes) (bravo aux quelques hommes que je connais qui ont pris des décisions radicales)

Leçon N°4 :

Il faut absolument allaiter tes enfants, sinon ils deviennent allergiques, obèses ou plein d’autres choses horribles (j’ai eu quatre enfants qui ont été biberonnés avec l’aide bienveillante de leur papa quand j’étais trop fatiguée la nuit, de leur frère et soeur et à moins que je ne sois décidément pas objective, mes enfants sont parfaits)

Leçon N°5

Les couches jetables pour les bébé sont nocives (dans le même ordre d’idée que les protections périodiques, il faut changer le bébé régulièrement. Après, il est vrai que ça représente un coût, et ma liberté n’a pas de prix.)

Leçon N° 6

La lessive est nocive (aussi) (Alors, ma grand-mère allait au lavoir, elle lavait les draps à l’eau froide avec un pain de savon de Marseille,  elle les battait avec une planche en bois. Ça devait être super, mais à choisir je pense qu’elle a préféré quand plus tard elle a pu fourrer les draps dans le tambour de la machine, appuyer sur marche et faire autre chose pendant que la machine oeuvrait.)

Leçon N°7 :

Les hommes n’aiment pas les poils (pubiens entre autres) par contre ils adorent les barbes (pilosité inversement proportionnelle) (no comment)

Leçon N°8 :

Tu fabriqueras tes produits de beauté, ton déodorant et ton shampooing (Formidable! Mais je le fais quand? La nuit ?)

Leçon N°9:

Tu accoucheras sans péridurale, sinon tu ne seras pas « méritante » (non, mais quoi! Arrêtez vos conneries! J’ai accouché deux fois sans péridurale, par obligation plutôt que par choix. Je n’en suis pas morte c’est vrai, mais quand même, c’est quoi cette histoire de devoir souffrir pour enfanter. Et quand tu vas chez le dentiste pour te faire arracher une dent, tu ne veux pas d’anesthésie?)

Et dans le même temps, alors qu’elles doivent coudre les couches dans un coton bio introuvable qu’elles doivent  ensuite laver avec des paillettes  de savon de Marseille broyées sous les aisselles, allaiter n’importe où, montrer à la terre entière via Facebook ou Instagram que leur vie est absolument parfaite, elles doivent rentrer le ventre et aussi être performantes au travail en gagnant un tiers de moins que le mec d’à côté, être de gentilles et bienveillantes amies /collègues / personnes/mères ou filles sans se départir d’un sourire (« t’es plus jolie quand tu souris » Ouais, beh j’ai pas envie!) , on les fait culpabiliser pour chacun de leur choix.

Je crois que ce qui serait bien c’est de laisser le choix aux femmes, sans les stigmatiser ni les accabler. Il y a des avantages à chaque choix, il est personnel et s’il est pris en conscience alors, nous n’avons rien à dire.

Vous avez d’autres exemples de réduction de la liberté des femmes ?

Pic by Ashton Mullins

 

 

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