Dans ma kindle, quand Natha Lit

À plusieurs reprises ce week-end, on m’a fait remarquer qu’il y avait longtemps que je n’avais pas partagé mes lectures.

« Mais tu lis plus? », « t’as pensé quoi de ce bouquin? », « t’as rien à me conseiller? » J’ai répondu qu’en ce moment c’était pas la grande joie lecturale.

J’ai donc repris ma kindle et fouillé dans mon dossier 2018 où j’ai constaté qu’il y a 19 livres. Je n’ai donc pas renoncé, pour autant j’ai eu beaucoup de désillusions. Quand j’ai créé cette rubrique, j’avais dans l’idée de n’écrire que sur les livres que j’avais aimés ou eu plaisir à lire, mais j’ai pensé qu’il n’était pas honnête de te faire croire que j’aimais tout ce que je lisais. Et je me devais d’ être honnête.

Comment parler des livres qui m’ont déçus ?

C’est un exercice assez difficile je trouve, parce que derrière un texte, il y a un homme ou une femme, des heures de travail, des ratures, des doutes, de la peur, de l’espoir et un peu de magie et la critique, aussi bien construite soit-elle peut-être lapidaire. Comment te dire que la magie n’a pas opéré sur moi qui suis pourtant si bonne spectatrice/lectrice que j’ai parfois des doutes quant à mon jugement. Comment dire que la recette mille fois éprouvée a loupé. Que les facilités se voient comme le nez au milieu de la figure. Comment dire que la magie opèrera peut-être sur toi, que mon avis n’est pas catégorique, que si on m’explique, je peux comprendre ?

Si de ton côté tu as aimé ces livres, surtout, viens me dire pourquoi je suis passée à côté.

Il est difficile de dire la vérité  quand on écrit soi-même, parce qu’on n’est pas à l’abri d’avoir écrit quelque chose de nul, insipide voire soporifique. »Puisque t’as pas trouvé d’éditeur, il y a d’ailleurs de fortes chances qu’il en soit ainsi » me rétorqueras-tu. Et puis on ne se fait pas de copains , et ça, je t’ assure que dans ce milieu où l’art de se coopter relève de la haute voltige, ce n’est pas évident.

En janvier, je t’avais laissé avec Éparse (dont l’auteur avait gentiment laissé des commentaires ici) que j’avais aimé mais pas apprécié la mention « Roman », Je m’appelle Mo, Les loyautés et Par amour.

Dans ma Kindle, il y a donc ceux qui ne m’ont pas plu du tout, ceux qui m’ont déçue parce que j’en attendais beaucoup (trop),  parce que j’avais aimé les précédents, parce que l’auteur n’en était pas à son coup d’essai ou à cause du battage médiatique qui a été fait autour et que je juge inapproprié.

Ceux pour lesquels j’attendais tellement plus :

« La femme qui ne vieillissait pas » de Grégoire Delacourt. Je me suis ennuyée tout du long. Vous dire que je n’ai pas cru une seconde à sa fable ne vous étonnera pas. Ce qui m’étonne en revanche c’est comment certains critiques osent prétendre qu’il s’agit d’un roman que toutes les femmes devraient lire. Et puis dire que ne pas vieillir est le rêve de toutes les femmes est tellement excessif je trouve. Bref, un livre qui m’a fait penser aux tirades de Philippe G, premier de la classe du CE1 à la troisième.

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » de Virginie Grimaldi. En général avec Virginie Grimaldi on ne s’ennuie pas. En général. Mais l’écriture n’est pas une science exacte. Virginie partage ses lectures sur IG et quand j’ai vu les livres qui passaient l’été dernier  j’ai su qu’il y aurait un enfant de onze/douze ans (j’avais parié pour un garçon : je me suis trompée), une femme divorcée, le parler « djeun » et un road trip. Les ingrédients sont là, mais à aucun moment la mayonnaise ne monte. Les incohérences psychologiques m’ont horripilées (a t-on déjà vu une gamine de onze ans, avoir un tel recul pour raconter le premier jour de ses règles ? Non, moi je vous le dis (j’en ai eu plusieurs). Si ça lui arrive en jogging blanc en sport, elle  appelle sa mère, elle passe la journée à l’infirmerie, elle pleure éventuellement. Et en plus, il y a bien longtemps qu’elle ne porte plus de blanc) Il y a aussi la manière de parler qui m’a fait penser au ratage d’Anna Gavalda, dans « Des vies en mieux » que je n’avais pas pu terminer. Le concours de jeux de mots, de bons mots, « de phrases à surligner parce qu’elles sont exceptionnelles » m’a aussi fortement agacée.

« Quatre murs et un toit » de Camille Anseaume. j’aime beaucoup l’écriture de Camille que je lis depuis son tout premier livre « un petit quelque chose » et dont j’avais adoré « ta façon d’être au monde ». Les maisons c’est mon kiff, j’adore ce qu’elles véhiculent, les rêves qui tapissent leurs murs, les larmes que l’on perçoit dans les coins de la cuisine, les souvenirs qui y restent attachés, la vie qu’elle a fabriqué avec nous ou malgré nous. Là encore, j’ai été déçue. J’en attendais plus.

Les livres que j’ai aimés:

« Les rêveurs » le premier roman de Isabelle Carré, même si j’ai toujours un problème avec l’appellation roman quand il s’agit d’une auto-fiction. On y trouve la douceur propre à l’actrice et la lumière qui l’entoure.

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La série « Sauveur et fils «  de Marie Aude Murail, une auteur « young adult » dont j’ai lu les deux premiers tomes dans le train pour le salon du livre. Ce sont eux qui m’ont remis en selle quand j’en ai eu assez de mes ratages personnels en matière de choix de bouquins. Pour autant je me suis arrêtée aux deux premiers tomes (il y en a 5)

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Le dernier Musso, la jeune fille et la nuit. Je l’ai acheté parce que Musso a changé d’éditeur et je me suis demandé si dans un tel cas, on changeait de style aussi. La réponse est non. Musso, c’est une valeur sûre. Celui-là est plutôt pas mal. Bien sûr il y a des descriptions dont on se fout royalement (à moins d’habiter sur la côte d’azur peut-être), il y a des tournures un peu too much et des sentences à la Musso dont on se passerait allègrement, mais je ne me suis pas du tout ennuyée.

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Celui que j’ai adoré : Les déraisons d’Odile D’Oultremont. Premier roman d’une  scénariste qui construit son roman comme elle l’aurait fait d’un film. On « voit » les scènes et les personnages. Je l’ai choisi pour sa première de couv’ (d’où l’intérêt d’être en accord avec elle) mais elle n’a aucun rapport avec l’histoire (comme quoi). Il est à rapprocher de « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeault que je vous avais également conseillé de lire. Il a le même côté fantasque et un peu barré. Il est formidablement bien écrit. Il y a de jolies trouvailles. Bref, celui-là je le conseille fortement. À noter : quand je l’ai lu il n’avait encore obtenu aucun prix.images

Pic by Kindston Cheen

 

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