Les 1000 vies de l’auteur indépendant

Il est temps je crois de revenir vers la catégorie d’articles « le manuel de l’écrivain anonyme« . Sur le blog, je fais très attention à varier les plaisirs entre les différents thèmes, même si j’ai parfois l’impression qu’il n’y a pas assez de jours dans la semaine, voire dans le mois, pour tout vous partager ET laisser le temps aux retardataires de lire les articles déjà parus. Quid des petits mots de Mister T, me direz-vous.

Avant « Parce que la vie ne suffit pas », je ne connaissais pas le concept d’auteur indépendant, il ne serait pas exagéré de dire que j’étais plutôt contre.

Comme tous les gens qui écrivent, je rêvais qu’une maison d’édition frapperait à mon écran, me proposerait d’écrire un livre (j’avoue que même les « comment devenir belle et intelligente en 10 leçons » ou « Comment choisir entre converses et espadrilles chaque matin » m’auraient convenu) que la-dite maison d’édition serait tombée dingue de mon roman, l’aurait édité et qu’il serait devenu un best-seller en deux semaines. Ah, ah, ah (c’est pas comme si je ne savais pas que la vie ne suffit pas)(le problème avec mes rêves, c’est qu’ils prennent beaucoup de place)

Aux belles pages de Guéthary l’année dernière, Mr Delacourt avait dit, en gros, qu’il n’aurait jamais publié son premier livre en tant qu’auto édité, parce qu’il n’était pas suffisamment fou ou sûr de lui (avec le recul, je pense que ce n’était qu’une formule). Je le rassure d’emblée en matière d’être sûre de soi j’ai perdu à la pioche, et vous qui me lisez, vous l’avez deviné, en matière de folie en revanche, il est vrai que j’ai peut-être raflé la mise.

Depuis « Parce que la vie ne suffit pas » (je l’écris encore au cas où vous ne sauriez pas que c’est le titre de mon premier roman) je sais ce qu’est la vie d’auteur indépendant et elle est multifacettes.

Donc il faut déjà savoir une chose, un auteur indépendant, est un auteur comme les autres, sauf qu’il est seul!

Tout seul pour porter toutes les casquettes : écrivain, éditeur, blogueur, marketer, designer…

  • Ecrivain : Et au tout début, il y a l’écriture, la relecture, la révision, la correction, le titre à trouver, la quatrième de couv’ à écrire et la bio à inventer. Finalement, ce n’est pas le plus compliqué.
  • Editeur : Décider de la façon dont on va l’éditer, puisque aucune maison d’édition me l’a retenu (question de ligne éditoriale parait-il, mais je tiens à souligner que je ne l’ai pas envoyé à des maisons d’édition spécialisées en cuisine, le polar ou la littérature jeunesse, donc l’excuse de la ligne éditoriale est un peu difficile à digérer même si elle est politiquement correcte). Savoir dans quelle catégorie, sous-catégorie et sous sous catégorie il va entrer, est déjà plus compliqué.
  • Blogueur : Vous avez bien remarqué que depuis quelques mois, From Baiona With Love a changé de ligne éditoriale(comme quoi, on peut en changer). Il est en passe de devenir un blog d’auteur, mais pas que, j’espère. Le but étant d’avoir le maximum de visibilité pour qu’il devienne une vitrine et un espace sur lequel on peut juger de l’intérêt que l’on porte à mon style d’écriture. Parce que, le saviez-vous ? Tout le monde n’aime pas les mêmes choses (et c’est tant mieux). Du coup je tente de conserver ce qui est mon ADN pour que mes abonnées les plus anciennes s’y retrouvent toujours (<3) tout en élargissant le champ de mes possibles.
  • Illustrateur : Décider quelle sera la couverture du livre n’est pas aussi simple qu’il y parait. Il faut qu’elle interpelle le lecteur, lui donne envie d’aller plus loin. D’ailleurs je vous remercie d’avoir choisi pour moi, car j’aime énormément la couverture de PQLV qui est toute douce au toucher et au regard.
  • Designer : C’est le truc qui te fait décider de la mise en page, de l’organisation interne, du chapitrage et de la couv’…
  • Marketer ou, en français dans le texte, communiquer et partager autour du livre. J’ai opté pour l’humour et l’auto-dérision parce que je ne me voyais pas faire un truc super clean ou super intello, mais on n’est pas à l’abri que cela puisse changer et évoluer vers un truc trash.
  • Publicitaire : savoir promouvoir son livre, c’est un métier que j’apprends sur le tas! Je reviendrai vous en parler en saison 2 parce que pour l’instant ce n’est pas très évident pour moi de trouver le juste ton.

Dans « être publicitaire », je rajouterai qu’il faut défendre son livre. « Tu n’as trouvé personne pour l’éditer ? » et « tu l’avais envoyé à des maisons d’édition ? » ne sont peut-être pas les questions les plus difficiles à prendre en compte. J’ai découvert il y a peu, que quand on dit « je suis auteur indépendant » les gens changent de regard. S’ils ont des lunettes ils regardent par en dessous, s’ils n’en n’ont pas, ils te scrutent et cherchent un indice en toi qui peut les aiguiller, parce que d’emblée, ils imaginent que tu écris des livres érotiques (le  « mommy porn » ). Tu secoues la tête (en vrai, ils sont un déçus) ils pensent ensuite aux romans de fantasy (c’est un genre littéraire présentant un ou plusieurs éléments surnaturels qui relèvent souvent du mythe et qui sont souvent incarnés par l’irruption ou l’utilisation de la magie et qui leur donnerait une bonne excuse pour te dire non) puis au feel-good (directement issu de l’auto édition et là, tu entends : »Ah, ouf que c’est pas du feel-good, à croire que les écrivains ne savent plus écrire que ça »), la romance arrivent tout de suite après mais tu as déjà perdu ton auditoire. Et puis, ce n’est pas non plus de la Romance. Mais alors, c’est quoi?

Quand je réponds qu’il s’agit plutôt d’un livre de littérature générale, je sens la déception monter d’un cran. Rien de neuf sous le soleil, en somme.

Camille m’a dit récemment que je ne pouvais pas catégoriser mon roman dans littérature générale parce qu’il y a de l’humour, de l’autodérision, qu’il donne envie de réaliser ses rêves, bref que je bouscule un peu les codes. Christelle et Anne-Laure ont rajouté que je bousculais les codes avec ma drôle de ponctuation, et Marie du blog lectures et crayons prétend qu’elle n’a jamais lu quelque chose de semblable. Verdict : inclassable.

  • Public relation : « L’important c’est le réseau » m’a dit Valaosurlacolline  récemment. Mais moi, je suis une quiche en réseautage, du coup, je me débrouille autrement.  Quand je suis allée proposer mes livres à Cultura Ametzondo à Bayonne, la dame m’a dit « non, non, non, je ne fais pas ça. je ne prends pas de livres de littérature générale. » Ok pas de souci. « Mais vous en avez un sur vous » (bien sûr que j’en avais un sur moi, qui peut se déplacer aujourd’hui sans avoir « Parce que la vie ne suffit pas » sur lui, je vous le demande, qui?) Elle a touché la couverture (« elle est toute douce ») vous êtes distribuée par qui? (Hachette),  c’est votre histoire ? (je lui ai sorti le truc de la toile d’araignée page 303 de PQLV) et elle m’a dit « ho, ça me plait je les prends! » Pif, paf, pouf, PQLV (malgré sa timidité maladive) s’est retrouvé à côté de Laurent Chalumeau et Daniel Pennac (j’espère qu’ils auront trouvé des trucs à se dire). Conclusion le public relation, je le fais à ma manière et parfois, ça marche.
  • Réseautage encore : J’ai envoyé mon roman à des blogueurs littéraires. Certains m’ont gentiment répondu qu’ils refusaient parce qu’ils sont en lien avec les maisons d’édition et qu’ils ne peuvent pas défendre d’auto-édités (un comble quand même), bref. Mais d’autres m’ont dit oui et ont déjà chroniqué le livre. Joël par exemple de @surmatabledechevet et Marie (cf plus haut). Je tiens à les remercier pour leur gentillesse et leur bienveillance à mon égard.
  • Dédicaceur : Trouver quoi écrire en dédicace, espérer que ça plaira et que ça fera mouche est une des parties très agréables et très valorisantes de la tâche de l’écrivain, même si je reste encore très en retrait pour en organiser. En fait je les refuse toutes pour l’instant.
  • Comunity manager : Il faudrait que les gens partagent mon IG, me taguent, likent, commentent et partagent ma page facbook mais je ne sais pas faire. Je ne sais pas donner l’impulsion  parce que même s’ils aiment, si peu partagent que ça en est presque amusant. Presque hein? Faire vivre une page Facebook? Mais tu fais comment toi ? Ma PetiteChérie est inscrite sur Twitter. Mercredi soir dernier, elle a twitté sur mon livre. Résultat ? 15500 partages et 5000 likes…ça me laisse rêveuse quand je culmine à 3 partages sur FB. Merci PetiteChérie.

 

Si toi aussi tu as twitter et si tu sais t’en servir, n’hésite plus et si t’as envie de chroniquer sur PQLV ou de partager ma page FB il suffit d’aller sur nathalie Longevial Auteur  et mon, il est là IG.

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