La mélodie

J’ai attrapé la boite comme ça. Sur un coup de tête. En tête de gondole, justement. Il parait que les DVD ne font plus recettes, que c’est vraiment old school. Il parait qu’aujourd’hui on télécharge, le plus souvent illégalement. Oui, il parait.

Mais voilà, j’ai acheté un dvd. Je me suis dit qu’il y aurait bien un jour où il ferait trop chaud pour sortir, un jour où il pleuvrait et où nous ne pourrions pas le faire non plus. Il y aurait bien un jour où l’envie nous prendrait.

C’était un jour ni trop chaud ni pluvieux. Il avait bien commencé pour être un jour de rien jusqu’à ce que je dise « ça vous dit de regarder ça? »

Pour être honnête ça ne leur disait rien du tout. Je crois qu’ils auraient préféré que je leur fiche la paix. Je n’ai sciemment pas souhaité lire la réponse dans leurs yeux, j’ai détourné la tête et j’ai installé le dvd dans la fente de la console.

Je ne peux vous expliquer pourquoi, mais j’ai eu un hoquet et les larmes me sont montées aux yeux. PetiteChérie m’a dit « tu sais que ces enfants là on les appelle les enfants de la colère? » Je ne savais pas. Ce nom leur allait si bien, qu’il en était presque beau.

J’ai cherché qu’est ce qui pouvait les rendre aussi en colère. Elle m’a dit l’injustice, l’absence, le laxisme. J’ai parfois pensé que le réalisateur avait exagéré mais elle, qui a travaillé avec ces gosses-là, m’a dit « non, à peine, tout est sujet à dispute : un mot dit ou pas, un regard, un geste ».

Voilà, j’ai regardé « la mélodie », en dvd un jour d’été, une histoire cousue de fil blanc mais qui enseigne l’espoir et (re)donne l’envie de poser son archet sur la touche.

Voilà, je vous le conseille.

pic by Annie Spratt on unsplasch

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