Le sport • Épisode 12

Cela faisait un mois que je n’avais pas répondu à ma mère, ChériChéri ou un de mes enfants « j’te rappelle, je suis à la salle ». Il faut bien avouer que depuis quelques temps j’étais plutôt de celles qui disaient « j’te rappelle, on prend l’apéro », même si question apéro, je suis plutôt en mode errance totale en ce moment, depuis que j’ai découvert que le Schweeppes est sur la liste Monsanto. Mais ça, c’est une autre histoire. Les choses avaient changé et j’allais dorénavant y aller seule, pendant un temps indéterminé, ma partenaire étant momentanément absente pour cause de changement de vie.

Assise  sur mon canap’ je me demandais par quelle activité j’allais reprendre. Il ne fallait pas trop brusquer les choses. Y aller mollo était une bonne alternative, vu que je tergiversais depuis trop longtemps.

La semaine d’avant je m’étais acheté des maillots de bains, car j’avais découvert à Begur (lieu de mes vacances) (sur la Costa Brava en Espagne) que je ne faisais plus du 85B. Ni du 36. En faisant une bombe, une partie de mon anatomie s’est retrouvée libérééée, délivréééé. Ni une ni deux j’ai voulu rejoindre le bord en me hissant sur la margelle, comme une James Bond Girl, mais l’énorme éclat de rie de mes filles qui a accompagné ma sortie de l’eau m’a fait comprendre qu’une nouvelle partie de mon anatomie avait décidé de m’échapper.

Bref. Depuis, j’ai acheté trois maillots de bains. Je ne fais pas les choses à moitié moi, madame. Je suis consciencieuse. Il m’en fallait un pour chacune des hypothétiques occasions qui m’attendaient en matière de baignade. Il faut dire aussi, qu’en vacances, je me suis trainée avec l’unique maillot qui m’allait (trois ans d’âge) alors que notre voisine en portait un différent chaque jour (jalousie inside).

J’ai donc jeté mon dévolu sur un deux pièces orange (que j’ai l’air d’une vieille star des années 50) (et puis orange is the new black) (oui, je sais trop facile)(si, si, si je l’ai porté) un une pièce à palmiers que je me trouve bien dedans et un une pièce bicolore noir et kaki (légèrement trop petit mais sobre)(ce qui n’est pas le cas avec le précédent). La vendeuse, qui n’était pas vraiment encline aux compliments, ni psychologue pour deux sous, (elle n’avait pas lu mes articles sur la Quinqua Power et la susceptibilité des cinquantenaires lui passait au-dessus de la tête) (elle n’avait que 48 ans et demi),  m’a dit « même si là, (en montrant le haut de mon sein sous l’épaule), c’est pas terrible, en fait je n’aime jamais cette partie chez les femmes, vous pouvez le prendre, il peut faire son effet ». Folle que je suis, je l’ai pris (il sera un peu mon garde fou, je me suis dit) (et depuis, je ne fais que regarder cette partie de mon corps en me demandant si une liposuccion serait envisageable.)

La vanité étant ce qu’elle est, j’ai donc décidé d’aller à la piscine pour étrenner un de mes nouveaux amis. Lequel, était toute la question. Au bout d’un temps indéterminé, le vieux maillot Décathlon légèrement gainant est resté dans son tiroir, mais je suis arrivée en retard et plutôt que d’être dans un cours d’aqua gym normal, dont je connais les enchainements sur le bout des doigts, je me suis retrouvée au cours d’aqua works. C’est un cours d’aqua avec des instruments. Pour aller du vestiaire jusqu’à l’eau (environ 25 pas) j’ai rentré le ventre et tenté l’apnée. Dans la piscine, il y avait un type qui a décidé de me coller. Vu son âge, il a dû me prendre pour Brigitte M.

Le cours commence. Je m’empêtre un peu avec les instruments, le type me regarde comme si j’étais une petite fille. Vous savez avec ce regard un peu condescendant. Le prof me dit « n’ayez pas peur, ils ne vont pas vous manger ». Ce qui a déclenché l’hilarité de mon nouvel ami. Le prof est alors venu à ma rescousse : « En fait, il faudrait que vous vous décaliez vers votre droite, vous êtes trop grand pour être dans cette partie du bassin ». Le type a hoché la tête. Et n’a pas bougé d’un pouce.

J’utilisais tant bien que mal mon élastique qu’il fallait placer sous la plante des pieds (et pas sous les orteils comme je le faisais) et il fallait tirer sur les bras (l’un après l’autre). Je ne sais pour quelle raison je n’arrivais pas à appliquer la dernière consigne : je tirai les deux côtés en même temps (je vous laisse imaginer la scène: j’avais atteint le sommet de la glamouritude). C’est là que mon instrument a lâché : l’élastique ne supportant pas ma manière de faire (non on ne parle pas d’ d’Archimède et de la pression de l’engin) a cédé entrainant mes deux bras au-dessus du niveau de l’eau. J’ai indistinctement entendu un « outch » ou peut-être un « houm » (mais sans le dauphin) un « aïe » quoi.  Le type avait reçu un coup de poing dans les côtes. Malheureusement, j’ai ri. Comme une baleine. Comme quand on voit quelqu’un tomber à la télé, mais en plus gênant, parce que tout le monde me regardait. Ce faisant, j’ai oublié de m’excuser, du coup, j’y ai pensé pendant tout le cours : quand on a pris la frite, quand on a repris l’élastique, quand on a lâché tous les instruments. Quand on est sorti de l’eau j’ai vaguement eu l’impression que le type prenait ses jambes à son cou et nous abandonnait, moi et mon maillot tout neuf. Et mes excuses avec.

Du coup pour regagner le vestiaire, j’ai décidé de ne pas rentrer le ventre.

Pic by Tony Reid on Unsplasch

 

 

Publicités