Automne

Elle arrive toujours trop tôt. Quand on n’a pas envie de ranger nos top fleuris et nos jupes légères dans un carton d’où tout va ressortir, au printemps prochain, écrasé et froissé.

Elle arrive à voix basse et sur la pointe des pieds. Elle s’excuse presque d’être celle par qui la fête doit se terminer. Elle sait que sa tâche sera rude pour nous faire oublier l’été.  On ne lui a donné qu’une fête un peu triste et mercantile. Les grandes fêtes et les soirées qui n’en finissent pas, elle laisse ça aux autres, à l’hiver et noël, au printemps equi acclame le renouveau, à l’été et ses longues soirées, le nez dans les étoiles.

Elle se fraye une place à côté d’un soleil qui fait le cacou et parle encore fort pour faire croire qu’il sera toujours là. Elle, elle ne dit rien. Sans bruit, elle décore les rues et les champs d’une brume humide, elle balance son ciel gris, ses nuages, ses températures fraîches en s’excusant presque d’être déjà là.

Elle arrive avec la promesse de gros pulls en laine, de plaids sur les pieds et de chaussures fermées. Elle s’invite dans des envies de châtaignes grillées, de fromage coulant et de feux de cheminée, de feuilles qui craquent sous les pieds et d’odeur de terre.

Moi, je l’aime bien, car elle m’a offert ma première et mon dernier.

Bienvenue Automne.

Pic by Eric Murh

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