Je ne suis pas auteure de feel-good book (enfin, je crois)

Dernièrement, je papotais au téléphone avec une auteure indépendante (comprenez : qui comme moi n’a pas trouvé de maison d’édition). On a comparé nos parcours, nos chiffres et nos stats (j’ai beaucoup plus d’enfants qu’elle) (4 fois plus en fait)(et les miens sont beaucoup plus vieux). Elle parle sans accent (et super bien), ce qui n’est pas mon cas.

Elle était un peu désemparée car elle en était venue à la conclusion que seuls les feel-good books étaient visibles chez les vendeurs, sur les réseaux sociaux et chez L*. « Quand tu regardes les 100 premiers livres sur Amazon, elle disait, il n’y a que des feel-good book, des livres érotico machin chose et en troisième position des policiers. Les auteurs stars de L* sont d’ailleurs rangés dans cette catégorie. Mais moi, je n’écris pas ce genre de livres. Et toi ? »

Franchement ? Franchement ?

Je ne sais pas ce que j’écris. Je ne pensais pas écrire du feel-good book et puis une lectrice a fait un retour de lecture (à voir sur IG dans A la une) disant que le livre lui avait fait du bien et que ça changeait des autres feel-good book. Je suis restée un peu décontenancée parce qu’il n’échappe à personne que la notion de feel-good n’est pas des plus élogieuses (commande d’édition, livre vite écrit, sans recherche stylistique, sans réel intérêt, un livre à oublier dans le train). Alors, imagine le cliché du feel-good auto-édité ! Misère!

Pourtant, une autre fois quelqu’un m’a dit « ah, mais moi je croyais que c’était du feel-good ton book ?! » et je crois qu’elle était un peu déçue.

ChériChéri me dit que le problème, c’est qu’on ne sait pas où classer « Parce que la vie ne suffit pas » : livre de développement personnel (nous voilà bien!), littérature générale ou feel-good.  » C’est ça ton problème, tu ne rentres pas dans les cases ». Oui, c’est un problème récurrent chez moi. En plus, vu mon âge, je ne suis pas très souple et le peu de yoga que je fais ne m’aide pas.

Ça me rappelle Philippe Delerm et ses textes. Il était précurseur et a réussi à imposer son style. Vivement que j’y arrive!

Depuis, quand on me demande ce que j’écris je réponds : de la littérature générale. C’est suffisamment vague et sacrément arrangeant (en général on ne me demande aucune précision de peur de paraître bête sans doute) ou, à la rigueur, je dis « je ne suis pas auteure de feel-good. »

Pic by Wiwoos.

 

 

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