Tanhiversaire

Je n’avais pas prévu de venir ici aujourd’hui.

J’avais pensé que je pourrais garder ce bonheur pour moi. Rien que pour moi. Je n’avais pas besoin de tout raconter. Encore une fois. Ni ton sourire, ni tes craintes, ni les nôtres. Ni tes pitreries ni tes questions existentielles qui nous cueillent pile au bon moment. Le tien.

Je pouvais très bien passer mon chemin, ne pas passer la tête par la porte de mon bureau, ne pas laisser de trace de cet âge auquel tu arrives sans que je ne m’en sois rendue compte, râler sur les quatre ans qui nous manquent et secouer mes souvenirs pour comprendre que si, bien sûr que si, je t’ai vu grandir au creux de mes bras devenus presque trop petits pour toi. Toi qui regarde par dessus mon épaule, prêt à découvrir ce qu’il y a de vaste et de beau au-delà de nous.

Je ne voulais pas venir ici, ne rien dire de ce qui nous soucie et ce qui nous relie, de ce qui fait qu’on s’aime, à la folie. Ce qui questionne, ce qui étonne. Les autres. Ton sourire et le mien, ta démarche et la sienne.

Je voulais garder mes phrases et dire je t’aime au creux de ton oreille au réveil, à midi et à minuit s’il le fallait.

Mais, voilà, hier soir tu m’as demandé si j’allais écrire pour toi. J’ai répondu que non, que je voulais te garder pour moi. Tu as dit « c’est dommage, j’aime bien quand tu écris ».

Joyeux Tanhiversaire my love. Anh yêu em.

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