Cher Christophe

Depuis quelque temps, je reçois de grandes déclarations sur Ig. Au début, je ne savais pas trop quoi en faire. Les types allaient même jusqu’à s’abonner (mais se désabonnaient aussi sec deux jours après). Fallait-il effacer les messages, les garder? Pour en faire quoi ? Et puis, soudain, j’ai pensé qu’il s’agissait là d’un super prétexte à une nouvelle catégorie, un peu barrée, un peu rigolote. Enfin, j’espère.  Voilà, je vous laisse juge.

Cher Christophe,

J’ai bien reçu le message que tu m’as envoyé sur Instagram et je t’en remercie. Il est toujours agréable de recevoir de telles marques d’affection, on ne va pas se mentir.

J’ai d’abord cru à une plaisanterie, je te l’avoue, sur ta photo tu as au moins quinze ans de moins que moi.  Ton insistance à liker mes selfies (oui, c’est vraiment ce que tu préfères) , outre que cela m’a fait rougir, m’a incitée à te répondre : tu avais trop de suite dans les idées pour que je t’efface d’un coup de doigt.

Christophe, tu as oublié quelques-unes des photos les plus importantes me concernant, permets-moi donc d’éclaircir le sujet.

Sans doute ne sais-tu pas que j’ai fêté mes cinquante ans cet été et qu’avec eux sont arrivés tout un tas de problèmes dont mon mari (Aka ChériChéri) se passerait bien. Ils faisaient partie de la pochette surprise et comme tu dois le savoir, les pochettes surprises ça ne se refuse pas, même si elles sont parfois un peu encombrantes. Et puis, bonne nouvelle, on s’habitue à tout, même aux cadeaux qu’on n’avait pas demandé,  je ne doute pas que toi aussi. Tu t’habitueras.

Je ne vais pas t’en faire une liste exhaustive mais, je t’en livre quelques uns pour que tu sois tout à fait certain de l’intérêt de poursuivre notre conversation. En priorité, il me semble nécessaire de te prévenir que je dors la fenêtre ouverte (même en novembre). Du coup tu devras dormir avec un bonnet, voire des chaussettes parce qu’en plus je rabats la couette au bas du lit. Je sais bien que la pensée première qui te vient à l’esprit quand tu m’écris ce n’est pas de dormir avec moi, mais il faut que tu saches que je fais l’amour la fenêtre ouverte aussi (même en novembre), ce qui, pour les performances sexuelles masculines relève d’un véritable exploit. J’ai lu quelque part que le pénis en hiver perdait plusieurs centimètres, je ne sais pas si tu es prêt pour ce genre de tour de magie. Il parait aussi que je ronfle, en tout cas c’est le Sleep Cycle de mon téléphone qui l’affirme, moi en revanche je n’en sais rien. Au moins tu pourras me dire. C’est chouette, non ?

Je porte des lunettes, que je perds sans arrêt et tu seras sommé d’arrêter toutes affaires cessantes la moindre de tes activités pour m’aider à les retrouver. Même quand tu te gratteras les couilles sur le canapé devant un match de foot, d’ailleurs ici, on ne regarde pas le foot. On préfère grandement regarder des trucs avec 5 étoiles sur Télérama. Des fois, ça nous casse un peu les couilles, mais souvent, tu verras, c’est vraiment très intéressant.

Il faut que tu saches aussi que j’ai quatre enfants. Je les appelle « mes quatre fantastiques » mais aucun n’est invisible, n’allume le feu, se déplace à toute vitesse ou est extensible. Je te l’accorde, c’est bien dommage, mais que veux-tu, c’est ainsi. Comme ils ne sont pas invisibles, ils prennent pas mal de place et de mon temps et se sont répartis les plages horaires pendant lesquelles mon attention leur est entièrement réservée. De 7 à 8 heures du matin, entre midi et deux, de 16 à 17h45 h heures, puis la dernière plage de 18h à 20 heures. Inutile de te dire qu’au milieu de tout ça, il faut que je bosse un peu et donc, je ferme la porte de mon bureau et nul n’a le droit d’y rentrer (sauf Igor, mon chat (enfin celui de ma fille) lui, il a tous les droits, et en plus il s’en fout que je dorme avec la fenêtre ouverte. J’espère que tu aimes dormir avec les chats). Tu verras c’est chouette, après 20 heures, souvent, je n’émets plus le moindre son, parce que je suis plutôt crevée, je ne te casserai donc pas les oreilles, ni autre chose.

J’ai quelques névroses sans importance mais très fidèles auxquelles ChériChéri accorde la plus grande attention parce qu’il se peut que dans le cas contraire et de façon tout à fait irrationnelle elles se transforment en dépression (larmes, cris, douleur) : est-ce que je vais y arriver (à m’endormir, à trouver une idée de roman, à dépasser la page 85, à respirer…), est-ce qu’elle/il est heureux ? Tu crois qu’il y a des additifs dans ces biscuits/sauce/yaourts/ …. Tu cois que mon bouton, c’est un cancer de stade 4 ? Et pourquoi il faut vieillir, d’abord. Je ne sais jamais ce que je dois mettre, et une fois que j’ai choisi et que je suis en situation je me rends compte que : c’est trop habillé/ trop léger/ pas pratique/ j’aurais dû mettre des talons/ j’aurais dû mettre des converses/ j’ai l’air d’une plouc/ pourquoi sur moi ça ne fait pas le même effet que sur la fille là-bas/ Je viens de découvrir que mon souci se niche dans 3 ou 4 centimètres qu’il me manque au niveau des jambes. Si tu connais quelqu’un qui peut régler ce problème, je t’en prie donne-moi son adresse.

Ce qui me fait plaisir, c’est que tu as décelé en moi la rigolote de la bande : je danse dans la cuisine et j’invente des paroles hautement improbables, j’ai déjà refermé très lentement le frigo pour voir à quel moment la lumière s’éteint, et essayé d’ouvrir le lave vaisselle super vite pendant son cycle pour ne pas être éclaboussée.

Voilà Christophe,  j’espère que cette lettre te permettra de te faire une opinion sur moi.

À bientôt

Nathalie

ps : je dois te dire que je n’aime pas trop les marcel, parce que ChériChéri a vécu une passion exclusive avec l’un des siens et que je ne voudrais pas reproduire l’expérience.

ps 2: on écrit « qu’on parle » et pas « qu’ont parle ». Mais c’est pas grave tkt, lol, mdr.

 

 

 

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