Rebondir

Rebondir :

verbe intransitif
  1. 1.
    Faire un ou plusieurs bonds après avoir heurté un obstacle.
    Balle qui rebondit sur le sol.
  2. 2.
    au figuré
    Prendre un nouveau développement après un temps d’arrêt.
    La discussion rebondit.

Depuis ma plus tendre enfance, je suis un schéma, toujours le même. Je fais une chose, le plus souvent de façon autodidacte, je deviens super forte et puis. J’arrête.

J’ai fait du théâtre et ai lu une quantité de pièces incroyable, de Molière à Samuel Beckett, de Tenesse Williams à Feydeau. À cette époque je lisais tout sur le théâtre, les essais, les biographies, les articles. Tout. Dès que le mot théâtre apparaissait quelque part, je ne voyais que lui. Ça a duré sept ou huit ans et puis j’ai arrêté. Je ne suis plus jamais remontée sur une scène de théâtre. Pire, je ne vais que (très) rarement au théâtre. Quelqu’un m’a alors dit  » si tu as besoin que quelqu’un te pousse pour continuer, c’est que ce n’est pas ta voie. » Don’t act, ce n’était pas ma voie.

Le schéma s’est reproduit pour mes études d’histoire de l’art (incollable sur la peinture contemporaine), l’éducation (incollable sur l’éducation bienveillante avant qu’elle ne soit à la mode), le bien-être au travail (avant l’heure), les sciences de l’éducation et tellement d’autres sujets. Le problème c’est que je suis toujours en avance, à l’avant garde (ça marche aussi pour les futures couleurs à la mode que je renifle deux ans avant leur apparition dans nos dressings). Chaque découverte/intérêt/activité laisse une empreinte en moi. Et je peux vous dire qu’il y a de nombreuses strates : la peinture, la philosophie, la lecture, le violoncelle, la psychologie, la cuisine (je suis celle qui fabrique des rouleaux de printemps le jeudi soir), le coaching, l’adoption, la déco, les enfants, l’écriture… Toujours, il me semble entendre une petite voix au fond de moi qui dit « mais, en fait, Nat, c’est quoi qui t’intéresse ? C’est quoi ta VOCATION ? » Il en faut forcément une pour être, voire devenir. C’est un problème : je n’ai pas de vocation et par conséquent je n’ai donc pas de MISSION en ce bas-monde. Ce n’est pas de ma faute, c’est que tout m’intéresse. Enfin pas vraiment tout non plus, faut pas déconner! Le problème aussi, c’est que j’arrête. Et que quand j’arrête je ne reprends pas (je n’ai pas posé mes doigts sur un violoncelle depuis 5 ans par exemple).

J’ai toujours dit à mes enfants que l’important dans la vie c’était de rebondir. D’être malléable. De trouver son bonheur, ou du moins un petit bout de son bonheur, n’importe où. Qu’un jour il pouvait être là, mais le lendemain ailleurs, que c’est ça, la vie. Il faut avancer, utiliser toutes les cartes qu’on a en main, changer d’angle de vue, jouer du piano debout ou écrire au lit, regarder ailleurs, de l’autre côté de la barrière, et créer des intersections entre les univers. Parce que c’est dans ces intersections que se trouve l’Idée.

Jusqu’à aujourd’hui, et grâce à Val Lao sur la Colline et son lien (voir en-dessous), je ne savais pas qu’il s’agissait d’une aptitude ni qu’elle portait un nom. Ça s’appelle être multi-potentialiste.

Multi-carte ou multi-potentialiste, finalement, je n’étais pas trop éloignée du concept.

Et vous, êtes-vous multipotentialiste ou avez-vous une vocation chevillée au corps ? Racontez-moi…

Pic by Edu Lauton on Unsplash

 

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