10 ans de blog #2

Je continue à fouiller les archives. Le texte d’aujourd’hui a été écrit alors que je jetais l’éponge pour le 2570 ème fois. Et labyrinther encore. Je ne savais pas que nous étions à J-9.

5 septembre 2011 (J-9)
Petit Cœur,

Nous t’aurons cherché partout. Nous avons rêvé à de lointains paysages tout en espérant que tu pourrais être tout près. Nous avons regardé vers l’Afrique et n’y avons trouvé personne pour nous accompagner. Nous avons rêvé l’Asie. Le Cambodge et le Vietnam, le Laos, peut-être. La Mongolie aussi. Les dossiers sont partis.
Nous t’avons cherché partout.
Dans les aéroports, dans les gares, sur les aires d’autoroute et les grands magasins. A chaque endroit où se posaient nos yeux. Dans chaque couleur délicatement déposée, au son des musiques qu’ils me jouaient, dans toutes les paroles que je comprenais et tous les silences aussi. Dans les grains de sable sur les plages de nos vacances, à marée haute dans les vagues, à marée basse dans les flaques, dans tous les signes que j’ inventais.
Au milieu des étoiles accrochées si haut, dans la grande ourse au milieu du ciel, au sourire de la lune que tu regardes toi aussi quand la nuit arrive. Par-dessus les nuages et sous les reflets de l’arc-en-ciel. Dans les gouttes de la pluie d’été dans la chanson du vent de l’hiver, dans la rosée du printemps, aux feuilles d’automne qui s’envolent au vent.
Dans les plis de mon oreiller, au cadran du réveil et à ses chiffres rouges qui s’impriment sur le plafond, égrenant le temps que je boude à voir filer.
Dans les pages des magazines, dans les sourires d’enfants, dans les larmes qui coulent, dans les colères qui montent et la tristesse qui menace.
Dans les colliers que je passe chaque matin autour de mon cou, dans le café noir que j’avale en regardant le jour se lever, une nouvelle fois, comme si de rien n’était.
Dans les temples et les églises que nous croisons sur nos routes, devant les petites flammes électriques que nous allumons, au beau milieu des vœux que nous faisons et qui commencent toujours par « faites que cette année, cette semaine , aujourd’hui… »
Dans le partage ou l’indifférence, quand je sens ton souffle sur mon épaule, quand je comprends que tu es bien trop loin pour que ce souffle soit autre chose que celui de ton absence.
Je t’ai cherché parfois. Je t’ai cherché souvent. Je t’ai cherché longtemps partout et même ailleurs. Ici et là-bas, hier et aujourd’hui. Et sans doute demain. Encore.
Je veux croire que tu es quelque part, là où le jour se lève. Même si une petite voix me serine sans cesse que si ça ne vient pas c’est qu’il ne faut pas.

Pic by Nathan Dumlao on Unsplash

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