Au bout de l’an

Une nouvelle année qui commence c’est comme ouvrir un carnet neuf. La couverture est impeccable et toute douce, un parfum inconnu se dégage des pages.

On choisit avec soin le stylo qui va nous accompagner tout au long des feuilles, on voudrait que se dégage une unité. Pour une fois. Croire que  l’on ne changera pas de couleur. Qu’on n’égarera pas le bleu et qu’on ne le troquera pas pour un noir ou pour un vert hideux qui contre toute attente deviendra notre préféré. On voudrait planquer le violet et le orange. Jeter ceux qui font des pâtés.

On se promet d’écrire parfaitement. Ecrire de la jolie écriture que l’on envie aux autres, de mettre des ronds sur nos i ou des étoiles au bout de nos phrases.  Même si l’on sait qu’immanquablement, les lettres se feront pointues, danseront à droite puis à gauche. Qu’elles seront remplacées par des abréviations, des hiéroglyphes. Des ratures.

Le carnet est si long que l’on pense ne jamais le terminer.

On voudrait aller plus vite, écrire ce qui n’est pas encore, connaître la suite pour ne pas se tromper au début, rencontrer des gens qui nous tiendraient la main et nous accompagneraient plus loin sur le chemin. Savoir avant, quand il vaut mieux changer de trottoir. Déceler la jalousie et la méchanceté avant d’y être confronté. On voudrait des rebondissements, on voudrait que notre cœur batte plus vite et que le temps ralentisse. On voudrait écrire des passages à surligner, pouvoir les disséquer et les apprendre par cœur. Avoir des pages à corner pour mieux y revenir.

Avant de déposer 2018 sur l’étagère des carnets précédents on se prend à le feuilleter.  On regarde en arrière, pas longtemps, juste le temps de mesurer le chemin parcouru. Parfois, on croit avoir rêvé et on se pince le bras pour vérifier. D’autres fois on retient notre souffle, pour le faire durer quelques instants de plus. Toujours, on mesure qu’il nous a fallu tout ce temps pour apprendre, grandir, comprendre, rêver, tomber et puis se relever.

À la fin, les pages seront trop remplies, tâchées, griffonnées et raturées mais elles seront ce que nous sommes et on ne voudra rien changer.

Dans votre grand carnet 2019 je vous souhaite des sourires, des corps qui se serrent, des morceaux de bolduc doré, des bulles qui dansent, des pages déchirées, des rencontres qui font du bien plus nombreuses que les autres, des cimes d’arbres qui frémissent et des oiseaux qui piaillent. Je vous souhaite des livres à lire et d’autres à écrire dans le secret de ses pages, des sourires à offrir et des larmes à ne pas retenir. Je vous souhaite des horizons lointains et d’autres à portée de main. Je vous souhaite des points d’interrogation pour apprendre toujours. Je vous souhaite de marcher vers vos rêves, et de disperser des points d’exclamation sur le chemin. Je vous souhaite d’en découvrir de nouveaux, parce qu’il n’y a pas d’âge pour rêver.

Et surtout je vous souhaite d’aimer, même quand c’est difficile et compliqué. Surtout quand c’est difficile et compliqué.

Je vous souhaite des points de suspension…

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7 commentaires sur “Au bout de l’an

  1. Et moi je te souhaite des pages et des pages couvertes de tes histoires pour enlever les lecteurs vers d’autres horizons, que ton chemin s’allonge et nous entraîne à avancer même si les cailloux nous écorchent et nous font pleurer. Bonne année, fructueuse, aventureuse, pleine d’amour et d’amis.

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  2. … meilleurs vœux Nath!
    Je te souhaite plein de jolis mots qui viennent se poser avec facilité et délicatesse sur ton carnet 2019, et des crayons de belles couleurs pour effacer les nuages gris. Et surtout je te souhaite le meilleur ainsi qu’à Chéri Chéri et tes 4 merveilleux 😘

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  3. C’est drôle, je n’ai pas du tout ce rite de passage d’une année à l’autre. Tout ce grand tralala ne me touche pas du tout. Il faudra juste que je m’efforce d’écrire la bonne année pendant quelques semaines, et de ne pas inscrire mon année de naissance au lieu de l’année en cours le 15 janvier.
    Je te souhaite une belle année, douce, joyeuse, et pleine de jolis mots.
    Et puis 2019, l’année des meufs. N’hésitons plus, envoyons des étoiles !

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