Maman, je m’ennuie …

À peine dix jours de vacances et Mister T s’ennuie déjà : « j’aime pas être fils unique, il me faudrait un frère de huit ans environ, je fais quoi moi pendant que tu travailles, il fait quoi Louis en ce moment, personne veut jouer avec moi. »

L’exercice est nouveau pour moi, parce qu’avant, s’ils s’ennuyaient, je n’étais pas là pour le voir. PetiteetGrandeChéries m’ont rassurée en me rappelant qu’on ne mourrait pas de s’ennuyer même si on peut dire qu’on meurt d’ennui et qu’ils ont tous développé des passions enrichissantes alors que je ne devais pas m’inquiéter.

Le problème c’est qu’aujourd’hui, je le vois s’ennuyer et que, au choix, je m’agace ou je culpabilise.

Hier j’ai fait à Mister T tout un baratin sur le fait qu’apprécier l’ennui était tout à fait profitable dans sa vie. « Ah? et pourquoi » m’a t-il dit me fixant de son œil acéré. « Parce que ça stimule ton désir de créativité ». Il a regardé sa sœur ainée d’un avec un air contrit du genre « oh ma pauvre, tu as dû franchement t’ennuyer! »

L’ennui

Bien sûr, tous les enfants ne deviendront pas artistes peintres, mais ils auront l’occasion de chercher ce qui leur plait vraiment. Pour ma part j’ai grandi comme ça, sans personne pour me donner des idées, les adultes à l’époque avaient d’autres préoccupations. J’ai choisi la lecture, ma sœur la pâtisserie (devenue experte dans les gâteaux de rêves), mon frère le jardinage (aujourd’hui il fabrique de magnifiques bonzaïs).

Bouger et être occupé, c’est très bien, mais n’avoir rien de précis à faire permet de rêvasser, d’observer, de réfléchir… Je sais bien qu’on ne peut pas tous être d’accord. J’en ai parlé avec le père de Louis qui m’a regardé avec des yeux ronds, en plissant le nez : il n’était pas d’accord et pensait que l’ennui était à bannir de toute vie. Je l’ai laissé penser ce qu’il voulait. Chacun voit midi à sa porte.

Mais oui, l’attente et l’ennui font partie de la vie, autant l’apprendre très vite et savoir quoi faire quand ça nous prend.

Découvrir la solitude
J’ai besoin de faire le point, seule, un moment dans une journée, Mister T ne le sait pas encore, mais lui aussi.  Sans sollicitation des écrans, et sans personne autour de lui pour le stiuler. Hier je l’ai donc encouragé à faire des activités seul. Je ne dis pas que ce fut facile. Je ne dis pas que ce fut de tout repos pour moi, mais aujourd’hui, je vais recommencer. À la question « Qu’est-ce que je peux faire ? » je vais répondre : Regarde les nuages, rêve, lit, fais des légos, invente une nouveau véhicule, bricole, dessine, fais des bulles dans le jardin. Et même si ça dure moins de vingt minutes, je m’estimerai heureuse.Parce que le véritable souci c’est ça : les activités durent au mieux un quart d’heure et après ? Après, il faut passer à autre chose.

Je pose ça là, pour pouvoir y revenir quand je serai en manque d’idées : Mes suggestions d’activités

  • Dessiner, colorier, peinturer, faire de la pâte à modeler, spirographer, fabriquer de la pâte à sel (et la manger), poterie, perles, découpage et création de figurines, pâtasser, faire des steaks hachés avec de la boue
  • Lire, faire son journal de vacances, faire ses sudokus, faire des réussites, écrire des cartes postales
  • Se baigner, faire des bulles, jouer au ballon, faire un mini golf, de la corde à sauter, une partie de Jokari, faire du vélo et s’inventer écuyer
  • Bricoler, faire des Légos, se déguiser
  • Jouer aux cartes ou des jeux de société (seul), à la pétanque
  • Cuisiner, faire des jus de fruits, du pain, un gâteau, écrire le menu, faire la liste des courses
  • Chasse au trésor, fabriquer une cabane de coussins
  • Faire un reportage photos pour quand Papa rentre, un herbier

Après, quand vraiment je suis agacée parce que rien ne lui convient, arrivent les idées moins rigolotes : range ta chambre, on va faire une dictée, un peu de tables de multiplication peut-être, t’as qu’à repasser, va faire la sieste, tu veux tondre la pelouse?

Ah, oui, j’ai oublié de vous dire, j’ai planqué les écrans…

Et vous, quelles sont vos idées pour les occuper ?

Pic de cet hiver par Ariane.

 

Comment garder la ligne ?

éditoriale de ton blog ?

En voilà une question, mais j’avoue qu’en ce moment je l’ai sans doute bien mérité. Peut-être avez-vous pensé que je vous avais menti. Vous attendiez des chroniques de la vie adoptive et finalement il n’y a rien de tout ça sur le blog, ou si peu que vous en êtes déçues.Il est temps de clarifier les choses.

Exit donc le blog où l’on ne parlait que de l’attente. Ça, c’est feu « vent fort, mère agitée » qui s’en est chargé. Exit aussi celui qui ne parlait que d’adoption. « Dans les yeux de Tanh » que je vais parfois relire pour goûter à nouveau à ces instants magiques existe toujours et vous pouvez retrouver les posts de cette époque là. Comme je le dis souvent, il n’y a pas grand chose à dire sur Mister T, si ce n’est qu’il est un enfant comme les autres.

Alors, sur From Baiona With Love, on parle de quoi ? D’un peu de tout, parce qu’il y a de tout dans la vie. D’une presque quinqua. Ah oui, ici, on parle d’âge. Ne cherchez pas, en ce moment, je suis en boucle. Je crains que ça ait quelque chose à voir avec mes cheveux tout gris. Sauf que je regardais hier une blonde et j’ai pris une bonne claque quand j’ai vraiment compris (on me l’avait déjà dit, mais je l’avais mis de côté pour plus tard et plus tard, c’était hier soir) que Mme LP avait stricto sensu le même âge que moi. Je l’écoutais parler ( notez que je n’ai pas dit déblatérer), je voyais ses lèvres toutes fines qui s’agitaient, ses rides ici et là, sa peau du cou qu’était plus très ou si, franchement vachement trop. J’ai éteint le poste de télévision.

On se pose des questions existentielles du samedi au lundi, on parle de mes humeurs et aussi des vôtres, on parle des livres que je glisse dans ma kindle et des salles obscures où je pleure. On parle de La Salle où je transpire. On parle écriture, on parle de vivre une vie en vacances et de jours de rien, on agrandit notre manuel d’utilisation et on partage nos bonnes adresses, on se souvient aussi, quand ma jolie machine à fabriquer de la nostalgie se met en route. On regarde par la fenêtre et par-dessus l’océan, on cherche la minute. Celle qui est décisive et change le reste du trajet. Et il y en a tellement des minutes décisives que ça ouvre d’immenses perspectives.

Ici on parle très peu de mode, d’autres le font bien mieux que moi, jamais de politique, je n’ai pas franchement l’impression d’en savoir suffisamment, et puis cette histoire de tenants et d’aboutissants, ça me scie toujours un peu. On ne parle pas de diététique (j’aime trop le jambon et la sangria), ni de DIY (je suis absolument nulle dans le truc), on ne parle pas non plus de voyages (sinon je ne ferai qu’un article par an)

Ma ligne éditoriale est aussi claire qu’elle est une grande besace en cuir multi poches dans laquelle je puise selon mon humeur. Mais vous, vous préférez quand je vous parle de quoi ?

« Et puis tu sais, les titres des articles c’est important, et toi, tu mets des crochets. Ça sert à rien les crochets et ça peut te faire perdre des référencements. Il faut des titres chocs ». Du coup pour cet article, je fais un test et j’enlève mes crochet.

« Et, il s’adresse à qui, ton blog ? » Apparemment, c’est un truc super précis que la cible du blog, sauf que moi je n’y ai jamais réfléchi. « Ouais mais t’as bien un lecteur idéal ». Bé, en fait tous les gens qui me rejoignent ici sont les bienvenus. J’imagine bien que la plupart sont issus du monde de l’adoption,  alors certains ont dû quitter le navire vu le peu d’articles que j’écris sur le sujet, d’autres me lisent parce qu’ils habitent là où j’habite aussi. Et les autres ? Comment sont-ils arrivés sur le blog ? Et bien je n’en sais rien. Quand je regarde mes statistiques, d’ailleurs, je m’interroge : mais t’es qui toi ? Comment es-tu arrivée ici ?

Je vous est encore pondu un article pour rien ? Oui, mais on est le premier mai, j’aurais très bien pu ne rien poster du tout ! Et puis quoi ,que cette photo ne veut rien dire du tout? Bien sûr que si, je fais des semis 😉

À demain, pour la correction des devoirs! Comment, tu n’as pas fait tes devoirs?

{Le bonheur joue au Jokari}

Elle m’a regardé fixement et le temps s’est arrêté. J’ai d’abord été tentée de lui répondre que je ne savais pas, qu’il fallait qu’elle s’accroche, que ça finirait par passer. « Tout passe, il suffit de faire le dos rond et d’attendre des vents moins forts ». Elle m’a dit « et s’il ne revenait pas ? »  Je ne me souvenais pas m’être demandée si j’étais heureuse, ni ce qu’était le bonheur avant d’avoir trente ans. Et puis c’est sorti tout seul « Le bonheur joue au Jokari  » lui ai-je répondu. Elle a écarquillé les yeux, moi aussi. Il me passait parfois des choses surprenantes par la tête, pourquoi les disais-je à haute voix ? Je devais trouver une explication plus claire au sujet du bonheur.

A quoi ça ressemblait? Est-ce que ça faisait mal ? Ou pas du tout en fait? Le voyait-on quand il était là, devant nous, ou bien après, quand tout était fini ? C’était quoi le bonheur ? Il se cachait où ? Je ne savais pas ce qu’était le bonheur mais étais-je capable de reconnaitre le malheur ?

Dans mon monde, il faut absolument être heureux. Ho, je ne suis pas la seule et c’est devenu un enjeu majeur à la vie de ce siècle. Maminette me disait que le bonheur ça ne se trouvait pas dans les salades (Dommage, à l’époque j’étais végétarienne et je ne mangeais que ça), que le bonheur n’existait que si on avait connu le malheur. « Oui mais c’est quoi Mamie, le malheur ? » J’avais bien compris qu’une mauvaise note en maths, un petit copain devenu celui de ma meilleure amie, des parents divorcés, ce n’était pas « le vrai malheur ». Une ombre passa devant ses yeux. Elle m’a dit « c’est marcher à Laparade, voir des gens morts, alignés le long de la route, des soldats allemands qui t’empêchent de t’arrêter quand il y a quelqu’un que tu connais, et toi qui n’a qu’une idée en tête, ne pas t’arrêter, pour ne pas y passer aussi ». J’ai dégluti. Ah oui! Donc le malheur c’était vraiment malheureux. Alors, c’est quoi le bonheur Mamie « c’est dormir dans un champ de blé, regarder les étoiles et te dire que ni lui ni toi, n’êtes allongés au bord de la route. »

Sa réponse était belle, mais, nous n’étions pas en temps de guerre, de fait, pourrais-je trouver le vrai bonheur ?

Alors, comme les autres encore une fois, je me suis mise à le chercher un peu partout.  Il y a eu cette période, où en véritable stratège, j’avais tenté  de le débusquer partout. Je ramassais des cailloux, je faisais sécher des fleurs. J’inventais des images. Je dansais dans la cuisine. Je l’ai cherché dans toutes les petites choses de la vie quotidienne. J’en faisais des caisses. Comme si demander une bonne et vraie dose de Bonheur, celui avec un grand B,  n’était pas possible, nous devions nous satisfaire de mini bonheurs.

Mon bonheur est devenu une succession de tout petits bonheurs que j’ai collectionnés et rassemblés sur une cordelette douce autour de mon cou. J’avais peur qu’ils ne s’effacent ou pire, que je les oublie.

C’est à ce moment là que j’ai appris une chose essentielle. Alors que j’avais parfois été terrifiée à l’idée qu’on naissait avec une jauge de bonheur, de chance, ou de sérénité sensée se vider entièrement si l’on n’y prenait garde, j’ai appris que le bonheur ne faisait qu’aller et venir. Et ce qui était dingue, c’est qu’il revenait. Comme la balle de Jokari. Il ne revient pas toujours sous la même forme, ni avec les mêmes yeux, mais, oui, il revient. Il n’est pas éternel, mais ne peut pas disparaître totalement d’un coup d’un seul. Ce n’est pas une chose aisée, le Bonheur, et très souvent il fait mal, parce que le bonheur existe uniquement parce que le malheur, le vrai, l’a précédé. Et aussi, parce que quand il est là, on a qu’une peur, que déjà il ne s’efface.

Mais si on pense au Jokari, alors il s’agit juste d’attendre que l’élastique se tende à son maximum. Et se relâche. Alors la balle revient.

 

 

{De la constance}

Dans la correction des devoirs, nous parlions de constance dans certaines réponses que vous donniez. C’est un joli prénom, Constance. Et il m’a amené à réfléchir.

Je crois bien que je n’ai jamais été d’une grande constance. Je suis la fille qui commence le ju jitsu en octobre et arrête en février par exemple, qui décide de se mettre au sport et arrête au bout de trois semaines, fait du violoncelle pendant sept ans et n’y a pas touché depuis trois ans. J’ai fait cinq ou six métiers différents dont certains ont à peine duré un an (juste histoire de comprendre que ça n’allait pas le faire du tout). Je suis celle qui renonce à créer un bullet journal parce qu’il sera inutile au bout d’une semaine, du fait du manque de constance justement, ou celle qui a eu de superbes amitiés qui se sont effritées et qui ne fait pas grand chose pour renouer les liens.

Je me lasse vite d’à peu près tout et j’ai une grande capacité à tourner la page. Je n’ai aucune constance ni discipline sur le long terme. Sauf ici. Et peut-être dans mon mariage. A moins que ce soit mon mariage qui ait une grande constance avec moi.

ChériChéri m’a dit samedi, ou était-ce vendredi, « en fait, tu es une créative. C’est l’idée qui te fait kiffer, mais la réalisation te saoule ».

Je ne savais pas qu’il me connaissait aussi bien. Il a finalement tout à fait raison. Oui, la réalisation me saoule.  C’est pourquoi je m’étonne d’être encore ici. Enfin ici, je veux dire sur un petit blog, quoi, parce que même si j’ai changé trois fois de crèmerie, j’écris toujours. J’écris encore. Et ça fait neuf ans que ça dure. Rien n’avait duré autant jusque là. Et ça, je vous assure, c’est un record. Absolu. Toutes catégories.

Je publie en moyenne 3 articles par semaine, sans compter les devoirs et leur correction (ce sont d’ailleurs les devoirs qui me demandent le plus de recherches) (ce qui en fait, fait 5 articles par semaine), sachant que j’ai 28 brouillons en attente et 12 articles sur l’air du temps qui n’ont jamais été publiés, l’air du temps étant changeant par définition (mettre un article sur Noël à Pâques, ce n’est pas terrible). Récemment une amie avec qui je déjeunais me disait « je ne sais pas comment tu fais pour écrire chaque jour « . Et si je vous disais que je ne sais pas moi même ? Certains matins, je m’étonne à trouver encore un truc à vous raconter (comme aujourd’hui par exemple).

Quand je m’assoie à ma table, il me vient comme une espèce de joie à l’idée de lire vos commentaires, une joie en comprenant que la question existentielle qui n’en ai jamais vraiment une, vous intéresse, une joie à voir que vous vous répondez sans que j’aie besoin d’intervenir que vous avez créé ici, une sorte de communauté, bienveillante qui plus est. Et tout ça en à peine un an. Voilà, c’est cette idée qui me fait kiffer.

Et si tout vient avec l’idée, je ne suis pas sortie de l’auberge. Parce que des idées, j’en ai à peu près toutes les quinze secondes.

Et vous, êtes-vous davantage dans l’idée ou dans la réalisation ?

Et puis en vrac :

J’ai lu quelque part (peut-être était-ce ici d’ailleurs, on peut donc me faire confiance) que quand on partage ses avancées sur son travail, ça le fait avancer. Je suis très heureuse de vous annoncer que mon premier chapitre a été entièrement validé. Je sais ce que vous allez penser, un chapitre sur quarante-neuf ça peut paraître peu, il était temps depuis le temps qu’elle nous bassine (je me bassinais moi même), et puis d’abord c’est qui qui a validé, mais, voyez-vous il n’y a pas de petites joies. Et celle-là est tombée hier en toute fin de journée, extrêmement bien. Tout comme les six récentes personnes qui ont aimé ma page FB. Je ne compte pas vous savez, enfin, si. En fait.

{Entre copines}

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J’ai bien peur que ce texte ne soit qu’un fake, pourtant, qu’est ce que j’ai envie d’y croire!

Je n’ai jamais eu la chance de faire partie d’une bande de copines. J’ai toujours été à contre courant : quand elles sortaient en boite j’avais mon premier enfant (à 21 ans), quand elles ont eu terminé leurs études je reprenais les miennes, quand elles ont eu leur premier enfant, j’en avais trois et quand elles ont juré de ne plus s’y remettre je rêvais à mon Number 4. J’ai conservé mes copines de 30 ans, j’en ai rencontré de nouvelles, j’en ai perdu quelques unes et retrouvé certaines. Je passe du temps avec les unes, avec les autres, un temps particulier à chacune.   Quelques heures, une demi-heure, un week-end ou une soirée pour papoter, refaire le monde, conseiller, accompagner, rigoler, faire du sport, boire du chocolat, manger des piquillos, une raclette ou un bo bun, au téléphone, par longs sms ou dans la vraie vie.

Ces moments passés entre filles me sont tout à fait bénéfiques. A moi et j’espère à elles aussi. Voilà pourquoi j’ai envie de croire à ce qui suit. Même si tout est faux, y croire, le fait exister.(Impossible de trouver le lien initial)

« La dernière conférence du cours du soir à Stanford traitait du rapport entre le corps et l’esprit, de la relation du stress et de la maladie.
L’orateur (patron du département Psychiatrie à Stanford) a, entre autre, affirmé que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d’entretenir des relations avec ses amies.
Tout l’auditoire a éclaté de rire, mais il était sérieux.
Les femmes ont des relations différentes entre elles qui engendrent des systèmes de soutien grâce auxquels elles gèrent les différents stress et les difficultés de la vie.
Du point de vue physique, ces bons moments “entre filles” nous aident à produire plus de sérotonine – un neurotransmetteur qui aide à combattre la dépression et qui engendre une sensation de bien-être. Les femmes partagent leurs sentiments alors que les rapports amicaux entre hommes tournent souvent autour de leurs activités. Il est très rare que ceux-ci passent un bon moment ensemble pour parler de ce qu’ils ressentent ou du déroulement de leur vie personnelle. Parler du boulot ? Oui. De sport ? Oui. De voitures ? Oui. De pêche, de chasse, de golf ? Oui. Mais de ce qu’ils ressentent ? Rarement.

Les femmes font cela depuis toujours. Nous partageons – du fond de notre âme – avec nos sœurs/mères, et apparemment ceci est bon pour la santé.
L’orateur explique aussi que de passer du temps avec une amie est tout aussi important pour notre état général que de faire du jogging ou de faire de la gym.
Il y a une tendance à penser que lorsque nous faisons de l’exercice nous soignons notre santé, notre corps, alors que lorsque nous passons du temps avec nos amies nous perdons du temps et que nous devrions nous acquitter de choses plus productives – ceci est faux.
Ce professeur affirme que le fait de ne pas créer et maintenir des relations personnelles de qualité est aussi dangereux pour notre santé que de fumer !

Donc, chaque fois que vous passez du temps avec vos amies, pensez que vous faites bien, félicitez-vous de faire quelque chose de positif pour votre santé…

{S’aimer soi même}

J’ai dû apprendre à m’aimer moi-même. Enfant, j’associais le fait de m’aimer moi même à « faire sa belle » ou crâner » dans la cour du collège. Je me souviens de ces jeunes filles qui faisaient le tour du terrain de hand ball en se donnant le bras et en faisant savamment bouger les cheveux qu’elles portaient longs à chacun de leurs pas, de leurs mains qui caressait une mèche pour l’accrocher derrière l’oreille ou celle qu’elles passaient derrière leur nuque pour soulever la lourde masse ondoyant dans leur dos. Je les disais prétentieuses. Je n’étais pas la seule à le dire, mais bon, dans l’histoire qui nous intérresse, il est utile de préciser que moi, je le disais.

Aujourd’hui je ne sais pas quel mot on utilise, j’espère qu’aucun n’a pris le relai.

Je pensais que s’aimer soi même c’était faire du nombrilisme, ne parler que de soi, toujours de soi, encore de soi. J’avais tort.

Ça vous parait futile et inutile de s’aimer soi-même ? Vous pensez que je suis à mon tour devenue prétentieuse ? Vous pensez que je ferai mieux d’aimer les autres plutôt que de chercher à m’aimer moi-même ?

ET bien non, je revendique le principe du s’aimer soi même. C’est même indispensable pour éprouver du plaisir et trouver du charme à la vie. Pas la trouver extraordinaire, mais simplement agréable à vivre. Imaginez comment seraient les  journées de quelqu’un qui se lèverait tous les matins en se trouvant bête et laid, persuadé de son infériorité et de son indignité à être aimé. Sans doute sa vie affective et professionnelle tiendrait-elle du calvaire.  Et celle de ceux qui l’entourent aussi.

Mais pourquoi diable devrait-on s’aimer soi même ? Pour aimer les autres. Pour s’adapter aux besoins d’autrui sans toutefois s’y aliéner, avoir la capacité de se transformer quand c’est nécessaire. Pour ne pas penser que si l’autre a quelque chose, moi, je ne l’aurais jamais. L’amour de soi nous permet d’accepter nos failles et nos défauts avec indulgence, quoique sans complaisance, nous autorisant ainsi à nous accorder une importance, alors même que nous avons conscience de notre imperfection.

Quelques petites choses à savoir pour commencer à s’aimer soi-même:

  1. Inutile d’avoir une vision précise de soi : il vaut mieux cultiver les illusions positives et s’estimer plus intelligents que ce qu’on est vraiment. La vision de nous-même est une construction de notre esprit, autant la rendre aussi plaisante que possible. Bien sûr, il faut éviter quelques écueils qui porteraient le nom de mégalomanie, nombrilisme et mensonges. A noter, il parait que les gens parfaitement réalistes sont toujours légèrement déprimés.
  2. Se reconnaître quelques valeurs: »je suis plutôt douée là ou là » et appuyer sur ces leviers pour avancer (il est toujours plus facile d’actionner les manettes qui ont un curseur plus élevé que les autres) , se ménager, protéger son territoire intime, sa santé physique et psychique, connaître ses intérêts réels. Il s’agit d’être une « bonne mère » pour soi-même, ou tout au moins une bonne amie avec soi même. « N’est-on pas la personne avec qui nous passons le plus de temps ».
  3. Il est exceptionnel de s’accepter totalement. Cette insatisfaction, inhérente à la nature humaine, permet de croire que la plénitude existentielle n’est pas un mythe. Il aurait suffit d’un rien pour que nous l’atteignions (cinq centimètres en plus, un tour de poitrine plus généreux, des yeux bleus, une appétence pour les maths ou une culture générale légèrement plus vaste par exemple), alors ne soyez pas inquiets, peu de risque pour que vous deveniez imbuvable.

C’était la minute psy suite à une conversation que j’ai eue avec GrandeChérie.  La phrase entre guillemets et en italique dans le texte est d’elle . Dorénavant vous aurez droit à une minute psy sachant que je suis pas psy du tout. Je vous parlerai d’un truc fabuleux que j’ai lu hier sur l’amitié entre filles et un chercheur de Standford, de Pénélope Bagieu et sa théorie sur les femmes que j’adore aussi mais dont j’aurais été tout bonnement incapable il y a cinq ans de ça. Du psy, de la moderie, tout fout le camp je vous dis!

La photo n’a rien à voir avec l’article. Ou peut-être que si finalement.

{Les femmes de ma vie}

Celles du premier jour, les nouvelles, les anciennes, celles de toujours, les virtuelles, les jeunes, les vieilles, les brunes, les rousses, celles qui dansent dans leur cuisine, qui prennent le métro, les Meredith Grey, celles qui mangent des graines, celles qui boivent des mojitos, celles qui jouent à la belote, celles qui jouent du violoncelle, celles qui peignent, celles qui photographient, celles qui adorent les cactus, celles qui croquent, celles qui plongent, celles qui courent, celles qui pleurent, celles qui rient, celles qui ont les cheveux courts, celles qui aiment le thé, celles qui ne boivent que du café, celles qui attendent, celles qui protègent, les sportives,  les jardineuses et les bricoleuses, les wonder woman, les dynamiques, les contemplatives, les working girl, les Daenerys Targaryen, les blogueuses, les ravissantes, les drôles, les émotives, les tendres, les passionnées, les râleuses, les maniaques de l’aspirateur, les Instagrameuses, les rigolotes, les adeptes du bio, les liseuses forcenées, celles qui coupent du bois, les chanteuses sous leur douche, les danseuses de samba, les randonneuses, les fans de comédie musicale, celles qui pleurent au cinéma, les agaçantes, les inventrices de recettes de cuisine, les engagées, les Desperate Housewife pour de vrai, les rebelles, les célibataires endurcies, les Mum to be, les aventurières, les pleureuses de larmes de crocodile, les éternelles rêveuses et les cœurs d’artichaut invétérées, les lève tôt et les couche tard, les stars de leur famille, les Caroline Ingalls, les porteuses de lunettes noires, les carriéristes, les écrivaines de leur vie sur Facebook, les mamans en cdi, les dévoreuses de cup cakes, les amoureuses à temps partiel, les marchandes de souvenirs, celles qui ont toujours un pied en l’air et la tête dans les étoiles.

A toutes ces femmes, à moi, à vous, à nous, je veux rappeler en ces temps étranges qu’il faut continuer à se serrer les coudes, à se regarder avec bienveillance, à respecter nos différences. A s’aimer, à éduquer les filles, à parler à nos fils, à se battre pour l’égalité dont on nous rebat les oreilles, l’égalité qu’on affiche au fronton de nos écoles, l’égalité si souvent bafouée sans que ça ne gène finalement personne. Ailleurs c’est la liberté qu’on bafoue, c’est la Femme elle même qu’on cache, qu’on nie, qu’on aliène.

La route est longue, rien n’est jamais gagné. Il suffit d’un coup de vent, d’un trump, d’un intégriste d’ici ou de là, bien pensant de son nombril, pour que de minuscules ou d’immenses droits nous soient retirés, à nous les Femmes et pour que des années soient balayées.