Carte postale : le train de la Rhune

Quand on arrive à Sare, à environ 10 kilomètres de Saint-Jean-De-Luz, il y a d’abord la longue file colorée et bruyante des visiteurs devant le guichet. , Étrangement elle se résorbe vite, et nous voilà installés sur les bancs en bois verni du train de la Rhune. Des rideaux rayés rouges et blancs obturent les ouvertures en cas de pluie et c’est parti pour un voyage de 35 minutes à la vitesse spectaculaire de 9km heure.

Le voyage laisse le temps d’admirer les paysages grandioses qui s’offrent à nous : les montagnes qui se découpent sur le ciel moutonneux, les forêts dont les différents verts se répondent, les bruyères qui ponctuent les parois rocheuses, les moutons disséminés à flanc de montagne et déposés sur des pierres plates à coups de pinceaux.

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35 minutes de voyage, ça laisse aussi le temps de rêvasser en passant près d’une clairière où quelques mages et sorcières auraient été du meilleur effet, mais surtout, ça laisse le temps d’entrer dans la vie de ses voisins de banc. Il y a eu ces deux jeunes femmes avec chacune un enfant, qui les mitraillaient avec leur téléphone portable, papotant de ce qu’elles avaient fait la veille et ce qu’elles allaient faire le lendemain. Il y a eu cette famille avec ses deux filles, la plus âgée qui souriait devant l’appareil photo alors que la plus jeune tournait ostensiblement la tête à la moindre sollicitation paternelle. Ou bien, lors de la descente, ce couple avec une petite fille de cinq ans environ (j’adore décider de l’âge des enfants) qui lui parlaient en espagnol mais parlaient français ensemble. Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher d’en chercher le pourquoi. Étaient-ils les grands-parents de la petite? Force a été de constater que la femme savait lire dans mes pensées parce que sitôt que j’ai eu pensé ça, elle n’a pas arrêté de lui dire de faire un sourire à maman, donner la main à maman, aller sur les genoux de papa. Ok message entendu. Alors, parce que les histoires, c’est moi qui les invente, je me suis dit qu’ils avaient adopté la petite fille en Espagne et qu’ils voulaient qu’elle conserve l’usage de sa langue. Mais ça ne collait pas. J’ai pensé que ce devait être des expatriés en  Espagne, où l’enfant était scolarisée et pour plus de commodités ils lui parlaient en espagnol. Bon, moi j’aurais fait l’inverse, mais chacun fait comme il veut. Alors, j’ai tourné la tête et vu ce petit garçon tout seul avec son père qui avait bien du mal à garder les yeux ouverts. Je me suis demandé ce qu’on pouvait faire, là-haut avec un petit bonhomme de deux ans et j’ai fermé les yeux ; j’en avais assez d’imaginer des trucs.

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Les infos pratiques :

Ne cherchez pas le parking, de toute manière il sera plein. Garez-vous le long de la route. Vous ne serez pas les seuls.

Tarifs : 18,5€/ adulte, 11€/enfant, 8€ pour les détenteurs de la carte d’invalidité orange.

Le sommet culmine à 905 mètres d’altitude; les conditions climatiques y sont souvent différentes de celles de la Côte Basque : penser à prendre de quoi vous protéger du froid, de la pluie ou du vent.

Les balades
Il est possible de faire de nombreuses balades à pieds à partir du sommet (voir carte IGN N° 1245 OT-TOP 25). Le sentier de la Rhune, balisé en jaune (itinéraire difficile) vous permet de redescendre à pieds jusqu’à la gare du Col de Saint-Ignace. Il faut environ 2h30 de marche pour la montée et 2h pour la descente. Il y a tout de même 736 mètres de dénivelé ! Le sentier est en plein soleil et non abrité, le terrain est glissant en cas de pluie. Il faut donc être bien chaussé. Bon, nous, on est flemmards, on a fait l’aller-retour en train.
Au sommet, nous avons pique-niqué, les yeux dans le paysage (et les fesses au milieu des crottes de moutons, ce que nous n’aurions pas fait s’il s’était agi de crottes de chiens. Vous noterez ici, l’injustice de la forme des cacas).

C’était un chouette moment, que nous referons, puisqu’il manquait une partie des combattants.

Dans ma kindle

Deux très chouettes livres dans ma kindle en ce début juillet qui s’annonce boulimique, sachant que j’en ai lu deux autres dont je ne vous parlerai pas). Donc, voici deux livres que je vous conseille de part la justesse de l’écriture la précision des émotions et l’économie avec laquelle cela est fait. En ce moment c’est ce que je cherche dans mon travail: l’économie.

Quand on n’a que l’humour d’Amélie Antoine :

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C’est l’histoire d’un humoriste adulé dont le spectacle doit être retransmis en direct sur TF1 devant des milliers de spectateurs. Une personne ne sera pas au rendez-vous et cette absence fera tout basculer. Ce roman est construit en deux parties. Dans la première on s’attache à la vie d’Edouard Bresson, son enfance, les drames qui l’ont jalonné et ont fait de lui qui il est devenu. On suit sa quête  du bonheur quand être connu fausse pas mal de choses. Dans la deuxième partie, on suit son fils dans un jeu de piste à travers la France à la recherche de son histoire et celle de son père. Une belle écriture, sensible, une description très juste des émotions, des liens pères/fils, de la difficulté de créer et de la solitude dans laquelle elle fait parfois se noyer les gens. Ici, pas de passage grandiloquent, pas de manichéisme. Juste la vie et les petits arrangements qu’on a tous avec elle.

Miss Cyclone de Laurence Peyrin :

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« A l’ombre du Cyclone, les célèbres montagnes russes de Coney Island, là où New York se jette dans la mer, Angela et June, deux jeunes filles que tout oppose, se construisent ensemble dans une amitié indéfectible. L’amitié féminine, dans sa force et sa singularité, est racontée ici de manière lumineuse par Laurence Peyrin, à travers quatre temps de la vie d’Angela et de June. Quatre temps décisifs qui coïncident avec quatre événements marquants de l’histoire. »

Rien de fantasque, on s’attache à la vie de deux femmes diamétralement opposées mais qui cherchent la même chose : le bonheur. Une vie tranquille, avec quelques rebondissements qui amènent à des choix de vie. On se dit « moi j’aurais pas fait ça » et puis très vite « ah, si peut-être… » Jolie plume aussi, concise, précise, elle ellipse pour laisser le lecteur libre d’imaginer la suite avant de donner la réponse. Beaucoup d’émotion jusqu’à la fin, qui nous fait finalement tout reconsidérer.

Oui, de bien jolies lectures.

Vendredi confession #5 qui tombait un jeudi

Il y avait super longtemps que je n’étais pas venue vous raconter des trucs de la plus haute importance et que vous mourrez d’envie de savoir. Ne rougissez pas, la curiosité est un bien joli défaut et comme je le dis souvent à Mister T « tu n’es pas curieux, tu veux savoir ». Donc voici un petit vendredi confession qui tombait un jeudi et qui parlait de livres, d’adoption et de recettes.

  1. Il y a donc eu la fête de l’école. Comme chaque année je m’étais inscrite pour tenir un stand. Mister T avait choisi « tirs au but ». Quand je me suis présentée aux maman de l’APE, je n’ai pas tout de suite compris pourquoi elles souriaient quand je leur ai annoncé. Ça n’a duré que deux secondes parce qu’après, tout est devenu clair. J’étais censée arrêter moi-même les buts. Bon, inutile de dire que j’ai modifié illico les règles et que chaque tireur devait s’engager à arrêter les buts d’un autre gamin. Ils étaient ravis. Et moi aussi, assise à l’ombre sur ma murette. De plus ma boite à jetons a été dézinguée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
  2. J’ai écrit 32 chapitres de mon livre, soit plus de la moitié. Je suis super contente que ça avance aussi vite même si j’ai l’impression que je travaille parfois à vue. Il va falloir que passe à la prochaine étape : trouver des lecteurs pour qu’ils me donnent leur impression, chose peu aisée, l’auteur étant parfois à fleur de peau quand il s’agit de son bébé.
  3. Je suis allée au cinéma voir « comment j’ai rencontré mon père ». Malgré le pitch super intéressant de mon point de vue, je suis restée sur ma faim. Ce film ne parle pas du tout de l’attachement père/enfant comme je l’imaginais, ni de la parentalité adoptive, ni vraiment des migrants. Sur France Inter j’avais entendu une chronique qui disait que c’était un film poignant (je sais pas où, ou bien mon empathie a fondu au soleil), plein de tendresse (ok, ça peut-être, mais pas sûr non plus) le pire, je crois, c’est que j’ai regardé mon portable toutes les dix minutes et ça c’est malheureusement un signe.
  4. La BD: Sur IG @margauxmottin a présenté une bd sur l’adoption « l’adoption » de Zidron et Monin en deux tomes.  C’est l’histoire de la petit Qinaya, une jeune Péruvienne de 4 ans dont les parents sont décédés dans un tremblement de terre et qui est adoptée en France. Mais c’est aussi l’histoire de Gabriel, qui va devoir apprendre à devenir grand-père alors qu’il n’a même pas eu le temps d’être père. Petit à petit, un amour fort va se nouer entre les deux. (Tome 1) Bon, bon, bon comment dire? J’ai ri, j’ai pleuré aussi, on pourrait dire que j’ai beaucoup aimé. Et puis une boule s’est logée dans mon estomac et j’ai espéré qu’ils ne tombent pas dans le cliché, mais. Il faut croire que les clichés ont la vie dure. Parce qu’au milieu de moult possibilités, les auteurs ont choisi de raconter une adoption qui n’a pas été faite dans les règles. Forcément. Je ne sais pas ce qui les a inspiré ni si c’est tiré d’une histoire réelle, parce que les réflexions sont d’une justesse infinie. Ce qui m’agace, c’est qu’encore une fois on stigmatise les adoptants « prêts à tout pour avoir un enfant ». Dans le tome 2 on suit Gabriel sur les traces de la petite Qinaya, on s’éloigne de l’adoption et on se concentre sur les réflexions du grand-père à propos de la parentalité, de la mort des enfants, de l’âge… Je vous laisse juge, vous me direz.
  5. Après avoir eu ma période avocat, j’en suis à ma période mangue. Je vous livre mes recettes best of : tartare de mangue à la menthe : couper la mangue en petits carrés, ciseler la menthe, couper un fruit de la passion. Mélanger les ingrédients et si vous préférez en version plus sucrée ajouter une cuillère à café de sirop d’agave. La version salade : mangue + 3 riz + 1/2 poivron rouge, jaune et vert en lanières (je le précuis 2 minutes au micro ondes pour mieux le digérer)+ basilic +menthe + oignon vert ou rouge +jus de citron + cacahuètes ou noix de cajou concassées + copeaux de noix de coco. On mélange tous les ingrédients, un peu d’huile et du vinaigre de mangue (si vous avez sinon juste le citron) on refroidit et on déguste.

Maman, je m’ennuie …

À peine dix jours de vacances et Mister T s’ennuie déjà : « j’aime pas être fils unique, il me faudrait un frère de huit ans environ, je fais quoi moi pendant que tu travailles, il fait quoi Louis en ce moment, personne veut jouer avec moi. »

L’exercice est nouveau pour moi, parce qu’avant, s’ils s’ennuyaient, je n’étais pas là pour le voir. PetiteetGrandeChéries m’ont rassurée en me rappelant qu’on ne mourrait pas de s’ennuyer même si on peut dire qu’on meurt d’ennui et qu’ils ont tous développé des passions enrichissantes alors que je ne devais pas m’inquiéter.

Le problème c’est qu’aujourd’hui, je le vois s’ennuyer et que, au choix, je m’agace ou je culpabilise.

Hier j’ai fait à Mister T tout un baratin sur le fait qu’apprécier l’ennui était tout à fait profitable dans sa vie. « Ah? et pourquoi » m’a t-il dit me fixant de son œil acéré. « Parce que ça stimule ton désir de créativité ». Il a regardé sa sœur ainée d’un avec un air contrit du genre « oh ma pauvre, tu as dû franchement t’ennuyer! »

L’ennui

Bien sûr, tous les enfants ne deviendront pas artistes peintres, mais ils auront l’occasion de chercher ce qui leur plait vraiment. Pour ma part j’ai grandi comme ça, sans personne pour me donner des idées, les adultes à l’époque avaient d’autres préoccupations. J’ai choisi la lecture, ma sœur la pâtisserie (devenue experte dans les gâteaux de rêves), mon frère le jardinage (aujourd’hui il fabrique de magnifiques bonzaïs).

Bouger et être occupé, c’est très bien, mais n’avoir rien de précis à faire permet de rêvasser, d’observer, de réfléchir… Je sais bien qu’on ne peut pas tous être d’accord. J’en ai parlé avec le père de Louis qui m’a regardé avec des yeux ronds, en plissant le nez : il n’était pas d’accord et pensait que l’ennui était à bannir de toute vie. Je l’ai laissé penser ce qu’il voulait. Chacun voit midi à sa porte.

Mais oui, l’attente et l’ennui font partie de la vie, autant l’apprendre très vite et savoir quoi faire quand ça nous prend.

Découvrir la solitude
J’ai besoin de faire le point, seule, un moment dans une journée, Mister T ne le sait pas encore, mais lui aussi.  Sans sollicitation des écrans, et sans personne autour de lui pour le stiuler. Hier je l’ai donc encouragé à faire des activités seul. Je ne dis pas que ce fut facile. Je ne dis pas que ce fut de tout repos pour moi, mais aujourd’hui, je vais recommencer. À la question « Qu’est-ce que je peux faire ? » je vais répondre : Regarde les nuages, rêve, lit, fais des légos, invente une nouveau véhicule, bricole, dessine, fais des bulles dans le jardin. Et même si ça dure moins de vingt minutes, je m’estimerai heureuse.Parce que le véritable souci c’est ça : les activités durent au mieux un quart d’heure et après ? Après, il faut passer à autre chose.

Je pose ça là, pour pouvoir y revenir quand je serai en manque d’idées : Mes suggestions d’activités

  • Dessiner, colorier, peinturer, faire de la pâte à modeler, spirographer, fabriquer de la pâte à sel (et la manger), poterie, perles, découpage et création de figurines, pâtasser, faire des steaks hachés avec de la boue
  • Lire, faire son journal de vacances, faire ses sudokus, faire des réussites, écrire des cartes postales
  • Se baigner, faire des bulles, jouer au ballon, faire un mini golf, de la corde à sauter, une partie de Jokari, faire du vélo et s’inventer écuyer
  • Bricoler, faire des Légos, se déguiser
  • Jouer aux cartes ou des jeux de société (seul), à la pétanque
  • Cuisiner, faire des jus de fruits, du pain, un gâteau, écrire le menu, faire la liste des courses
  • Chasse au trésor, fabriquer une cabane de coussins
  • Faire un reportage photos pour quand Papa rentre, un herbier

Après, quand vraiment je suis agacée parce que rien ne lui convient, arrivent les idées moins rigolotes : range ta chambre, on va faire une dictée, un peu de tables de multiplication peut-être, t’as qu’à repasser, va faire la sieste, tu veux tondre la pelouse?

Ah, oui, j’ai oublié de vous dire, j’ai planqué les écrans…

Et vous, quelles sont vos idées pour les occuper ?

Pic de cet hiver par Ariane.

 

Carte postale : Zugarramurdi

Il serait temps de reprendre le cours de notre vie sur le blog. Merci à toutes pour vos messages que j’ai transmis à qui de droit. Elle a souri en disant à chaque fois, c’est gentil!

IMG_9683Hier, j’ai cherché des idées de story pour GrandeChérie, je n’ai donc pas beaucoup d’idées pour ici. Vous croyez que c’est de tout repos d’avoir une fille artiste peintre? Et bien non, pas pour moi, parce qu’il faut toujours que je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Et donc du choix de ses story IG, alors qu’elle n’a absolument pas besoin de mon aide, cela va sans dire.

En nous baladant à Zugarramurdi aka le village des sorcières, je suis tombée sur cette tête de poupée. Trouvée couchée face contre terre, je l’ai redressée et posée sur un parapet à côté des hortensias. Elle avait un petit côté Toy Story qui me plaisait bien et puis la dénicher dans ce village me paraissait rigolo. Bon, ma fille n’a pas été du même avis. Elle m’a dit « t’as qu’à la mettre sur ton IG, ça fait très photo d’écrivain torturé. »

Je l’ai pas mise, je ne suis ni écrivain ni torturée. Par contre je vous ai préparé une petite carte postale de Zugarramurdi où nous sommes allés hier. Allez hop, je vous embarque.

Zugarramurdi en Navarre est une commune bascophone dont la mémoire est associée aux procès de l’Inquisition suites auxquels des villageois de la localité furent, au Moyen-Âge, exécutées ou impitoyablement punies. Les aveux arrachés sous la torture parlaient de messes noires, de métamorphoses, de maléfices. Certains étaient accusés de provoquer des tempêtes pour que les bateaux ne regagnent jamais la côte basque, d’autres étaient aussi suspectés d’être des vampires. L’enquête menée par l’Inquisition conduit au célèbre procès de Logroño. C’est pourtant un petit village calme et pittoresque baigné de paysages verdoyants et vallonnés où les maisons blanches aux volets rouges typiques de la région de la Navarre qui bordent les chemins pavés, l’église Asunción qui regorge de fleurs, les fermes, et les troupeaux qui paissent paisiblement ne laissent plus rien paraître.

Il serait incorrect de parler de Zugarramurdi sans évoquer ses grottes. La Grotte est un impressionnant tunnel karstique où la nature et la mythologie se retrouvent. Mais ce ne sont ni les stalagmites, ni les stalagtites qui attirent les visiteurs, juste le mystère qui plane autour des fresques. Ici se tenaient des fêtes et rituels pour rendre hommage aux forces de la nature, autant de célébrations que l’Inquisition a jugé comme étant un culte démoniaque… Elles sont incontournables et magnifiques, et vous donneront un aperçu du repaire des sorcières. Pour Halloween, elles deviennent le berceau de concerts lors desquels tout le monde prend plaisir à se déguiser. 

Le musée des sorcières, en complément, vous explique l’histoire des lieux et les rituels des sorcières pour s’échapper … Gare aux philtres d’amour et à la bave de crapaud! Et surtout gare à l’Olabidea, rivière parallèle aux grottes, considérée comme celle de l’Enfer…

Il faudrait peut-être parler aussi du film Les sorcière de Zugarramurdi, mais je ne l’ai pas vu, je vais donc m’arrêter là.

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Nous avons déjeuné sans grande surprise à deux pas du parking chez Herriko Jatextea, parce qu’un petit garçon mourrait littéralement de faim. Il s’agit d’une grosse cantine où l’on mange bien, sans chichi, sans doute peut-on trouver mieux.

Je ne vous raconterai pas que nous avons égaré ChériChéri qui tirait des plans de restaurant devant une maison ni que Mister T a demandé cent-vingt fois quand nous allions rentrer, ni que ChériChéri a absolument tenu à acheter cinq kilos d’olives. Cinq kilos! On en a au moins pour dix ans!

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18 Souvenirs de toi

 

J’aurais pu t’écrire que ce jour là était notre jour, à nous. Les grands avaient été déposés chez Nounou pour la journée, parce qu’il y a des choses que l’on sent. Que ton prénom avait bien été choisi puisque tu es née deux heures plus tard à la lumière d’un éclair et sur un coup de tonnerre. Tu as vu le jour au milieu d’une nuit qui n’en était pas vraiment une.  Mais cette histoire, tu la connais par coeur.

J’aurais pu te dire que quand je t’ai vue, j’ai vu ta grand-mère en miniature, et qu’aujourd’hui la ressemblance continue, photos à l’appui. Mais ça aussi tu le sais sur le bout des doigts. J’aurais aimé t’écrire tout ça et bien plus encore. Te raconter que la vie est belle quand elle a la couleur de tes tâches de rousseur, qu’elle est amusante quand mon doigt s’entoure d’une mèche de tes cheveux, qu’elle est tendre comme le regard que tu poses sur nous quand tu te réveilles le matin. J’aurais pu écrire un poème tout en alexandrins, faire un inventaire à la Prévert ou écrire quelques dialogues à la mode de Molière, j’aurais même pu écrire une chanson, mais j’ai préféré empiler sur mes doigts tout ce dont que je voulais me souvenir

  1. Coluche d’abord, il n’y a que toi qui le comprenne (et sans doute tes plus grands frères et sœurs, et aussi ceux qui t’aiment depuis tout ce temps)
  2. Les deux doigts dans ta bouche.
  3. Nos repas du jeudi, devenus ceux du lundi, puis de tous les jours au fil du temps qui passe et de tes différents établissements scolaires.
  4. Les chips avalées au retour de l’entrainement, le débriefing de la séance dans la voiture, l’odeur des rollers à nulle autre pareille, puis celle de la salle d’escalade qui rythma nos premiers après-midi ici.
  5. Tes cheveux emmêlés, prisonniers d’un élastique sadique que tu finiras par couper et que je mettrais à la poubelle.
  6. Nos différentes attentes dans de multiples salles du même nom, les bips, les badges en pâte fimo des infirmières, ton courage, ton sourire déguisé en moue. Ou bien était-ce l’inverse ?
  7. Tes habits du dimanche en camouflage et toutes les histoires que tu t’inventais à travers la campagne, sous le regard amusé des plus grands.
  8. Ton regard assuré quand tu disais vouloir être espionne, puis militaire et maintenant photographe de guerre. Ton regard assuré et mon sourire coincé.
  9. Le bazar de ta chambre, celui de ton dressing et les traces de toi que tu laisses à côté du fauteuil.
  10. Tes minis pieds taille 34 qui font dire aux vendeuses de chaussures qu’elles ont rencontré Cendrillon.
  11. Ta fidélité, ton courage, ta persévérance, ce sentiment de justice qui te colle aux baskets et parfois te coupe les ailes.
  12. Le regard que tu as quand tu doutes, celui que tu as au réveil, celui que tu déposes sur les gens et les choses à travers l’écran de ton appareil photo. Et tous les regards que je ne connaitrais pas.
  13. Tes joues couleur abricot mûr.
  14. Les traits que tu as arrêté de déposer au chambranle de ta porte espérant qu’en les boudant ils se feraient plus présents. Oui, je sais, ça n’a pas fonctionné.
  15. Le son de ton rire qui dévale les escaliers. Ton rire retrouvé après toutes tes tempêtes.
  16. Ton appétence à régler toutes les machines de la maison qui, quand tu pars quelques jours, me fait redouter le moindre couac.
  17. Tes amitiés fidèles qui perdurent au delà des villes et des régions.
  18. Ta vie d’après qui commence aujourd’hui, vas-y, ma belle ouvre grand tes ailes.

Sweet eighteen my love.

 

 

Le réseau social Uriji Jami : vous connaissez?

Dans une autre vie, j’ai rencontré quelqu’un pour qui tout était possible. Il s’appelait Jean. D’ailleurs, il s’appelle toujours comme ça.

Il y a des gens comme ça que rien n’arrête. Des gens qui ne sont pas à un rêve près, ni à un déménagement, ou un coup de poker près. D’un continent à l’autre, d’une langue à l’autre. D’une vie à une autre. Jean fait partie de ces gens qui vous obligent à croire en vos rêves. Il est de ceux qui, professionnellement nous a aidé à en réaliser au moins un.

Jean Clauteaux a fait un pari un peu fou et a tout quitté pour se donner les chances d’y arriver. En souvenir d’une conversation avec son père au fin fond de l’Amazonie dans les années 80, il a imaginé un réseau social capable de donner plus d’authenticité aux rapports entre les êtres humains. Un réseau à la fois solidaire et professionnel.

Uriji Jami est né de la frustration vis-à-vis de la manière dont fonctionnent aujourd’hui les réseaux sociaux et qui ne permettent à personne de se réaliser humainement. En partant de la vision de base que “la vie est notre principal actif”, Uriji Jami place la vie au centre de tous nos échanges. Et les rêves aussi.

Uriji Jami est un réseau social dans lequel on partage nos rêves et nos histoires au travers d’une application mobile (iOS). Cette application Uriji, lancée officiellement le 15 novembre 2016 et disponible en téléchargement gratuit sur l’AppStore, combine des fonctionnalités des réseaux sociaux et de l’e-commerce afin de permettre à ses utilisateurs de poster et de partager leurs rêves et projets et leurs histoires et expériences. C’est un réseau basé sur le  partage de nos rêves et de nos histoires, de nos projets et de nos expériences.  Ce qui est totalement nouveau dans cette dynamique, c’est l’introduction optionnelle de l’aspect financier: s’il le souhaite, l’utilisateur a l’opportunité de monétiser son expérience. En rémunérant les histoires, les créateurs d’Uriji Jami espèrent ainsi renforcer le potentiel des échanges en les crédibilisant, en les valorisant et en établissant un rapport d’égal à égal entre les parties.

Ce qui me plait le plus chouette, c’est l’idée de parler de nos rêves et de nos aspirations. Pourquoi parler de ce qu’on a été alors, que c’est du passé ? Et si en échangeant on accédait plus facilement à nos rêves, et si l’entraide changeait tout ?

Le rêve d’Uriji  : permettre à chacun de réaliser son potentiel de vie.

Uriji donne au futur la même importance qu’ont le passé et le présent dans l’histoire et le récit de vie de chacun. L’avenir devient ainsi une donne positive du réseau social et un aspect constitutif des échanges qui s’en suivront. Selon James Aschehoug (le beau frère de Jean) « on n’arrive pas à avoir une vraie image d’une personne et encore moins de son potentiel parce qu’on focalise essentiellement sur son passé et on ne prend pas du tout en compte ses rêves, son avenir. »

« Uriji jami, ce sont des gens qui t’inspirent et le réseau pour construire ton avenir. »

Basé au Vénézuéla, Uriji Jami est en espagnol ou en anglais, et donc, on va rêver en quelle langue?