{ En vrac et pas dans l’ordre #7}

En ce moment j’adore faire des listes plutôt que des articles. Je ne sais pas pourquoi. Je ne crois pas que ce soit une histoire de flemme. Peut-être parce que je ne sais plus organiser un article. Ou parce que je veux que ça aille vite ?

Alors une autre liste de trucs en vrac et pas dans l’ordre. Attention, merci de vous munir de kleenex ou de refermer cette page si vous êtes maquillée/devez partir au travail sans repasser par la salle de bains, chialance en vue, ou ne regardez pas la pub Monop’ (ah bon ? Ça ne vous fait pas pleurer?)

  1. La pub monoprix. J’adore les jolies histoires et pour le coup celle-ci est très belle (et pas longue: 4 minutes c’est parfait pour vous mettre de bonne humeur)
  2. Les nouvelles nouvelles d’Anna Gavalda : Fendre l’armure. Pas encore lu, mais Anna G., c’est elle qui m’a donné envie, le premier jour, de me lancer. C’est fou hein? Ça aurait pu être tout un tas d’autres, mais non. Le premier texte écrit et publié sur le blog Vent fort mère agitée commençait par « Ce n’est pas parce qu’Anna Gavalda l’écrit, que c’est forcément vrai. » Je n’ai pas tout aimé de Anna G. Je n’ai pas aimé « Billy/La vie en mieux par exemple » ni la pirouette qui a consisté à publier la nouvelle sous deux titres différents, mais j’aime sa fidélité à son éditeur (Le Dilettante) et ce qu’elle en dit, sa discrétion aussi. Je me dis que, si je pouvais choisir à qui je ressemblerais, un jour. Après. Elle, ce serait pas mal. Ou Delphine De Vigan. Ou Grégoire Delacourt. Ce recueil, je ne sais pas trop si je vais l’aimer, mais je vais aller la voir. Le 24 juin elle vient à Bayonne.
  3. Vous ne saviez pas ? Et bien maintenant, vous savez.
  4. Si vous venez sur Bayonne, faites comme Anne-Laure et testez le Pitaya. Pas encore testé de notre côté, parce que toujours blindé quand on veut y aller.
  5. J’en ai marre des gens qui disent que pour grandir il faut sortir de sa zone de confort. Moi j’ai envie d’être confortable!
  6. J’en ai marre aussi des manuels de phrases à dire quand (cocher la case qui convient) un enfant fait une erreur/ un enfant fait un caprice/ un enfant est en colère. J’aimerais bien qu’on nous foute la paix et qu’on arrête de nous culpabiliser parce qu’on a répondu « Mais c’est pas possible, tu le fais exprès ou quoi d’avoir péter tes lunettes pour la 172ème fois! » plutôt que  » je comprends ce puissant désir de création qui monte en toi, néanmoins serait-il possible que tu utilises de la pâte à modeler ? » Qu’on nous laisse être les parents imparfaits des enfants génialement imparfaits que nous avons engendrés.
  7. J’en ai marre (aussi) de tous ces gens qui prônent le bonheur continuel. Laissez-nous ne pas être heureux tout le temps, le bonheur, c’est fatiguant et pour qu’il existe vraiment, il faut avoir tester l’autre revers de la médaille.
  8. Cet article a été écrit samedi matin entre 7h et 10 heures et j’ai rencontré quelqu’un qui a dit à peu près la même chose dans l’après-midi du même jour, aux rencontres littéraires des Belles Pages à Guéthary: Jean-Louis Fournier qui nous parlait de Bonheur à gogos! son dernier roman. Ça m’a bien amusé (je m’excuse d’avance de dire ça auprès de celles qui aimerait y parvenir. J’aime bien ne pas être consensuelle)(de temps en temps)
  9. J’ai bien aimé le post instagram de Baptiste Beaulieu sur Cyril Hanouna et son courage. Il y a des choses que j’ai du mal à comprendre. Le CSA est capable de faire retirer l’autorisation d’émettre à la chaîne Numéro 23, mais ne coupe pas la parole à Cyril Hanouna et Vincent Bolloré. Il y a des trucs qui me dépassent. À moins que ce soit une question d’argent ? Oui, il y a des trucs qui me donnent envie de vomir.

Pic by Samuel Zeller

Vendredi confession, c’est reparti!

Cette année, je découvre certains petits bonheurs  liés à mon activité professionnelle. Et ça pique un peu.

  1. Je travaille.
  2. Certains ne comprennent d’ailleurs pas que j’appelle mon activité, un travail. Je cherche à lui trouver un autre nom, mais mes enfants et mon mari m’assurent qu’on s’en fout des autres. J’avoue que j’ai du mal avec ce concept (de s’en foutre des autres). D’ailleurs j’ai du mal avec beaucoup de concepts en ce moment, la cinquantaine, l’amitié, la pluie, l’automne en hiver. Excusez ces digressions.
  3. Donc : je travaille / À la maison.
  4. Certains ne comprennent pas que ces deux petits mots puissent fonctionner ensemble.
  5. Je répète donc : je travaille à la maison.
  6. Si certains ne comprennent pas, mon mari en revanche  a compris ce que ça impliquait :
    • je ne fais pas les courses en dehors des jours que j’accorde à cette activité (le samedi de 11h à 12H), le reste du temps je travaille.
    • je ne repasse pas, si ce n’est au bout de trois semaines quand personne n’a plus rien à se mettre et que je n’ai plus de place pour poser le linge en attente, parce que le reste du temps, je travaille.
    • Quand on veut me joindre, il vaut mieux me laisser un message . Autre solution m’appeler trois fois de suite. Sinon il y a de fortes chances (risques?) que je réponde pas (ou seulement le soir après vingt heures)
    • Mon porte feuille se porte bien, vu que je me tâte pendant trois semaines avant d’aller faire du shopping et que le jour où je suis décidée il pleut/  J’ai pas envie de bouger la voiture/ et puis, j’ai du travail.
    • la salle à manger, le salon et la cuisine sont « mon bureau » et ne peuvent être mis en ordre sans un document signé de ma main en triple exemplaire, parce que toutes ces pages: Ok, vous avez compris : c’est du travail.
    • Quand ChériChéri me demande de faire du public relations (sourire et être une potiche dans un dîner/cocktail/soirée auprès de gens dont les conversations m’ennuient et auxquels je réponds par hochements de tête et des onomatopées), que je fouille dans mon agenda à la recherche d’un autre rendez-vous (mais je n’ai jamais d’autre rendez-vous), bien souvent il renonce à ma présence. Tout seul. Comme un grand. « C’est pas grave dit-il, ce n’est pas important, (je lui avais bien dit!) et puis tu as ton xxx » (remplacez les x par le mot qui convient)
  7. Je refuse d’écouter  toutes les phrases commençant par « est-ce que tu pourrais » non, je ne peux pas plus que toi.
  8. Je n’aime pas trop quand on dit de mon travail que c’est un projet. Non, j’aime pas trop.
  9. Les regards lourds de sous-entendus quand les voisins passent devant la maison et qu’ils me voient sur l’ordinateur. Au choix ils se disent que je suis une geek/ une fainéante/ une mauvaise mère. Peut-être qu’ils ne se disent rien et qu’ils secouent la tête en pensant à Mister T aux prises avec la folle que je suis. Il faut dire que je passe 125 fois ma main dans les cheveux (ne m’appelez-pas MLP), que parfois je ris toute seule. Et même, je pleure. Mais ça, c’est quand je n’arrive à rien ou que Marie (Marie c’est elle) est émue. Du coup je le suis aussi.
  10. Certains me disent « de toute façon, tu ne peux pas travailler 8 heures de rang à cette activité, tu dois avoir plein de temps disponible maintenant » Bien souvent je ne dis rien, mais si tu veux, viens passer une journée avec moi et tu verras si je ne reste pas huit heures (8 heures) assise à ma table. Mes gosses ont testé et finalement ils préfèrent aller à l’école, même quand ils sont malades (mon bureau = le salon = pas de télé)
  11. Du coup quand les gens me voient lire, ils s’écrient « mais là tu ne travailles pas! » Si je travaille, et c’est du temps non encore comptabilisé dans les huit heures, attends, je le rajoute.
  12. J’aime moyen les regards des animateurs qui me voient arriver à l’arrache, les yeux exorbités et les cheveux dressés vers le ciel comme des antennes. La discussion que j’ai eue avec l’une d’elle dans la semaine, au sujet de la cantine (à laquelle Mister T ne veut plus manger) en est un parfait exemple : « de toute façon, si vraiment ça ne s’arrange pas, vous êtes à la maison… » (Tout est dans les points de suspension) Et moi, de me tortiller, de tordre mes doigts (des fois, je me saoule moi -même) « oui, mais enfin, je travaille à la maison » (j’ai bien appuyé sur le mot travaille) et son haussement d’épaules et de sourcils qui s’en sont suivis m’ont  laissé perplexe. Les épaules, j’aurais compris, les sourcils, beaucoup moins.
  13. Et tout ça, Mesdames et Messieurs, pour des clopinettes, parce que ce n’est parce que tu écris, qu’un jour tu seras publiée (mon nouveau mantra) (à se répéter en boucle de six heures à vingt heures)
  14. Ah, oui je vous l’avais dit : ça pique !!

Belle journée en automne!

C’était quand ?

C’est quand qu’il a commencé à t’aimer ? Lui.

Je n’en sais rien.

Peut-être était-ce dans cet échange de regard ce jour là, notre premier jour ensemble. Dans ma main qui le tenait pour partir en balade ou quand ma main, encore elle,  qui lui caressait le crâne et ses cheveux courts. Est-ce le jour où je l’ai pris contre mon cœur et l’ai serré aussi fort qu’il pouvait le supporter, jusqu’à ce qu’il arrête de pleurer silencieusement ? Est ce la première fois où je l’ai grondé et où je lui ai fait comprendre que je l’aimais tellement fort que je ne le laisserai pas devenir quelqu’un dont je ne puisse être fière. Est-ce ce jour là qu’il a commencé à m’aimer ? Le premier jour où il m’a dit maman ?

Est ce le jour où il a été tellement malade qu’il a pensé que je ne resterai jamais près de lui aussi longtemps, ce jour où je lui ai murmuré que ce n’était pas grave, que j’étais là, qu’il avait le droit d’être malade. Ou bien un de ces premiers matins où il n’osait pas se lever et restait sagement assis dans son lit à regarder ce qui l’entourait, ces matins là, où il savait que je n’étais pas loin et que, pour peu qu’il bougea légèrement, j’arriverai dans la seconde.

C’est peut-être les jours où je ne sais plus, les jours où je lui fais confiance et qu’il mène la danse de son sourire bizarre qu’il apprend à gommer pour un autre, plus conventionnel dans notre monde occidental. Ou bien est-ce les jours où je sais où l’on va et que je lui dis qu’ensemble ce sera mieux.

C’est quand qu’il a commencé à m’aimer ?

La première fois qu’il m’a dit je t’aime, ou la première fois qu’il m’a demandé pourquoi nous étions allés le chercher, lui et pas un autre ?

La première fois que je suis revenue le chercher à l’école ou bien la première fois où je suis arrivée en retard  et qu’il m’attendait derrière la vitre.

Ou alors, il y a quelques semaines, quand, après l’avoir grondé pour une broutille (être resté sur les écrans alors que le timer avait sonné depuis longtemps) tout est parti en quenouille. Ce jour là, à bout de souffle il m’a dit « sors de ma chambre je ne suis pas ton enfant ». J’étais préparée à « tu n’es pas ma mère ». Sa phrase m’a donc séchée. Je l’ai pris contre moi et lui ai rappelé que quand nous nous étions rencontrés les battements de mon coeur le calmaient très vite. On a renouvelé l’opération. Il s’est calmé en une minute chrono. « Tu n’es peut-être pas mon fils mais moi, je suis ta mère, il n’y a que le coeur d’une maman qui puisse avoir cette magie là » lui ai-je dit.

Mais, il ça il le savait déjà.

Un petit retour en Adoptie, il y avait longtemps…

 

Comment garder la ligne ?

éditoriale de ton blog ?

En voilà une question, mais j’avoue qu’en ce moment je l’ai sans doute bien mérité. Peut-être avez-vous pensé que je vous avais menti. Vous attendiez des chroniques de la vie adoptive et finalement il n’y a rien de tout ça sur le blog, ou si peu que vous en êtes déçues.Il est temps de clarifier les choses.

Exit donc le blog où l’on ne parlait que de l’attente. Ça, c’est feu « vent fort, mère agitée » qui s’en est chargé. Exit aussi celui qui ne parlait que d’adoption. « Dans les yeux de Tanh » que je vais parfois relire pour goûter à nouveau à ces instants magiques existe toujours et vous pouvez retrouver les posts de cette époque là. Comme je le dis souvent, il n’y a pas grand chose à dire sur Mister T, si ce n’est qu’il est un enfant comme les autres.

Alors, sur From Baiona With Love, on parle de quoi ? D’un peu de tout, parce qu’il y a de tout dans la vie. D’une presque quinqua. Ah oui, ici, on parle d’âge. Ne cherchez pas, en ce moment, je suis en boucle. Je crains que ça ait quelque chose à voir avec mes cheveux tout gris. Sauf que je regardais hier une blonde et j’ai pris une bonne claque quand j’ai vraiment compris (on me l’avait déjà dit, mais je l’avais mis de côté pour plus tard et plus tard, c’était hier soir) que Mme LP avait stricto sensu le même âge que moi. Je l’écoutais parler ( notez que je n’ai pas dit déblatérer), je voyais ses lèvres toutes fines qui s’agitaient, ses rides ici et là, sa peau du cou qu’était plus très ou si, franchement vachement trop. J’ai éteint le poste de télévision.

On se pose des questions existentielles du samedi au lundi, on parle de mes humeurs et aussi des vôtres, on parle des livres que je glisse dans ma kindle et des salles obscures où je pleure. On parle de La Salle où je transpire. On parle écriture, on parle de vivre une vie en vacances et de jours de rien, on agrandit notre manuel d’utilisation et on partage nos bonnes adresses, on se souvient aussi, quand ma jolie machine à fabriquer de la nostalgie se met en route. On regarde par la fenêtre et par-dessus l’océan, on cherche la minute. Celle qui est décisive et change le reste du trajet. Et il y en a tellement des minutes décisives que ça ouvre d’immenses perspectives.

Ici on parle très peu de mode, d’autres le font bien mieux que moi, jamais de politique, je n’ai pas franchement l’impression d’en savoir suffisamment, et puis cette histoire de tenants et d’aboutissants, ça me scie toujours un peu. On ne parle pas de diététique (j’aime trop le jambon et la sangria), ni de DIY (je suis absolument nulle dans le truc), on ne parle pas non plus de voyages (sinon je ne ferai qu’un article par an)

Ma ligne éditoriale est aussi claire qu’elle est une grande besace en cuir multi poches dans laquelle je puise selon mon humeur. Mais vous, vous préférez quand je vous parle de quoi ?

« Et puis tu sais, les titres des articles c’est important, et toi, tu mets des crochets. Ça sert à rien les crochets et ça peut te faire perdre des référencements. Il faut des titres chocs ». Du coup pour cet article, je fais un test et j’enlève mes crochet.

« Et, il s’adresse à qui, ton blog ? » Apparemment, c’est un truc super précis que la cible du blog, sauf que moi je n’y ai jamais réfléchi. « Ouais mais t’as bien un lecteur idéal ». Bé, en fait tous les gens qui me rejoignent ici sont les bienvenus. J’imagine bien que la plupart sont issus du monde de l’adoption,  alors certains ont dû quitter le navire vu le peu d’articles que j’écris sur le sujet, d’autres me lisent parce qu’ils habitent là où j’habite aussi. Et les autres ? Comment sont-ils arrivés sur le blog ? Et bien je n’en sais rien. Quand je regarde mes statistiques, d’ailleurs, je m’interroge : mais t’es qui toi ? Comment es-tu arrivée ici ?

Je vous est encore pondu un article pour rien ? Oui, mais on est le premier mai, j’aurais très bien pu ne rien poster du tout ! Et puis quoi ,que cette photo ne veut rien dire du tout? Bien sûr que si, je fais des semis 😉

À demain, pour la correction des devoirs! Comment, tu n’as pas fait tes devoirs?

{Vendredi confession}

Je crois que je vais en faire une petite chronique hebdomadaire. Un peu comme les gens qui perdent du poids en direct ou qui vont s’allonger chez le psy. Et puis, c’est peut-être plus simple à écrire qu’un billet qui doit avoir un début, un milieu et une fin. Alors,  surtout, si vous n’en avez rien à fiche, dites-le moi, sinon le « vendredi confession » reviendra la semaine prochaine.

  1. J’ai terminé la première ébauche du carnet « les secrets véritables des couples qui durent ». Je l’ai fait lire à ChériChéri et j’ai vu une fois ou deux, ses yeux se troubler. « Quand je te lis j’ai envie de pleurer » m’a-t-il dit. « Et bien zut, il est quand même sensé être humoristique ce carnet! / Il l’est, mais je sais pas pourquoi ça me fait toujours ça quand je lis ce que tu écris. Il ne me semblait pas que quand je faisais des courriers ça lui faisait le même effet, mais je me suis tue.  J’ai donc envoyé le carnet à GrandeChérie. Que voulez-vous, j’ai besoin qu’on me dise que c’est bien, de façon claire et nette. Sinon, je tergiverse, je tourne en rond et ça ne va pas du tout. Elle a dû comprendre que c’était urgent, parce qu’une demie-heure plus tard à peine, elle m’a appelé. En gros c’est plutôt bien « mais à deux ou trois reprises, je vous ai vus papa et toi / Ah bon? / Oui par exemple dans le secrets 17 « ne pas s’endormir fâchés » ou le 6 « rire aux blagues de l’autre ».
  2. Bon, du coup je ne sais plus trop, et je pense opter pour une deuxième ébauche.
  3. J’ai relu quelques notes prises et patiemment compilées dans mon potager. Peut-être faut-il que je vous explique le concept du potager ? Mon potager est un carré de carnets tout simples, noirs à la couverture souple (très important la couverture souple), lignés ou non, (ça on s’en fiche)(et heureusement parce que je me trompe une fois sur deux) sur lesquels je note les phrases que j’ai entendues, ou que j’ai lues. Les phrases poussent toutes seules dans le silence du carnet et elles sont prêtes à être consommées pile poil au moment où j’en ai besoin.
  4. Phrase consommée hier : « Et vous les écrivains, vous avez un problème avec la vérité. Ce que l’Homme appelle Vérité, c’est toujours sa vérité, c’est-à-dire l’aspect sous lequel les choses lui apparaissent ». Guillaume Musso – La fille de Brooklyn
  5. Du coup, je me dis que, peut-être dans le carnet, les gens se reconnaîtront, et c’est tant mieux puisque c’est tout à fait ça que je comptais atteindre.
  6. Au niveau des chapitres validés de mon roman, ça avance. Le sixième est parti lundi matin à la révision. Revenu mardi avec pour mention « l’écriture est vraiment bien en place, il est très agréable à lire » et puis il y a eu un maudit « mais » en ce qui concerne la forme. Rapport à ce que je passe du je au il. En gros, soit je gardais le 6 en en faisant une sorte de rêve, soit je le modifiais. Je n’ai choisi aucune de ces deux options et l’ai réécris pour le garder au maximum tel qu’il était, et puis j’ai convenu que parfois il fallait effacer le chapitre qu’on aimait le plus. Ce que j’ai fait en espérant qu’il en resterait des traces en filigrane (il parait que ça marche. En tout cas ça me rassure de le penser).
  7. Je l’ai réécris entièrement. Il est parti jeudi matin, revenu deux heures après validé. Du coup j’ai aussi envoyé le 7. Pour info, il y a 49 chapitres. Ah, oui, on n’est pas arrivé!
  8. Hier soir, nous étions invités au lancement de la saison estivale du Blue Cargo à Biarritz. Outre, que pour moi, c’est un exercice assez difficile parce que j’entends un mot sur deux et encore (j’y pense, il faudra que je vous parle de ma surdité parce que parfois, ça vaut le détour), j’aime bien ses endroits où je fabrique des souvenirs pendant tout un tas de minuscules secondes qui m’échappent, jusqu’à devenir plusieurs minutes.
  9. J’ai tout de même atteint mon objectif : expliquer à quelqu’un ce que je fais dans la vie. Maintenant, parce qu’on me présente toujours comme celle que j’étais avant. Quand j’ai vu ses yeux s’arrondir en même temps que sa bouche comme un poisson qui manque d’air, j’ai compris que c’était pas gagné! « Ah, ouais, je pensais pas que ça existait vraiment quelqu’un qui fait ça toute la journée. Et vous n’avez pas mal aux fesses ? » Merci, mes fesses vont parfaitement bien.
  10. Quelqu’un m’a dit « je ne comprends pas pourquoi tu ne dis jamais que tu es écrivain, tu crois que les peintres du dimanche ça les gêne de dire qu’ils sont peintres ? Tu crois que les secrétaires au chômage de longue durée elles disent quoi ? Qu’elles sont secrétaires ! Et pourtant ça fait un bail qu’elles n’ont pas tapé un courrier, alors toi, qui t’assieds tous les jours à ta table et qui inventes des trucs foutraques, je crois bien que tu peux le dire! »
  11. Hier soir j’ai amassé tout un tas d’anecdotes ordinaires que j’ai rangé dans le tiroir qui leur est dévolu, à l’intérieur de mon cerveau.
  12. J’ai arrêté de collectionner les excuses qui s’emparaient de moi.J’ai dit à mon bonheur de rester s’il le voulait, parce que cette fois-ci je n’avais pas besoin de machine à créer de la nostalgie heureuse, non cette fois-ci le bonheur m’allait très bien. Et la banalité aussi.
  13. Prochaine étape consolider le collage de mes ailes grâce à celui qui lit par dessus mon épaule, souligne mes erreurs en jaune et dispose des points d’exclamation dans la marge.

 

{Le bonheur joue au Jokari}

Elle m’a regardé fixement et le temps s’est arrêté. J’ai d’abord été tentée de lui répondre que je ne savais pas, qu’il fallait qu’elle s’accroche, que ça finirait par passer. « Tout passe, il suffit de faire le dos rond et d’attendre des vents moins forts ». Elle m’a dit « et s’il ne revenait pas ? »  Je ne me souvenais pas m’être demandée si j’étais heureuse, ni ce qu’était le bonheur avant d’avoir trente ans. Et puis c’est sorti tout seul « Le bonheur joue au Jokari  » lui ai-je répondu. Elle a écarquillé les yeux, moi aussi. Il me passait parfois des choses surprenantes par la tête, pourquoi les disais-je à haute voix ? Je devais trouver une explication plus claire au sujet du bonheur.

A quoi ça ressemblait? Est-ce que ça faisait mal ? Ou pas du tout en fait? Le voyait-on quand il était là, devant nous, ou bien après, quand tout était fini ? C’était quoi le bonheur ? Il se cachait où ? Je ne savais pas ce qu’était le bonheur mais étais-je capable de reconnaitre le malheur ?

Dans mon monde, il faut absolument être heureux. Ho, je ne suis pas la seule et c’est devenu un enjeu majeur à la vie de ce siècle. Maminette me disait que le bonheur ça ne se trouvait pas dans les salades (Dommage, à l’époque j’étais végétarienne et je ne mangeais que ça), que le bonheur n’existait que si on avait connu le malheur. « Oui mais c’est quoi Mamie, le malheur ? » J’avais bien compris qu’une mauvaise note en maths, un petit copain devenu celui de ma meilleure amie, des parents divorcés, ce n’était pas « le vrai malheur ». Une ombre passa devant ses yeux. Elle m’a dit « c’est marcher à Laparade, voir des gens morts, alignés le long de la route, des soldats allemands qui t’empêchent de t’arrêter quand il y a quelqu’un que tu connais, et toi qui n’a qu’une idée en tête, ne pas t’arrêter, pour ne pas y passer aussi ». J’ai dégluti. Ah oui! Donc le malheur c’était vraiment malheureux. Alors, c’est quoi le bonheur Mamie « c’est dormir dans un champ de blé, regarder les étoiles et te dire que ni lui ni toi, n’êtes allongés au bord de la route. »

Sa réponse était belle, mais, nous n’étions pas en temps de guerre, de fait, pourrais-je trouver le vrai bonheur ?

Alors, comme les autres encore une fois, je me suis mise à le chercher un peu partout.  Il y a eu cette période, où en véritable stratège, j’avais tenté  de le débusquer partout. Je ramassais des cailloux, je faisais sécher des fleurs. J’inventais des images. Je dansais dans la cuisine. Je l’ai cherché dans toutes les petites choses de la vie quotidienne. J’en faisais des caisses. Comme si demander une bonne et vraie dose de Bonheur, celui avec un grand B,  n’était pas possible, nous devions nous satisfaire de mini bonheurs.

Mon bonheur est devenu une succession de tout petits bonheurs que j’ai collectionnés et rassemblés sur une cordelette douce autour de mon cou. J’avais peur qu’ils ne s’effacent ou pire, que je les oublie.

C’est à ce moment là que j’ai appris une chose essentielle. Alors que j’avais parfois été terrifiée à l’idée qu’on naissait avec une jauge de bonheur, de chance, ou de sérénité sensée se vider entièrement si l’on n’y prenait garde, j’ai appris que le bonheur ne faisait qu’aller et venir. Et ce qui était dingue, c’est qu’il revenait. Comme la balle de Jokari. Il ne revient pas toujours sous la même forme, ni avec les mêmes yeux, mais, oui, il revient. Il n’est pas éternel, mais ne peut pas disparaître totalement d’un coup d’un seul. Ce n’est pas une chose aisée, le Bonheur, et très souvent il fait mal, parce que le bonheur existe uniquement parce que le malheur, le vrai, l’a précédé. Et aussi, parce que quand il est là, on a qu’une peur, que déjà il ne s’efface.

Mais si on pense au Jokari, alors il s’agit juste d’attendre que l’élastique se tende à son maximum. Et se relâche. Alors la balle revient.

 

 

{La correction • épisode 30}

  1. Tout est bon dans le cochon, mais vous, vous préférez quoi ? (Foire au jambon oblige). Quand nous sommes arrivés au pays basque, j’ai découvert l’araignée de porc. Je n’avais jamais mangé ce morceau, inexistant sur les étals lot et garonnais. Mister T l’adore grillé à la plancha, mais je crois que l’incontournable jambon (mais pas de Bayonne , nous préférons le Bellota) a une place prépondérante sur nos tables.
  2. Aujourd’hui, j’accepte de : Laisser le vent en faire à sa guise
  3. A quand remonte la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ? (merci ChristelleA) hier soir. Première crise d’ado de mister T… oui on est pourtant bien loin de l’âge dévolu aux crises… ça promet…
  4. Jusqu’à quel âge peut-on avoir des cadeaux ? (Merci Claude) A 102 ans nous offrions encore des chocolats à Maminette, je ne vois donc pas d’âge limite. La seule limite étant l’inspiration.
  5. Quel est le rêve de gosse que vous avez réalisé (on excepte avoir des enfants, un mari et le travail que l’on fait) (Merci Marieal). Franchement je n’en sais strictement rien.

Je garde de la réponse 3 de Christelle A, le morceau de porc préféré de Karine, le rêve réalisé de Marieal, les coiffeurs de Christelle02, la réponse 1 de Corinne, la dernière première fois de Kiki, et la 2 de Lau parce que je sais qu’elle vient de loin, le salamanca et  l’eau dans le vin d’Ariane, l’âge des cadeaux d’Anne-Laure, les rêves de Caroline, la fête des grands-mères de Claude, la première fois d’Aurore (je déteste, j’ai toujours peur d’avoir mal positionné la voiture et qu’elle soit cabossée à la sortie!), le cocido espagnol de la grand-mère de Guilou, le vélo électrique de Coco.

Joyeuse semaine! Pour nous, les vacances commencent, ouf!