Ce matin là, elle avait ouvert sa penderie d’un air renfrogné. Le soleil déjà haut inondait la pièce. Il dessinait des lignes droites qui brisaient les lames du parquet et laissait présager une journée torride, comme celle de la veille, quand ils avaient terminé la soirée en flottant dans la piscine.

En culotte, les cheveux retenus par un élastique sadique, elle hésitait encore entre prendre du noir et choisir la tenue bleue qu’elle avait envie de porter.

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C’était comme un anniversaire de revenir dans cette ville. La chaleur étouffante avait laissé la place à une autre plus douce, nous a t-on affirmé alors que je tordais le nez. Plus douce me paraissait exagéré. Le thermomètre affichait 35 degrés.

Cela faisait un mois que je n’avais pas répondu à ma mère, ChériChéri ou un de mes enfants « j’te rappelle, je suis à la salle ». Il faut bien avouer que depuis quelques temps j’étais plutôt de celles qui disaient « j’te rappelle, on prend l’apéro », même si question apéro, je suis plutôt en mode errance totale en ce moment, depuis que j’ai découvert que le Schweeppes est sur la liste Monsanto. Mais ça, c’est une autre histoire.

Pour commencer à écrire, j’ai besoin du titre. C’est grâce à lui que je m’envole, que mes idées se mettent en place, qu’elles se déposent sur la page. C’est comme un prénom sur le front d’un enfant. Un titre et c’est un carton de possibles qui s’ouvre. Un voyage qui s’invite sous mes doigts. Des émotions et des sensations qui prennent forme.

J’ai attrapé la boite comme ça. Sur un coup de tête. En tête de gondole, justement. Il parait que les DVD ne font plus recettes, que c’est vraiment old school. Il parait qu’aujourd’hui on télécharge, le plus souvent illégalement. Oui, il parait.