Quand nous avons rencontré Mister T, il avait quatre ans. C’était en décembre (c’était demain en fait). Il ne croyait pas au Père Noël, il n’en avait jamais entendu parler, alors nous avons créé la légende de toutes pièces pour lui.  Dans le hall de l’hôtel l’immense sapin et les nombreux paquets déposés en guise de décoration nous ont bien aidés. Il faut dire qu’il avait  de bonnes raisons d’y croire au Père Noël puisqu’ en 2011, Mister T a gagné une famille et une cousine de coeur, Lily Gaï.

Publicités

Il y a des livres qui marquent une vie. Pour le Gars en Or ce fut « 35 kilos d’espoir » d’Anna Gavalda.  Il lui a fournit les codes pour, si ce n’est aimer l’école, au moins y passer un temps le moins mauvais possible. Il est de ces livres qu’on s’approprie, qui sont presque nous. C’est le cas de Wonder pour Mister T, ce petit garçon extra-ordinaire.

Il y avait un truc qui me manquait. Une sorte de pétillement interne. L’impression d’avoir deux petits nuages logés sous mes semelles. Le ciel plus bleu. La stabilité et le flottement. Et puis le calme.

Un an que ça me manquait sans que je n’arrive à mettre le doigt dessus. Il parait qu’il faut 21 jours pour ancrer une bonne habitude dans notre routine. Il en faut trois fois moins pour s’en débarrasser et laisser l’absence reprendre sa place.

Je suis quelqu’un d’habitudes qui aime la routine. Vous allez penser « mais quelle horreur! La routine?! Très peu pour moi. La routine, c’est beaucoup trop ennuyeux. » J’entends un petit peu partout (et même hier soir dans un film à l’eau de rose) que c’est quand tu sors de ta  zone de confort que commence ta vie. Je suis un peu d’accord. Un peu seulement.

J’ai marché sur la plage et resserré ma veste rose autour de moi. J’ai râlé quand des grains de sable ont commencé à venir se loger entre mes orteils, mais je n’ai pas eu le coeur à ôter mes baskets. Le sable était mouillé, léché par la marée descendante. Et puis j’avais la flemme. Et il y avait du vent. On n’allait pas rester longtemps. Et puis, ce n’était pas très grave.

Il y a toujours dans la vie d’un parent, le moment fatal où plus aucun enfant ne croit aux fadaises qu’il raconte. Je crois bien que l’heure a sonné. Mister T ne croit plus à tout un tas de choses que je me plaisais à lui raconter. Parce que ça c’était avant : « Mam, je suis vraiment très grand maintenant » me dit-il en penchant la tête sur le côté.