18 Souvenirs de toi

 

J’aurais pu t’écrire que ce jour là était notre jour, à nous. Les grands avaient été déposés chez Nounou pour la journée, parce qu’il y a des choses que l’on sent. Que ton prénom avait bien été choisi puisque tu es née deux heures plus tard à la lumière d’un éclair et sur un coup de tonnerre. Tu as vu le jour au milieu d’une nuit qui n’en était pas vraiment une.  Mais cette histoire, tu la connais par coeur.

J’aurais pu te dire que quand je t’ai vue, j’ai vu ta grand-mère en miniature, et qu’aujourd’hui la ressemblance continue, photos à l’appui. Mais ça aussi tu le sais sur le bout des doigts. J’aurais aimé t’écrire tout ça et bien plus encore. Te raconter que la vie est belle quand elle a la couleur de tes tâches de rousseur, qu’elle est amusante quand mon doigt s’entoure d’une mèche de tes cheveux, qu’elle est tendre comme le regard que tu poses sur nous quand tu te réveilles le matin. J’aurais pu écrire un poème tout en alexandrins, faire un inventaire à la Prévert ou écrire quelques dialogues à la mode de Molière, j’aurais même pu écrire une chanson, mais j’ai préféré empiler sur mes doigts tout ce dont que je voulais me souvenir

  1. Coluche d’abord, il n’y a que toi qui le comprenne (et sans doute tes plus grands frères et sœurs, et aussi ceux qui t’aiment depuis tout ce temps)
  2. Les deux doigts dans ta bouche.
  3. Nos repas du jeudi, devenus ceux du lundi, puis de tous les jours au fil du temps qui passe et de tes différents établissements scolaires.
  4. Les chips avalées au retour de l’entrainement, le débriefing de la séance dans la voiture, l’odeur des rollers à nulle autre pareille, puis celle de la salle d’escalade qui rythma nos premiers après-midi ici.
  5. Tes cheveux emmêlés, prisonniers d’un élastique sadique que tu finiras par couper et que je mettrais à la poubelle.
  6. Nos différentes attentes dans de multiples salles du même nom, les bips, les badges en pâte fimo des infirmières, ton courage, ton sourire déguisé en moue. Ou bien était-ce l’inverse ?
  7. Tes habits du dimanche en camouflage et toutes les histoires que tu t’inventais à travers la campagne, sous le regard amusé des plus grands.
  8. Ton regard assuré quand tu disais vouloir être espionne, puis militaire et maintenant photographe de guerre. Ton regard assuré et mon sourire coincé.
  9. Le bazar de ta chambre, celui de ton dressing et les traces de toi que tu laisses à côté du fauteuil.
  10. Tes minis pieds taille 34 qui font dire aux vendeuses de chaussures qu’elles ont rencontré Cendrillon.
  11. Ta fidélité, ton courage, ta persévérance, ce sentiment de justice qui te colle aux baskets et parfois te coupe les ailes.
  12. Le regard que tu as quand tu doutes, celui que tu as au réveil, celui que tu déposes sur les gens et les choses à travers l’écran de ton appareil photo. Et tous les regards que je ne connaitrais pas.
  13. Tes joues couleur abricot mûr.
  14. Les traits que tu as arrêté de déposer au chambranle de ta porte espérant qu’en les boudant ils se feraient plus présents. Oui, je sais, ça n’a pas fonctionné.
  15. Le son de ton rire qui dévale les escaliers. Ton rire retrouvé après toutes tes tempêtes.
  16. Ton appétence à régler toutes les machines de la maison qui, quand tu pars quelques jours, me fait redouter le moindre couac.
  17. Tes amitiés fidèles qui perdurent au delà des villes et des régions.
  18. Ta vie d’après qui commence aujourd’hui, vas-y, ma belle ouvre grand tes ailes.

Sweet eighteen my love.

 

 

Certaines lettres ont plus de pouvoir que d’autres.

J’ai découvert qu’il y a des journées mondiales pour à peu près tout et n’importe quoi. La journée mondiale sans pantalon (le 13 janvier), la journée de la glace artisanale (le 24 mars) (ces deux dates étant d’ailleurs extrêmement bien choisies pour pouvoir en profiter dans notre hémisphère), la journée Star Wars (le 4 mai), ou celle du rangement de bureau (le 24 mai).

Il y a pourtant une journée mondiale sur laquelle j’aimerai insister.

Elle aura lieu demain, le 14 juin et est judicieusement bien placée, quelques semaines avant les grands départs en vacances estivaux. Il s’agit de la Journée mondiale des donneurs de sang (ou du don de sang, ça dépend , apparemment ils ne sont pas toujours d’accord sur la terminologie à adopter).

Grâce aux dons de sang anonymes et sécurisés de millions de personnes, des milliers de vies sont sauvées chaque jour.

Il y a 8 différents types de sang. On les détermine grâce à la présence ou non d’antigènes A et B, et d’anticorps A et B.
Par le système ABO, on détermine si on est de groupe sanguin A, B, O ou AB.
Par le système de Rhésus, on détermine si les hématies d’un individu contiennent des antigènes D ou non.
On a donc les types de sangs suivants: A+, A-, B+, B-, O+, O-, AB+ et AB-.

Moi, je suis O+. Rien d’exceptionnel, il s’agit du groupe sanguin le plus représenté dans le monde pourtant il a un super pouvoir : celui de sauver la vie.

La Journée mondiale du don de sang est à la fois une journée de réflexion et l’occasion de remercier tous les donneurs de sang volontaires et réguliers dans le monde. Tout le monde ou presque peut aider à sauver des vies, soit en devenant un donneur régulier soit, si c’est impossible pour des raisons médicales, en apportant une aide bénévole les jours de collecte du sang.

La Journée mondiale du don de sang rend hommage à tous ceux qui ont permis directement de sauver ou d’améliorer la vie de millions de patients en donnant régulièrement et volontairement leur sang. C’est aussi une demande pressante faite à tous les pays du monde pour qu’ils valorisent les donneurs sûrs et ne ménagent aucun effort pour garantir la sécurité transfusionnelle et ainsi sauvegarder la vie des patients.

Le don du sang est volontaire et non rémunéré. Une femme peut donner son sang maximum 4 fois par an, un homme 6 fois par an. La durée de vie des produits sanguins est courte : 42 jours pour les globules rouges et 5 jours seulement pour les plaquettes. Le plasma, qui se congèle, peut se conserver 1 an. Donc, le sang, c’est toute l’année qu’il faut l’offrir.

Vous voulez donner votre sang ? Contactez directement l’établissement français du sang pour connaître le centre le plus proche de chez vous.

Bisous Lily Gai

{ La saison du demi-pêche}

Je ne bois pas ou pour ainsi dire pas. Je n’en suis pas spécialement fière et l’ombre qui passe dans les yeux des gens attablés avec moi lorsque je commande un Perrier tranche en dit long : « Celle-là, c’est une ancienne alcoolo! »

Et bien même pas.

Je suis de celles qui pensent qu’on peut s’amuser sans toutefois boire exagérément. C’est moi qui ai inventé le slogan « sans alcool, la fête est plus folle. »

Certains boivent pour oublier ou dormir. L’alcool ne me fait rien oublier, bien au contraire. Mes petits démons viennent ricaner près de moi, roulent sous la table, volettent au dessus de mon crâne quand ce n’est pas directement à l’intérieur, en grimaçant de leur lèvres tordues. Ils ont suffisamment de constance pour m’accompagner  jusque dans ma chambre en sautant de marches en marches et ne pas me quitter jusque tôt le matin.

Il y a bien entendu des dommages collatéraux au fait de ne pas boire. Par exemple, quand, pour on ne sait quelle raison, vous acceptez un verre de quelque chose, vous êtes déjà très joyeuse à la deuxième gorgée. Ça a au moins un avantage,  celui de ne pas vous coûter une blinde avant d’avoir la bizarre impression de marcher sur des nuages, mais ChériChéri trouve ça nettement moins amusant parce qu’à ce moment là, il peut tout faire tout seul. Vous n’êtes plus en capacité de faire quoi que ce soit.

La fois d’après, vous agitez votre main devant votre verre ou la posez dessus en un signal sans appel : non, merci. La plupart du temps, il faut convenir que les autres tournent la tête ostensiblement en un « elle fait vraiment chier celle-là ». Sans doute pensent-ils que je les juge, mais loin de moi tout ça. Non, moi je ne veux juste pas me retrouver nez à nez avec un de mes démons.

Et puis , j’ai découvert le demi-pêche. Le demi-pêche, c’est un joli paysage parce qu’en pensée me revient le souvenir de la première fois où je l’ai siroté :  en regardant l’océan à mes pieds, assise sur un muret de pierres sèches. Le demi-pêche est aussi une musique, le fracas des vagues en contrebas s’est, ce jour là, insinué en moi. Le demi-pêche est une saison, celle des apéros, du ciel bleu, des jupes un peu courtes et des jours qui rallongent. Le demi-pêche, c’est les gens que j’aime avoir autour de moi.

Bref je déclare la saison du demi-pêche ouverte et c’est tant mieux, parce qu’on a eu deux chapitres de plus à fêter!

 

{Les secrets véritables pour faire durer un couple #2}

Aujourd’hui j’ai besoin de votre aide. Mais quoi ? Mais qu’est-ce? Il n’y aurait donc qu’un seul et unique secret? La communication ? Même pas en rêve que je vais le croire!

Je prépare un carnet sur l’art de faire durer un couple. Vaste sujet s’il en est. Admettez que je ne peux pas faire un carnet avec un seul secret….et puis, il faut qu’il soit humoristique (je dois rajouter des petites choses rigolotes sous chaque secret). Donc je garde votre idée de la communication mais pour que ce soit plus amusant j’ai choisi : secret 1: Parler. secret 2: Ne pas tout dire non plus, secret 3: Écouter. 

J’ai quelques secrets en stock (30) et notamment le premier de la liste « l’art de maîtriser les disputes », mais j’ai toujours pensé qu’il y avait  davantage de choses dans plusieurs têtes que dans une seule. Alors voilà, je vous le demande : quel est votre secret pour faire durer votre couple ? Ou dans un autre registre : Quel est le secret que vous auriez dû connaitre pour le faire durer ? Ou si vous préférez quel est le secret que vous auriez aimé ne pas connaître pour ne pas faire durer votre couple… il en faut pour tous les goûts, non ? Ok je sors!

Ce matin sous ma douche un souvenir m’est venu. Ma grand-mère disait « on tient un homme par la cuisine qu’on lui fait ». Bon, en vrai mon grand-père devait aimer autre chose que sa cuisine, parce que Maminette avait beaucoup de qualités mais pas celle de cuisiner! Alors j’ai cherché… « Et bien ma chérie, qu’elle m’a dit, pour faire durer un couple, ce serait déjà pas mal de faire l’amour non? ». Bon sang, mais c’est bien sûr!  Et bien vous savez quoi? j’avais tout simplement oublié  « faire l’amour » (et l’histoire de la cuisine aussi d’ailleurs) ! Incroyable non?

Après j’ai « s’occuper de l’autre » (Oui . Je sais. Sachant qu’un homme est toujours beaucoup plus malade qu’une femme, on aura compris à qui s’adresse ce secret) ou « faire des compromis »  parce que faire des compromis ce n’est pas changer d’avis, c’est orienter l’autre vers ce qu’on voudrait qu’il pense. A ce petit jeu je suis très forte!

Allez, c’est reparti, quels secrets font durer les couples ?

 

{La séance de sport}

Pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté, je me suis mise au sport. Moi je suis celles qui suivent le vent. Il m’a dit « Chérie, on va se mettre au sport ». Je l’ai regardé droit dans les yeux. Bien sûr, j’imaginais qu’il avait surpris mes muscles qui pendouillaient et ma peau qui gondolait, mais il a dit « Ce n’est pas toi qui en as besoin, c’est moi ».

Je n’ai pas rétorqué, nous sortions d’une semaine compliquée. Surtout lui en fait. Il m’a dit « viens, on va là ». A 2 kilomètres de la maison. On passe devant tous les jours, plusieurs fois par jour sans s’être jamais arrêtés. Il faut croire qu’il nous avait fallu tout ce temps (et un coup de pouce de GrandeChérie).

Donc :  je me suis mise au sport. Inutile de m’applaudir, attendez un petit peu. L’important n’est pas que je me sois mise au sport, l’important est que je continue d’en faire.  L’année dernière à peu près à la même époque je vous ai pondu un article similaire. Je crois que je suis une maniaque du sport au printemps. Oui, je sais, l’année dernière  je n’ai tenu qu’un mois et demi. Mais (parce qu’il y a toujours un mais), je sens que cette année ça va être différent. Non, pas de soucis, allez-y je vous en prie. C’est bon, je peux continuer ? Vous avez terminé de rire ?

Je reprends donc.

Je vous disais que cette année ça allait être différent. Dans la vie il faut de l’espoir et comme vous le voyez, j’en ai en magasin. Alors, c’est parti pour les différences de l’année 2017:

  1. La salle. J’avais dit tout un tas de choses sur les salles : tous ces gens qui font la course au plus beau legging, plus belle brassière c’est pathétique, ça pue (non, pas du tout) y’a trop de bruit (tout à fait, mais c’est sans doute du à ma surdité) . Tant qu’à faire autant faire du sport à l’extérieur (c’est pas tout à fait faux). Je disais « Moi vivante j’irais jamais ». Ne jamais dire jamais!
  2. Le coach. D’à peu près mon âge (en vrai, plus jeune, mais c’est le plus âgé des coachs).
  3. Le corps du coach en question. Quand j’aurais envie de m’arrêter, je penserai à son corps et là, je vous le dis tout de suite : je vais continuer! Ah oui, vous imaginiez que e coach c’était un mec. Non, c’est une fille.
  4. La force de l’habitude (oui, j’ai décidé que j’aimais bien cette expression). Hier, j’ai travaillé mes abdos. Objectivement, je croyais que je n’en n’avais plus, qu’ils avaient disparu quelque part, dissous dans le jambon de Bayonne, la sangria ou les padrones . J’ai pensé que j’allais à nouveau souffrir, en redécouvrir des que j’avais oublié, mais rien de tout ça.
  5. Les courbatures : Quelqu’un de très gentil m’a soufflé le nom d’un truc homéopathique à prendre, sensé faire disparaitre les courbatures, truc que j’ai acheté illico. Ça marche du tonnerre ! Même, pas ouvert et rangé sur l’étagère, ça fonctionne. Les courbatures se sont arrêtées au bout de deux séances. Steph, ma coach, dit que ça n’a rien à voir avec le truc homéopathique que je ne prends pas mais que c’est parce que je fais très bien les mouvements (la force de l’habitude) et que je travaillais mes muscles avant (oui, mais quand? Je vous le demande) J’ai quelques doutes. Peut-être que mes muscles n’existent plus du tout en fait.
  6. Comptage, rapidité et intention Il y a encore quelques trucs qui perdurent. par exemple, Steph elle me dit quels mouvements enchainer.  » Et surtout, compte-les » qu’elle dit. Les sportifs, me suis-je dit, ils aiment compter parce que déjà l’année dernière il y avait une grosse importance dans le comptage des mouvements. « ça aide à tenir » a t-elle rajouté. Je suis une bonne élève, alors j’ai compté. Il fallait le faire jusqu’à dix, et tenir jusqu’à dix, c’était pas la mort non plus, mais à un moment, j’ai perdu le fil. J’en étais à 5 mais mon cerveau a compté neuf. je ne peux pas vraiment l’expliquer. Sans doute la zone de mon cerveau qui était censée compter mes mouvements était-elle la même que celle du mouvement en question.  Mon souffle s’est emballé, mes joues sont devenues rouges, j’étais à deux doigts de défaillir. C’est là qu’elle m’a dit « on s’en fout de la rapidité, ce qui compte c’est l’intention que tu mets dans le mouvement. Ralentis le rythme. » Bon sang mais c’était bien sûr. Ça changeait tout.
  7. Donner des petits noms aux exercices : Elle m’a parlé de squat, de crunch, de twist, de trx et de rpm. Mon cerveau s’est fait des noeuds (en fait je crois que c’est lui qui devrait faire du sport) et n’a  retenu que « crunch ». Il a imaginé le crunch craquer sous mes dents. Vous sentez l’effet que ça m’a fait ? Mais quezako que tout le reste. J’ai dû rouler mes yeux dans leurs orbites. « Ah oui, tu es vraiment novice m’a t-elle dit ». Je n’ai rien dit et surtout pas que j’étais sans doute en dessous du grade de novice. Genre, demeurée du sport.
  8. Le mental. Stéph, elle dit  que tout est une question de mental. « 10 crunch c’est possible ». Je n’ai pas voulu la démentir et me suis promis de croquer 10 carrés d’un coup, mais après les 10 trucs qu’elle me demandait de faire. A 6 j’ai cru défaillir. Mon sang a décidé, unilatéralement avec lui même de venir se loger dans mon cerveau.Est-ce normal d’avoir la tête qui tourne? « Nathalie L  avait décidé de faire du sport (enfin, son mari surtout). Pendant l’entrainement, au milieu d’une salle  et entourée de tout un tas de gens aux muscles saillants, la presque quinquagénaire (elle tient à préciser le « presque ») s’est effondrée sur son tapis de mousse au bout de sept crunch. La direction décline toute responsabilité dans la survenue de l’accident.  » Et pourquoi mon mental écrit-il des quatrièmes de couverture?
  9. Périnée, gaz et pipi: Diantre (ce n’est pas parce que je n’ai pas de muscle et que je ne sais pas compter que je n’ai pas de vocabulaire), elle m’a dit qu’il fallait que je me concentre, que je serre mon périnée que je retienne mes urines et mes gaz, mais j’avais pas envie de faire pipi quant à mes gaz,pas envie non plus (je n’ai jamais de gaz, je suis une princesse) c’est pour ça que je n’y arrivais pas ! (A t-on déjà vu une princesse faire du sport?)

Un problème majeur demeure : la salle. Parce que tout se passe à l’étage. Je n’ai pas de courbatures mais à chaque fin de session, je me demande si je vais encore savoir descendre les escaliers tellement mes jambes flageolent. Vais-je savoir passer l’embrayage. Garer ma voiture devant la maison. Remonter jusqu’au premier. Et prendre une douche. Ah oui, j’aime pas prendre les douches là-bas. Et puis aussi j’ai repris le yoga. Là bas. Et ça c’est chouette!

La salle c’est Océania, au forum à Bayonne. Merci à Steph pour sa patience (et mes fous rires) et Brigitte pour ses encouragements (et ses fous rires).

En passant je ne remercie pas ChériChéri qui n’est pas venu depuis une semaine.

Pic Bruno Nascimento

{Les femmes de ma vie}

Celles du premier jour, les nouvelles, les anciennes, celles de toujours, les virtuelles, les jeunes, les vieilles, les brunes, les rousses, celles qui dansent dans leur cuisine, qui prennent le métro, les Meredith Grey, celles qui mangent des graines, celles qui boivent des mojitos, celles qui jouent à la belote, celles qui jouent du violoncelle, celles qui peignent, celles qui photographient, celles qui adorent les cactus, celles qui croquent, celles qui plongent, celles qui courent, celles qui pleurent, celles qui rient, celles qui ont les cheveux courts, celles qui aiment le thé, celles qui ne boivent que du café, celles qui attendent, celles qui protègent, les sportives,  les jardineuses et les bricoleuses, les wonder woman, les dynamiques, les contemplatives, les working girl, les Daenerys Targaryen, les blogueuses, les ravissantes, les drôles, les émotives, les tendres, les passionnées, les râleuses, les maniaques de l’aspirateur, les Instagrameuses, les rigolotes, les adeptes du bio, les liseuses forcenées, celles qui coupent du bois, les chanteuses sous leur douche, les danseuses de samba, les randonneuses, les fans de comédie musicale, celles qui pleurent au cinéma, les agaçantes, les inventrices de recettes de cuisine, les engagées, les Desperate Housewife pour de vrai, les rebelles, les célibataires endurcies, les Mum to be, les aventurières, les pleureuses de larmes de crocodile, les éternelles rêveuses et les cœurs d’artichaut invétérées, les lève tôt et les couche tard, les stars de leur famille, les Caroline Ingalls, les porteuses de lunettes noires, les carriéristes, les écrivaines de leur vie sur Facebook, les mamans en cdi, les dévoreuses de cup cakes, les amoureuses à temps partiel, les marchandes de souvenirs, celles qui ont toujours un pied en l’air et la tête dans les étoiles.

A toutes ces femmes, à moi, à vous, à nous, je veux rappeler en ces temps étranges qu’il faut continuer à se serrer les coudes, à se regarder avec bienveillance, à respecter nos différences. A s’aimer, à éduquer les filles, à parler à nos fils, à se battre pour l’égalité dont on nous rebat les oreilles, l’égalité qu’on affiche au fronton de nos écoles, l’égalité si souvent bafouée sans que ça ne gène finalement personne. Ailleurs c’est la liberté qu’on bafoue, c’est la Femme elle même qu’on cache, qu’on nie, qu’on aliène.

La route est longue, rien n’est jamais gagné. Il suffit d’un coup de vent, d’un trump, d’un intégriste d’ici ou de là, bien pensant de son nombril, pour que de minuscules ou d’immenses droits nous soient retirés, à nous les Femmes et pour que des années soient balayées.

{Du gris}

C’était en Janvier 2016 que j’ai décrété que « non, je ne ferais plus de couleur ». Un an donc que ça m’a repris. Je suis une récidiviste, j’avais déjà tenté l’expérience il y a quinze ans. Et une rebelle. Ou alors surtout une rebelle.

Il y a des actes qui comptent dans la vie d’une femme. Plus encore peut-être quand son mari évolue dans la mode. Dans le milieu de la coiffure. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce c’est un « acte fondateur » blablabla, mais quand même. Au fond, peut-être.

Il y a un an, j’ai donc décidé de ne plus faire de couleur.

Avant, j’étais blonde. Mes racines apparaissaient au bout de dix jours et ces quelques centimètres dans mon miroir m’agaçaient prodigieusement.   Vous allez me dire que j’exagère, que s’il y en avait une qui pouvait faire sa couleur quand bon lui chantait, c’était bien moi. Et bien non. Je ne l’entendais pas comme ça. Pendant douze longs mois j’ai assumé mes racines grandissantes et mes longueurs et pointes blondes. Régulièrement, il y avait quelqu’un pour me dire que ce serait mieux si je les coupais courts, si je faisais ceci ou cela. Mais je ne les ai pas coupés. Je les voulais gris et longs. J’avais un peu de mal à assumer le combo gris/courts, alors que tout le monde ne jurait que par lui. C’est encore là qu’intervient mon côté rebelle. On a les rébellions qu’on peut.

Je ne suis passée par aucun intermédiaire, ni mèches ni couleur platine. C’est vous dire. Je vous laisse imaginer le regard que me lançaient mes collaboratrices quand je rentrais dans un salon. J’ai patienté et parfois failli renoncer. Mais tout ça c’est terminé parce qu’au bout d’une loooongue année, mes cheveux sont gris. Pas blancs, juste gris, d’un savant mélange qui n’appartient qu’à moi. Et pas  trop courts, un carré un peu long et massif dans lequel je me sens bien.

Reste le problème de la moderie que j’ai encore du mal à adapter à ma nouvelle vieillerie. Pour l’instant je ne m’habille qu’en noir ou en blanc. Exit le gris, exit le doré, exit toutes les couleurs, je regarde même le rose dont j’ai enveloppé mon hiver en tordant le nez. Exit toutes celles dont j’aurais aimé m’enticher mais qui ne collent plus du tout. Ou pas encore. Je ne sais pas trop.

Parce que j’ai toujours un méchant doute quand je m’habille « est ce que je fais vieille, là, ou pas ? »

Bien sûr on m’a fait des réflexions. Certaines agréables, d’autres moins, mais aucune qui ne s’efface pas devant mon sourire coloré (oui, parce que maintenant je mets du rouge à lèvres (pas rouge) un homme ayant les cheveux gris m’a dit « mais qu’est ce que t’as fait à tes cheveux » j’ai répondu « La même chose que toi. Pourquoi tu me dis ça? Toi tu as le droit de les porter gris et pas moi? »/ « J’adore cette couleur, tu crois qu’on pourrait me faire la même ? »/ « Ça vous va drôlement bien, il faudra que j’en parle à Sylvie » (qui est rousse)/ « moi, je n’oserai jamais » (une femme de 70 ans  ayant les cheveux noirs de jais)/ « Tu veux ressembler à ta mère? »/ « Tu as bien fait de le faire tant que t’étais jeune parce qu’après c’est dur » / »Ouais, tu voulais juste qu’on te remarque! » (sans doute) /

Je me demande jusqu’à quand je vais les garder tel quel avant de repasser à la couleur. Oui, je me demande. Parce que souvent, femme varie.

Ho mais heu, j’ai fait un post sur la mode ou j’me trompe?

pic by Ariane L au Regina Hôtel et spa.