Moi, j’aime bien la pluie

Pourquoi j’aime bien la pluie :

pour qu’elle hydrate ma peau quand je regarde l’océan (et vu le teint des anglaises ce doit être vrai cette histoire que la pluie c’est bon pour le teint.)

parce qu’elle permet de lancer des cailloux qui font ploc dans les flaques

parce que j’aime sauter dans les flaques, et j’aime ce sursaut, cette envie de dire à JoliPetitCoeur « non » quand il s’apprête à le faire.

pour cette joie quand enfin on trouve un endroit où s’abriter.

pour le rire qui souvent nous prend quand, abrité on se rend compte qu’on est trempé.

regarder les insectes inventer tout un tas de stratagèmes pour contourner ou utiliser l’eau tombée

pour regarder les gens se mettre à courir, saisis d’une frénésie insoupçonnée quelques minutes avant

papoter avec un(e) inconnu(e) abrité(e) sous la même toile tendue que nous, se trouver des points communs (les fringues détrempées) alors que sans la pluie on ne se serait pas regardé.

parce qu’elle donne la « même couleur au pays tendrement »,  ce vert croquant, presque acidulé qui va des chemins, aux parcours de golf, aux prairies. D’ailleurs il parait qu’il ne pleut pas au Pays Basque, « il fait vert ».

pour regarder un film et déguster un thé chaud, ou froid

pour mettre mes bottes en caoutchouc  et chanter

pour l’odeur du bitume chaud après l’averse,

parce qu’elle fait pousser les fleurs,

Alors on m’a dit : ça tombe bien que tu aimes la pluie…

Et vous, aimez-vous la pluie?

 

Message personnel

Hier soir, nous sommes allés dîner chez ma copine Lau (elle, elle écrit Lo).  Nous avons de quoi papoter. Depuis quelques semaines elle teste pour nous, à raison de deux jours par semaine, l’Euskadi way of life. A l’entendre ça a l’air formidable. Alors forcément, (forcément/formidable va devenir le gimmick du blog), j’aime bien l’écouter me raconter.

  • « Les gens sont gentils. »

Ça c’est toujours bien. Savoir que les gens ne vont pas te sauter dessus pour te croquer tout cru. Ça aide. Même si là où tu habites aujourd’hui ,personne ne t’a jamais croqué, ce serait ballot que ça t’arrive là-bas. En même temps je pensais (dans ma tête comme dirait JoliPetitCoeur) qu’il n’y avais pas de raison que là-bas on te croque. « Non, je t’assure, là-bas, les gens sont vraiment attentionnés. » a t-elle renchérit. ChériChéri a rétorqué que c’était justement parce que là-bas tu ne représentais rien de ce que tu représentes ici et que donc ils n’ont pas d’à priori. Je l’ai regardé (pas droit dans les yeux, parce qu’il était à mes côtés sur le canapé, mais vous voyez le genre) et je me suis dit que cet homme là avait des fulgurances de génie. Et finalement, je n’aime pas les à priori.

  • « Il y a toujours un truc à faire. »

Je l’ai écoutée énumérer tout ce qu’elle fera cet été. Elle n’a pas vraiment commencé vu qu’en ce moment il pleut beaucoup, mais au printemps et cet été « tu verras, il y aura des tas de trucs à faire. » Et vous pouvez compter sur ma copine Lau pour les faire tous ces trucs, elle est la femme qui, quand elle commence un truc, ne le lâche plus, même si elle commence après les autres. Elle a fait ça avec l’accordéon, l’équitation et la méditation. Alors j’imagine que pour le reste ce sera pareil. « Tu peux marcher sur la plage (oui, je peux), tu peux faire une randonnée à la Rhune (je ne suis pas tout à fait certaine de pouvoir, ou du moins pas avant quelques années d’entrainement), tu peux faire un footing à Anglet (et t’as pas autre chose en stock?), aller boire un verre, même tard (oui, d’ailleurs j’ai commencé l’entrainement mental, le « même tard » on verra plus … tard), apprendre tout un tas de trucs formidables (j’adore ça, d’ailleurs je compte apprendre le basque) des sports que tu sais même pas qu’ils existent (ah oui?…) »

  • « Franchement ce truc avec la pluie, moi, je trouve que ça ne change pas beaucoup d’ici. »

Pas de commentaires.

  • « C’est bête je viens d’acheter une nouvelle voiture et le type il ne m’a pas demandé quel numéro minéralogique je voulais. Il m’a mis 47. »

Moi, j’ai déjà 64. ^-^

En arrivant chez elle, sa fille m’a glissé à l’oreille « petite cachottière, tu ne m’avais pas dit pour le nouveau blog! » alors ce post est un message personnel à Lau, qui me bluffe. 

 

Entrainement mental

J’aime bien me comparer à un sportif de haut niveau. Tout du moins je mets en place la préparation mentale du sportif de haut niveau. J’ai l’impression que vous souriez. Maman, je te vois. C’est bon, là, je peux continuer ? Je disais donc que j’avais lu quelque part que les sportifs de haut niveau, avant une grande compétition, ils mentalisent la course parfaite. Ils font et refont la trajectoire. Vous les avez déjà vu sur le bord de la piste, les yeux fermés, faire le parcours ? Ouais et bien moi c’est pareil.

Le soir quand je ferme les yeux et que je pose ma tête sur l’oreiller, c’est pareil. Je m’entraine.

Je faisais déjà ça les premiers temps de mon boulot de DRH quand le lendemain j’avais un rendez-vous important. J’imaginais ce que la partie d’en face pourrait me répondre et ce que je répliquerai également, j’imaginais comment faire pour ne pas que mes mains tremblent et je répétais mentalement suffisamment longtemps pour ne pas que ma voix s’y mette également. A bien y réfléchir c’est peut-être bien cet entrainement qui causa la plupart de mes insomnies. Je faisais déjà cet entrainement quand nous attendions Number Four. J’imaginais la voix qui m’annoncerait la nouvelle et la façon avec laquelle je pourrais réagir, comment je l’apprendrais à mon tour aux enfants ou à ChériChéri. Tout y passait : l’endroit où je serai, la lumière qu’il y aurait, les vêtements que je porterai, la personne de l’autre côté du téléphone, mes sensations. Tout. Je faisais encore ça quand j’animais une formation, cherchant par avance le trait d’humour qui lancerait la partie. Je faisais ça aussi quand je cherchais des titres de posts, de jolies images, de belles phrases.

Et bien aujourd’hui c’est pareil. Vous n’avez pas saisi de quel entrainement il s’agit ?

J’imagine ce que sera demain. Je marche sur le trottoir pour aller à l’école ou aller à la pharmacie (très important dans le choix d’une maison ou d’un appartement pour moi, mes enfants peuvent le dire, il faut qu’il y ait une pharmacie pas trop loin. J’ai pourtant habité pendant quinze ans à dix kilomètres de la première pharmacie, mais dans leurs recherches de l’appartement je m’assure toujours qu’il y a une pharmacie dans le coin). J’ouvre les volets et dis bonjour à la voisine d’en face qui prépare son café, je m’habille en survêt pour aller acheter du pain (oui, et bien on peut rêver non?), je monte à l’étage pour regarder la cathédrale (oui, parfois il ne faut pas chercher bien loin non plus), et je vais au bout de la rue. Arrivée, je m’installe et demande un thé. Mais ça dépend des jours. Je peux aussi avoir envie d’un chocolat, d’un noisette ou d’un coca. Et je regarde par la vitrine.

Au bout de ma rue il y aura un café. Je ne suis jamais allée dans un café, un jour normal (pas un mercredi avec les enfants, pas un jour de vacances, pas dans une ville étrangère, ni quand il pleut pour m’abriter enfin vous voyez le truc?), seule. Alors là, depuis que je sais qu’il y en a un tout près, je fantasme. Ok, je fantasme sur des trucs chelous, mais le fantasme c’est comme le reste c’est une question d’entrainement.

La première fois que j’y suis allée, il était 11 heures. Je n’étais pas seule, il y avait ChériChéri et Mr V notre ami architecte. De petites tables étaient occupées par des jolies mamies qui papotaient tout en bijou et addidas stylées. C’était en septembre dernier et depuis je m’imagine parcourir les 250 mètres qui séparent ma maison du café, ou m’y arrêter après avoir déposé JoliPetitCoeur à l’école, ou en revenant d’un footing (Maman, je te vois je te rappelle) avec des addidas stylées (note à moi même : penser à en acheter). Je pourrais lire une bon livre et regarder les gens déambuler. Et puis voilà quoi.

Le seul hic, c’est que dans mes entrainements il fait beau. Toujours. Alors que statistiquement, il pleut 180 jours par an au Pays Basque (contre 211 à Brest et 155 à Agen) ce qui est somme toute assez énorme et que je me vois mal arriver le cheveu dégoulinant et demander un thé. Parce que c’est sûr, j’aurais oublié mon parapluie avant de partir, je ne m’entraine pas assez pour y penser.

pic by U-run Asics

 

Les t’as pas peur #1

Quand j’explique que nous quittons notre ville pour aller sur la côte basque, mes interlocuteurs me regardent interloqués, puis ils ont plusieurs questions.

La première qui nait sur les lèvres c’est « Et t’as pas peur ? »

Au début, je réfléchissais en passant en revue les animaux insolites qui, ici, on croisé ma route. Il y a eu les serpents sur le muret de pierres ou sous les lavandes du potager, les souris dans le cellier (et ailleurs), la vache du voisin un pied sur la première marche de la piscine, la chouette hulotte et sa famille, les rats des champs, les gendarmes par milliers qui squattent la baie vitrée de la chambre, les cloportes qui, une année, avaient envahi la maison, les chauves-souris qui ont tournoyé tout l’été dernier dans le salon nous faisant frissonner, les chevreuils qui bouffaient nos arbres, les sangliers qui se baladaient dans le champ et le cerf que certains pensent que j’ai rêvé.

Avec tout le bestiaire déjà croisé, je cherchais de quoi je pourrais bien avoir peur une fois là bas. Y aurait-il des requins, des baleines, des cachalots? Y aurait-il des animaux dont je ne connaissais pas le nom ?

Et t’as pas peur ? Me demandait-on.

Que la mer monte ? Que le bateau coule ?

Bien sûr, j’avais bien une petite peur. Celle de tout recommencer à zéro, tisser à nouveau des liens, se faire des amis et rencontrer des gens. Oui, ça, je dois bien avouer que ça me faisait peur. Je crois que je n’ai jamais été quelqu’un de super sociable.

Perdue dans mes pensées, mes interlocuteurs enchainaient : « Et t’as pas peur de la pluie ? Bé oui, parce que si c’est vert le pays basque ce n’est pas sans raison. »

Une jeune femme, originaire du Lot et Garonne elle aussi, à qui je demandais si elle s’était habituée à la pluie, me fit un jour une réponse géniale : « Dans la malle de la voiture il faudra toujours avoir des bottes, des chaussures fermées (elle regarda mes pieds et acquiesça à la vue de mes New Balance), des chaussures ouvertes et des tongs. On peut avoir les quatre saisons dans la même journée. Au Pays Basque, il n’est pas rare de commencer le matin avec des bottes de pluie et le soir d’aller sur la plage en tongs. »

J’ai adoré cette réponse, que je rétorque régulièrement à qui me pose la question « Et t’as pas peur de toute cette pluie? »

pic by mendibourefrançoise