{Back to}

Hier j’ai rangé mon ordinateur. Il faut dire que Le Gars en Or m’a fait peur : »Quoi?! Ton mac met un quart d’heure à s’allumer? Ton disque dur va péter ! Sauvegarde, sauvegarde, sauvegarde ».

J’ai donc sauvegardé, à ma façon : je me suis envoyé les dossiers par mail.Ce faisant j’ai retrouvé quelques pépites que j’ai eu plaisir à relire.

J’ai eu envie de poser celui-ci ici (et cela n’a rien à voir avec la journée de rien qui s’annonce vu la pluie qui tombe). C’était au temps où nous attendions encore l’arrivée de notre Number 4 et à l’époque nous pensions qu’il viendrait en Jeepney depuis les Philippines alors qu’il est finalement arrivé en vélo du Vietnam.

« Le 3 septembre 1974 à 18 heures 28 minutes et 32 secondes, une mouche bleue de la famille des Calliphoridae capable de produire 14 670 battements d’ailes à la minute se posait rue saint Vincent à Montmartre. À la même seconde, à la terrasse d’un restaurant à deux pas du moulin de la galette, le vent s’engouffrait comme par magie sous une nappe, faisant danser les verres sans que personne ne s’en aperçoive. Au même instant, au cinquième étage du 28 de l’avenue Trudel dans le neuvième arrondissement. Eugène Colère de retour de l’enterrement de son meilleur ami Emile Maginot en effaçait le nom de son carnet d’adresses. Toujours à la même seconde un spermatozoïde pourvu d’un chromosome X appartenant à monsieur Raphaël Poulain se détachait du peloton pour atteindre l’ovule appartenant à madame Poulain née Amandine Fouet. Neuf mois plus tard naissait Amélie Poulain… »

Le 20 janvier 2010 à 07 heures 43 minutes et 12 secondes, assise sur un tabouret recouvert de peau de vache sous la verrière où s’écrasaient les gouttes de la pluie matinale, à quelques centimètres de la montre en acier oubliée par Chérichéri la veille au soir et de la boite de Nesquick immuablement jaune poussin, Nathalie se remit à écrire sur le clavier aux touches abîmées des précédents passages de ses doigts. Au même instant, dans la chambre voisine, Petite Chérie, suçant deux des siens en laissant échapper de temps en temps un léger bruit de succion, ses cheveux bouclés épars sur l’oreiller ratatiné par plusieurs nuits d’un sommeil agité, ou collés à ses joues roses et rebondies, continuait son chemin dans des songes où amies et ennemies se mélangeaient à loisir. A la même seconde ChériChéri et le Gars en or montant rapidement dans la voiture, baissant la tête et plissant les yeux sous la pluie froide et fine, rabattant le col de leurs blousons sur leur nuque, allumaient le contact de l’auto dans laquelle ils avaient pris place, sans se soucier le moins du monde de toutes les bestioles alentours qu’ils réveillaient de la lumière blanche des phares avant même que le jour ne se soit levé. Toujours au même instant, à plusieurs kilomètres de là, Grande Chérie se réveillant quant à elle difficilement, trois quarts d’heures après que le réveil aie sonné, le dos toujours endolori et la voix enrouée, attrapait le téléphone posé sur la table de chevet devenue en une soirée scène de théâtre prêtant vie à ses croquis de la veille et aux crayons noirs mâchouillés, et composait le numéro si souvent appelé pour prévenir Mamounette qu’elle était toujours coincée et si bien au chaud sous sa couette qui sentait encore l’odeur de la lessive de la maison.

Le 20 janvier 2010 Nathalie décidait de s’attacher aux petites choses de la vie qui faisait qu’elle lui paraissait chaque jour si jolie, des petites choses sans importance mais qui se plaisaient à être énumérées comme la rengaine d’une nouvelle journée qui commence.

Le 20 janvier 2010 à 8 heures 09 minutes et 45 secondes, alors qu’à l’autre bout de la terre sur une ile qui lui était encore inconnue mais dont elle connaissait les quelques paysages emblématiques reproduits sur des cartes postales colorées il était très précisément 15 heures 09 minutes et 45 secondes, l’heure précise à laquelle Nathalie venait d’attraper le complexe d’Amélie Poulain…

Le goût des dernières fois

CET ARTICLE EST ABSOLUMENT INTERDIT DE LECTURE POUR MY MAM!

Hier, j’ai dû me rendre à l’évidence. Le frigo était vide.

Samedi, l’approche imminente du déménagement et le remplissage du premier camion m’avaient découragée à faire les courses. C’était sans compter sur l’arrivée des grands venus nous aider et la nécessité de les nourrir. Ils ne se contentent pas  d’un bol de céréales qui baignent dans du lait.

Je suis allée au supermarché dans lequel je fais mes courses depuis 1993. Il y a des dates dont on se souvient. J’y ai croisé le fantôme de GrandeChérie quand elle avait trois ans. Cet endroit a connu la valse des enseignes: à l’époque il s’appelait Continent, il est devenu Carrefour. Maintenant il est Intermarché. Je lui ai parfois fait des infidélités, ai fait des kilomètres pour aller voir ailleurs s’il y était, justement parce qu’il n’y était pas. Et je suis finalement revenue déambuler dans ses allées avec rapidité, trouvant systématiquement n’importe quel article, même les plus improbables. Surtout eux. Et même si depuis quelques mois je tourne  la tête quand je passe dans le mall ou que je suis soudain  très intéressée par ce que me dit PetiteChérie pour ne pas être tentée de regarder par une vitrine en particulier, j’ai continué à m’y rendre.

Hier, je me suis promenée dans ses allées, sans avoir l’impression de faire les courses. Je déambulais. J’ai laissé trainer le temps plus que de raison. J’ai souri aux salariés, aidé une dame à attraper un tube de Polident judicieusement rangé en haut du rayonnage, j’ai papoté avec une de mes ex belle soeur. Et c’est là que ça m’a pris.  C’est dans ce laps de temps que l’on m’a greffé de nouvelles pupilles, de celles qui ne voient plus que la nostalgie en toutes choses. Hier, c’était donc la dernière fois que je faisais mes courses ici, et je sais qu’il faudra quelques mois avant que je croise quelqu’un que je connais à la caisse du supermarché. La dernière fois aussi que j’allais chez Casto, que j’allais en ville en étant un de ses habitante, que j’arrivais au bureau en ayant fait cinq minutes de route, que je regardais la tour Victor Hugo depuis la fenêtre en me disant qu’elle n’allait pas me manquer.J’ai pensé que c’était les dernières fois où je ne pestais pas, parce qu’il n’ y a pas de raison : pas de touristes ni de bouchon à l’horizon.

Chez l’opticien (qui fait partie d’une chaîne) j’ai essayé de me dire que j’étais à celui de Bayonne. Que je ne connaissais personne, ni Perrine, ni Romain. Mais c’était assez difficile. JoliPetitCoeur ne passe pas inaperçu et a un fan club actif. Nous avons attendu qu’un jeune homme trouve lunettes à ses yeux, puis quand on lui a proposé de s’assoir deux minutes le temps de faire les réglages, il m’a parlé comme si on se connaissait, s’est excusé du temps qu’il mettait. Je me suis dit que même dans les endroits aux vieux souvenirs il pouvait se produire des événements inattendus.  Alors qui sait, dans un nouvel environnement j’aurais peut-être droit à un peu de nostalgie.

Pic by Khatam Tadayon – Unsplasch

Et le gagnant est

Une gagnante!

Bravo à Karine qui a été tirée au sort par JoliPetitCoeur ! Envoie-moi ton adresse en MP que je t’envoie ton cadeau à mon tour.

Et JoliPetitCoeur qui me dit : « moi aussi je vais avoir un cadeau? »

Merci à tous d’avoir participé j’ai beaucoup aimé lire vos réponses et belle soirée!

Crédit photo Roman Kraft unsplasch

 

La potion magique bretonne en terres basques

Cette semaine à la maison, tout le monde était flagada. Il y avait du mal au ventre, des yeux fatigués, des oreilles qui bourdonnent, une gorge enrouée, un teint brouillé, le tout associé à des courbatures (Je refuse de croire qu’il s’agit encore des courbatures) . En surfant sur le web j’ai atterri sur Wonderful Breizh .Je suis certaine que vous connaissez déjà ce blog tenu à quatre mains par Céline et Marjolaine qui racontent leur Bretagne.

Sur cet article, elles donnent la recette de la potion magique au citron. Ni une ni deux je décide de la faire. Facile. Un citron bio (j’ai puisque je l’ai piqué sur l’arbre de my mum), un peu de thym du jardin, un morceau de gingembre (toujours avoir du gingembre frais dans son panier à fruits), du miel (en quantité généreuse pour ma part) et c’est parti. Je ne vous donne pas la recette, allez donc la chercher sur WBZH. J’ai rajouté une pincée de piment d’Espelette à la préparation pour un effet whaow.

La potion magique préparée, je l’ai mise au frigidaire toute la nuit.

Depuis, chaque matin à jeun nous avalons une cuillère de potion. Incroyable! Les petits bobos se sont désormais éloignés, et nous tenons une forme, olympique. Deuxième préparation en cours pour à nouveau profiter du voyage.

La journée du bonheur

Bravo à Corinne et Anne-Laure qui ont œuvré pour la terre hier soir. J’aime bien savoir que ce minuscule espace inconnu puisse être inspirant.

Aujourd’hui, le 20 mars, c’est la journée officielle du bonheur. Pour diverses raisons c’est pour notre famille une journée de grand bonheur. Comme je « travaille » sur le bonheur, que je cherche des « Simple things », que je fais l’intendance bonheur plus souvent qu’à mon tour et que je lis des ouvrages sur le bonheur et notamment Christophe André, j’ai tenté de compiler quelques conseils pour être plus heureux. En tout cas, ceux que je mets en place et qui marchent. A vous de voir si de votre côté ils fonctionnent aussi.

  1. Entretenir l’amitié : Des sms lancés parfois comme des bouteilles à la mer, des étoiles envoyées ou des coeurs enrubannés. Des appels passés et quelques minutes à papoter. Des mails de blagues, des rendez-vous inscrits au calendrier et des déjeuners partagés. Quand la route est droite c’est agréable d’avoir un ami. Quand elle est sinueuse c’est vital. Parfois j’ai un peu de mal à caser mes amis entre quatre enfants et un mari, le travail et des activités hautement passionnantes (les courses, le ménage, les lessive et la cuisine qui dans cette maison semblent être traditionnellement dévolues aux femmes). Pourtant, une fois que je leur ai parlé, que je sais qu’elle vont bien/à peu près bien/pas trop mal alors moi aussi je vais bien/à peu près bien/pas trop mal, et ça c’est top. Je ne suis pas encore au point avec Facebook, mais j’ai bon espoir que ça vienne.
  2. S’émerveiller: Très bonne élève en la matière je suis capable de m’émerveiller de tout en poussant des « Ho » qui font sursauter ChériChéri et rigoler ma mère (une histoire d’oiseau, ne cherchez pasj’ai un problème avec les merlettes et les aigles royaux) Vous connaissez déjà mes sujets d’émerveillement (je sais , je me répète) la Lumière, l’Océan, la peau d’un enfant, un oiseau ou une fleur, peu importe en fait, juste de l’Ordinaire. Cette capacité m’a parfois rendue comme, fragile, vacillante mais je sais aujourd’hui la canaliser pour la rendre créative.
  3. Avoir un mantra. Petite phrase qu’on se répète en boucle et qui à force d’être répétée bat au rythme du flux sanguin. Oui c’est un peu tordu, mais c’est de la faute à Louise (ma prof de yoga) et franchement, il me semble que c’est tout à fait ça. J’en ai quelques uns comme « Be yourself every one else is taken » par exemple.
  4. Etre curieux et oser pour exister. Il ne faudrait jamais dire aux enfants que la curiosité est une mauvaise chose; par chance on ne me l’a jamais trop dit de la sorte ce qui m’a permis d’avoir suffisamment de curiosité pour aller vers l’inconnu le plus complet et me retrouver dans les yeux de Tanh, commencer le violoncelle sans jamais avoir fait de musique avant, idem pour le yoga quelques années plus tard, déménager et relancer les dés à. Bref. Maintenant.
  5. Ruminer le bonheur, plutôt que les soucis. Je sais c’est parfois assez compliqué, bien plus que de ruminer une erreur, une phrase assassine entendue ou un coup du sort mais ça en vaut vraiment la peine.
  6. Respirer. Je devais avoir 19 ans la première fois que j’ai respiré. Respiré vraiment. En conscience. Que mon souffle m’a apaisé. C’était en Bretagne. J’en ai encore le souvenir. Le souffle m’a accompagné longtemps et puis, je l’ai perdu. Je devais avoir une trentaine d’années quand je l’ai retrouvé. J’étais assise  sur un muret de pierres sèches, il m’a rappelé que j’étais en vie, alors je ne l’ai plus jamais lâché. Depuis il m’accompagne et grâce à lui j’arrive à réguler le trop plein d’émotions qui me submerge parfois.
  7. Manger. Et surtout en concoctant soi même les plats. Il n’y a rien de tel pour réguler son appétit. J’aime surtout manger quand j’ai faim, il y a des soirs où je n’ai pas faim, alors je ne mange pas. Je m’assieds avec mes amours, ils mangent ce que j’ai préparé et moi, je les admire.
  8. Eprouver de l’empathie. Pas seulement pour les gens. Aussi pour le monde. Elle nous arrache à l’égoïsme, elle nous oblige à comprendre, à partager. Parfois très difficile à mettre en oeuvre mais tellement bénéfique.
  9. Observer ses émotions et accepter qu’elles soient là. Ne pas chercher à les étouffer, à faire comme si « non, pas du tout je ne suis ni jalouse, ni envieuse, ni en colère ni terrifiée ». Bien sûr il vaut mieux se concentrer sur les émotions positives, le bonheur, la joie…
  10. Méditer. « Ouais, ça c’est un truc de fofolle dans l’air du temps » me direz-vous. Je ne crois pas. Vraiment. Je médite depuis mars 2011. Avant je pense que je méditais en bien des occasions sans le savoir, sans mettre un nom dessus parce que je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut absolument poser ses fesses bien à plat pour méditer. Mais, le plus souvent je pose mes fesses sur un tabouret africain quand je médite. Depuis mars 2011, j’ai bien sûr plus ou moins médité, arrêté et repris et c’est pour cette raison que je peux vous dire que ça marche.Parce que j’ai testé le avec et le sans. Ce que je trouve de positif dans la méditation (à vous de me dire ce qu’est pour vous la méditation): arrêter le rythme, et surtout pour moi s’arrêter soi-même et savoir que le reste tout autour continue à un rythme effréné, se reconnecter à soi, ses émotions et ne pas lutter contre, laisser « sortir » les pensées parasites et les voir s’envoler comme des nuages gris, chasser le gris justement et le remplacer par du doré ou du blanc.

Simple things

La plupart du temps ce sont des choses simples qui font mes grands bonheurs. Il y a eu deux barres roses alignées, une tête sur ma poitrine, une cerise sur un gâteau. Il y a eu un coup de téléphone et puis la lumière. Les lumières. J’y suis vraiment sensible. Celle du jour qui se lève, celle au soleil couchant, celle « qu’on dirait que c’est Dieu » comme dirait JoliPetitCoeur, celle sur la brume ou sur la mer.

Pour les soirs où rien ne va, pour les matins chafouins, se souvenir de ces simples choses qui font la magie du quotidien est un véritable « remède à la mélancolie. » Et puis, ils changent au fil du temps, alors je les glisse ici pour m’en souvenir.

  • Marcher pieds nus dans l’herbe (zut il va falloir changer celle là en « marcher dans le sable » (mais j’aime pas trop le sable mouillé, ni quand il est trop chaud, ni entre les pages d’un livre, ni… Ok je sors)
  • Une jolie comédie romantique
  • Sentir l’odeur du bitume les soirs d’été
  • Écouter la cacophonie des oiseaux
  • Écrire sur les murs
  • Caresser des cailloux polis
  • Trouver son message sur ma boite vocale  le dimanche soir pour savoir si tout va bien
  • Les skype hachés depuis Bordeaux et Paris
  • Être assise à l’abri, quand dehors la pluie et le vent font rage
  • Ce drôle de chat qui s’invite entre mes bras la nuit quand l’insomnie me vrille les tempes
  • Allumer des bougies, des lanternes, craquer des allumettes.
  • Rouler en taxi et regarder par les fenêtres des immeubles
  • Savoir que les gens que j’aime réalisent leurs rêves.

Et vous, quels sont vos petits bonheurs ?