Tout au bout de juin

Il n’a pas grand-chose d’autre à faire qu’à être ce qu’il est pour que je l’aime toujours autant. Cette année encore, il a tenu ses promesses. Mon mois de juin.

Il n’y a pas eu de course folle, on a simplement suivi le trottoir, et c’est là, tout au bout qu’on a trouvé  des sourires, des mains qui frappent sous les immenses platanes aux feuilles frissonnantes, des pointes de pieds qui se tendent et s’appliquent sur le goudron qui prend l’odeur des jours de chaleur, des foulards rouges autour des cous et des cheveux mouillés sur les nuques, des greens illuminés, et une médaille d’or par équipe, des retrouvailles et des embrassades, des conversations en plein soleil et d’autres sous la pluie, il y a eu les tâches de rousseur de Mlle M et les trois mousquetaires dans la baignoire et puis la voix de Mister T sur le répondeur, pour l’anniversaire de Miss Lily.

Nous avons dit au-revoir à Sylvie, l’AVS de Mister T, son chignon impeccable et la tenue jaune citron qui lui va à ravir. J’aurais pu me rouler dans la pommade qu’elle appliquait sur ma peau avec application, devant la grille à 8h24. C’était une pommade qui me parlait d’un petit garçon formidable, qui lui avait donné la plus belle leçon de courage de toute sa vie, un petit garçon respectueux et aimant. Je lui ai dit que je n’y étais pour rien, que c’était tout lui, ça, et rien que lui. J’ai rajouté « absolument pour rien » et j’ai coulé un regard vers lui, qui s’échappait pour retrouver les copains. Elle a souri, a posé sa main sur mon épaule. Une larme s’est échappée de mon oeil gauche et a coulé de derrière le verre de mes lunettes de soleil.  Je ne l’ai pas essuyée et l’ai laissée se fracasser sur mon sourire qui n’a pas flanché une seconde. Mon sourire a de la bouteille.

Et puis, nous avons retrouvé les maîtresses d’avant. Il y a eu Véronique, la première maîtresse de Mister T, celle qui, alors qu’il avait 5 ans et n’était jamais allé à l’école, lui a appris en accéléré ce que les autres apprennent en trois ans : écrire les lettres et son prénom, déchiffrer quelques mots, vivre avec les autres, oser parler devant ses camarades alors qu’un an avant il ne comprenait pas un mot de français, rester assis et écouter, devenir élève, comme ils disent et attendre que maman arrive, sans s’inquiéter qu’elle ne le fasse pas. Véronique qui s’est avancée timidement vers nous « j’avais peur de ne jamais vous revoir » a t-elle dit avec un sourire bancale. Elle a serré ma main « il y a des enfants qu’on ne veut pas oublier » a t-elle soufflé. Il y a eu la maîtresse de CP et CE1, celle qui avait voulu le garder pour lui éviter de perdre trois mois avant que l’autre maître ne comprenne son fonctionnement. Son sourire et son « mon dieu qu’il a grandi! ». J’ai bien vu qu’il avait toujours une bonne tête de moins que les autres, mais le sourire de Mister T valait tous mes silences. Et puis il y eu tous les copains qui ne voulaient pas croire que nous avions fait le chemin rien que pour les voir. Ils avaient raison, mais, là encore, mon silence était de bon aloi.

Vendredi nous dirons au-revoir au maître. J’accrocherai encore une fois mon sourire avec de la colle forte, pour qu’il tienne bien en place. Je lui dirai « merci pour tout » parce que je ne sais rien dire d’autre, les mots restent coincés dans ma gorge et la voix qui résonne à mes oreilles est trop souvent celle d’une personne que je ne connais pas. Le « tout » est immense : la confiance en lui, la sérénité, les apprentissages au-delà du scolaire. Il y aura le merci pour avoir fait de lui ce petit garçon qui n’a plus peur de grand-chose et surtout pas d’essayer, de se tromper, de tomber et de se relever. Ce petit garçon pas tout à fait comme les autres, intégré tout fait comme les autres, auquel on demande autant qu’aux autres, parfois, un peu plus, même. Ce petit garçon qui attend avec impatience la randonnée à vélo de jeudi en regardant les nuages. Ce petit garçon qui n’est plus vraiment petit, à croire qu’ici, le temps passe deux fois plus vite qu’ailleurs.

Bien sûr, je n’oublierai pas que Juin a fait de nous des gens qui tremblent un peu, des gens qui se serrent, qui se parlent et s’écoutent, qui prennent un peu plus le temps au cas où il passerait subitement beaucoup trop vite. Je n’oublierai pas que Juin a dessiné de nouvelles cernes sur mes joues et que malgré tout, il a fait de nous des gens plus forts. Sans doute.

Et vous, en juin, vous avez aimé:

  1. Les six comptes Instagram basques à suivre (un très vieil article revenu sur le devant de la scène je ne sais comment)
  2. Comment survivre sans écran avec un enfant de neuf ans
  3. Avant lui et nos 27 ans de mariage
  4. Comment tu sais que tu habites au pays basque
  5. Vendredi confession #4

{So long Avril }

C’est déjà le retour des So long avec celui d’Avril 2017.

Moi, j’aime bien le mois d’avril. Pas seulement parce que les jours rallongent, les fleurs poussent dans les jardins, les jupes raccourcissent, les oiseaux chantent qui sont autant de raisons de l’aimer, vous en conviendrez.  Si j’aime bien avril c’est aussi peut-être parce qu’un 14 avril j’ai rencontré mon amoureux, il y a 33 ans ? Peut-être. Ce serait une bonne raison. Ou parce qu’il y a quinze jours de vacances scolaires ? La chasse aux oeufs ?

Avril a tenu ses promesses encore une fois. En cela avril est constant.

Les cinq articles que vous avez préférés ce mois-ci sont :

  1. Je suis à la salle
  2. La saison du demi pêche
  3. Vendredi confession
  4. En vrac et pas dans l’ordre #6
  5. Les secrets véritables des couples qui durent

 

{Janvier s’en est allé}

Et nous garderons, parmi tous les articles que vous avez lus, celui que vous avez préféré, qui n’est pas un article de janvier, mais un article du 1er décembre 2016.Je ne sais pas trop comment ça se passe, pourquoi remonter si loin en arrière et pourquoi 387 personnes l’ont fait le même jour. Je ne sais pas si cet article a servi à quoi que ce soit. C’est rigolo internet.

Faire ce bilan chaque mois me donne l’impression de ranger mes placards., alors c’est parti: On range!

  1.  Nos enfants de République Démocratique du Congo
  2. En vrac et pas dans l’ordre
  3. Sa philosophie
  4. C’est quand #1
  5. Au revoir Catherine

Nouveaux pays : Maurice (j’aime bien quand vous partez en vacances ça me fait voyager à moi aussi) Brésil, Argentine, Nouvelle Calédonie, Roumanie (je ne sais si je l’ai déjà citée ou non), Serbie, Corée du Sud et Croatie.

{So long Novembre 2016}

J’ai de la chance, avec novembre, que beaucoup de gens que j’aime soient nés ce mois- là. Sinon, c’est sûr que je le dézinguerai avec grande joie ! Parce que les jours raccourcissent, que j’aime bien la pluie mais faut pas pousser ho! Parce que je sens qu’un truc me grattouille dans le fond de ma gorge et que. Mon humeur a la mauvaise manie en novembre de se caler à la couleur du ciel. Bon ceci dit, heureusement que mon papa, mon frère, ma grande chérie soient de novembre et leurs anniversaires judicieusement éparpillés d’un bout à l’autre du mois.

Il est grand temps de venir dire au revoir à Novembre 2016. Parce que ça y est, on est en décembre et décembre est toujours ce que tu veux qu’il soit. En novembre les devoirs du week-end ont eu toujours autant de succès, merci à vous d’être fidèles au poste le samedi matin et de guetter leur sortie. Vous aimez aussi les « so long » qui permettent à certaines de rattraper leur retard et aux autres de revenir voir si la magie opère toujours. Merci aux nouveaux visiteurs venus de Chine, du Mali, du Chili, d’Argentine, du Liban ;), de Serbie, et la R.A.S chinoise de Hong Kong.C’est dingue, non,

  1. Vous avez beaucoup aimé les 50 choses extraordinaires sur moi, dont vous n’aviez (normalement) rien à f*. J’avoue que c’est assez kiffant de chercher les trucs improbables  qui nous font croire qu’on est unique et qu’on découvre qu’en fait on est toutes pareil (le truc de faire la bise, je vous assure que depuis que je sais que vous aussi vous n’aimez pas ça, ça me libère, je crois bien!)
  2. Vous avez fêté avec nous les {26} de ma grande.
  3. Vous avez fait un super accueil à l’article {nos enfants de République Démocratique du Congo}. Merci d’avoir autant partagé et relayé. Pour eux. Pour leurs parents.
  4. Si j’ai bien compris vous avez bien aimé le test du Régina, mais je suis désolée, ils ne m’ont pas proposé de vous offrir une nuit au Régina. Je ne fais pas partie des Efluent!
  5. Et pour terminer il y a cet autre test.

Ce mois-ci il y aura des tests ( cuisine orientale), un voyage (à Ibiza), de l’émotion et des chants de noël et des cap ou pas cap!

Celui du jour : cap ou pas cap de chanter la bouche fermée!

{So long Août 2016}

Cette année, c’est décidé, je ne ferai pas d’article sur le premier jour de la rentrée. D’abord parce qu’il y en a partout et aussi parce que depuis près de dix ans que j’écris sur des blogs j’ai à peu près tout dit sur elle. De temps en temps je vois réapparaitre certaines de mes phrases estampillées 2008 sans qu’aucune mention ne soit faite. Ce sont les joies de l’internet parait-il.

A la rentrée,  chacun y va de son petit encouragement à mon égard: ma maman (mais ça c’est normal me direz-vous) me souffle que je suis grande maintenant (que eux le soient ne m’a semble t-il pas effleuré une minute), la nounou des grands (NDLR les grands ont 25, 21 et 17 ans) m’envoie un « je pense à vous et vous accompagne sur le chemin. Tout va bien se passer (je sais que rien de fâcheux, genre un zombie qui attaquerait l’école, ne va se produire), ma prof de violoncelle « courage Nathalie, que votre journée soit douce », mes amies « belle rentrée à tes loulous, je pense fort à toi », mes collaboratrices qui m’envoient des sms un rien moqueurs, « Bonne rentrée à Tanh et A, bonne rentrée à vous aussi, les kleenex sont dans le tiroir gauche du bureau » et même mes enfants « ça va aller maman, t’inquiète ».

Je vais en rester là et faire en sorte qu’ici personne ne sache. La proximité entre la maison et l’école joue en ma faveur : je pense pouvoir me retenir sur les 200 mètres qui séparent l’une de l’autre.Pour m’éviter d’avoir envie de roder autour de l’école, pour aller au commissariat par exemple ou au Conseil des Prud’hommes (il faut passer devant l’école pour y accéder) j’ai pris des engagements : déjeuner devant la mer avec Laurence et petite promenade pour étudier le goût des autochtones en matière de veuch (je ne sais pas trop où je vous dirais après) (il faut bien que je trouve un intérêt capital à ma promenade pour ChériChéri) (je fais ce que je peux)

Pour l’instant je vais m’atteler à faire le so long d’août 2016 parce qu’à ce moment là, je n’avais qu’une toute petite boule d’enfance qui transitait d’ici à là. Elle n’était pas comme aujourd’hui logée derrière mes globes oculaires, coincée dans ma gorge et vissée à mon abdomen en même temps.

Voici donc les articles que vous avez le plus aimés :

  1. Nos jours heureux
  2. Back to
  3. Fin de match
  4. Reading list
  5. Hondarribia

Merci à toutes de venir plus nombreuses chaque jour, de partager, de me donner du courage et de me tendre la main. Je vous embrasse, bonne journée, moi je retourne me coucher… ah non, ce n’est pas possible aujourd’hui?

Photo d’Ariane qui n’a rien à voir. J’aime bien quand les photos n’ont rien à voir avec le sujet. A bien y réfléchir ce rocher a un peu la forme de ma boule d’enfance.